L’Afem lance un plan en faveur des femmes cheffes d’entreprises impactées par la crise
Un appel à candidatures va être lancé le 10 décembre pour sélectionner 100 cheffes d’entreprise qui peinent à maintenir leurs activités en cette période de crise sanitaire et économique, afin de les soutenir dans le redémarrage et le redéploiement de leur entreprise.
L’Association des femmes chefs d’entreprises du Maroc (Afem) a organisé, jeudi 26 novembre, une conférence pour célébrer son vingtième anniversaire et, surtout, annoncer le lancement du programme ''Amally'', qui vise à accompagner les jeunes femmes entrepreneures ayant souffert économiquement de la crise sanitaire actuelle.
Il a d’abord été question de chiffres pour souligner le travail effectué ces vingt dernières années : l’association a formé 500 femmes aux techniques de management ; incubé 80 projets ; contribué à la création de 300 entreprises et participé à 300 évènements nationaux et internationaux axés sur l’entreprenariat féminin.
Passé le satisfecit, l’Afem a dressé un constat pessimiste sur la conjoncture actuelle du tissu entrepreneurial féminin au Maroc, déplorant la part importante d’entrepreneures en proie à de lourdes difficultés pour faire redémarrer leurs activités, qui se heurtent depuis huit mois déjà aux aléas d’une interminable crise sanitaire.
Un programme, quatre axes
L’association a donc décidé de revoir sa feuille de route pour soutenir ces cheffes d’entreprise, avec la mise en place de l’opération ''Amally''. Elle s’articule autour de quatre axes : le coworking, le networking (le réseautage), la formation et l’élaboration d’un plan personnalisé. Trois catégories ont été déclinées à travers ce plan personnalisé :
- Amally access, pour les entreprises qui ont entre 0 et 2 ans d’existence ;
- Amally rebound, pour les entreprises qui ont trois années d’existence et souhaitent se lancer dans des créneaux plus compétitifs ;
- Amally growth, pour les entreprises qui ont plus de cinq années d’existence et enregistrent un chiffre d’affaires compris entre 3 et 5 millions de dirhams, et qui souhaitent créer de la valeur ajoutée.
Un appel à candidatures sera lancé le 10 décembre. L’Afem prévoit de soutenir 100 femmes en 2021 dans le cadre de cette opération. Les critères de sélection n’ont pas été clairement dévoilés, mais il en est un que l’Afem juge primordial : l’ambition. ''C’est le critère principal. Il faut que ces femmes viennent avec une envie réelle de maintenir, et même de déployer, leurs activités. Étendre son marché, exporter à l’international, définir un objectif précis de chiffre d’affaires, faire en sorte qu’une TPE passe à une PME, puis à une plus grosse entreprise… L’idée, c’est d’ouvrir des fenêtres'', a déclaré Amal Alami, secrétaire générale de l’Afem.

''Nous avons fortement renforcé notre mobilisation en cette année 2020 en raison des répercussions économiques de la crise sanitaire. Beaucoup de cheffes d’entreprise nous contactent pour nous faire part de leurs difficultés à faire face à leurs charges quotidiennes. Au moment du déconfinement en juin, elles ont pensé que l’activité économique allait redémarrer, mais ça n’a pas été le cas. Aujourd’hui encore, on ne peut pas parler de relance pour ces femmes. Les carnets de commandes sont vides et elles n’ont aucune visibilité, mais elles ont en revanche une volonté tenace de maintenir leurs activités et de préserver les emplois'', a déclaré Leila Doukali, présidente de l’Afem.
''La crise sanitaire nous a confortées dans l’idée que les Marocaines veulent leur autonomie financière. Un chiffre de la BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement, ndlr) nous a été communiqué il y a quelques semaines, selon lequel 34% des femmes au Maroc souhaitent créer leur entreprise, contre 17% en France notamment'', a ajouté Leila Doukali.
La réalité contraste pourtant avec la volonté affichée par ces 34% de femmes : au Maroc, le taux de création d’entreprises par des femmes était de 12% en 2015, puis de 10% en 2018, selon les chiffres communiqués par la présidente de l’Afem. ''Il est impensable que nous laissions reculer davantage ce taux.'' C’est donc là tout l’intérêt du programme ''Amally'', dont l’Afem espère qu’il permettra, ou du moins contribuera, à inverser la donne.
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