L'autoproduction d'électricité en passe d'être mieux encadrée
Un avant-projet de loi sur l'autoproduction d'électricité a été soumis au secrétariat général du gouvernement. Il vise à encadrer la production de l'énergie électrique à des fins d'auto-consommation.
Cet avant-projet de loi intervient suite à une étude lancée par le ministère de l'Energie sur l’arsenal juridique régissant l’autoproduction de l’énergie électrique. L'étude a été réalisée en partenariat avec le ministère de l’Intérieur, l’ONEE, Masen, l’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE) et la CGEM.
Qui peut autoproduire?
Le nouveau texte autorise toute personne physique ou morale à l'autoproduction d'électricité, à l’exception des gestionnaires du réseau de transport et de distribution d’électricité, ainsi que l'ONEE, les producteurs contractuels, l’Agence marocaine pour l'énergie durable (Masen) et tout exploitant de site de production soumis à la loi 13.09 relative aux énergies renouvelables.
Les quatre derniers opérateurs peuvent, toutefois, recourir à l'autoproduction s'ils sont clients d’un distributeur, sans qu’ils aient accès à ce réseau et sans qu’ils injectent l’éventuel excédent de l'énergie produite dans le réseau d’électricité national.
L'avant-projet de loi prévoit l'ouverture de l'autoproduction à toutes les sources de production d’énergie électrique.
Quel contrôle?
Trois systèmes seront mis en place en cas de raccordement avec les réseaux d’électricité: système de déclaration, système de raccordement et système d'autorisation. Les caractéristiques de chaque système seront définies par un texte réglementaire. En cas d’autoproduction distincte du réseau d’électricité, il suffit de déclarer le site.
Selon le nouveau texte, l’autoproducteur peut produire sur le même site de consommation, comme il peut le faire ailleurs: dans ce cas, il peut accéder aux réseaux électriques pour transporter l’énergie produite, dans le respect de certaines conditions techniques de raccordement et d’accès. L’objectif étant de protéger l’écosystème électrique national.
Autre obligation apportée: l’utilisation des compteurs intelligents. Le comptage de l’énergie électrique injectée et retirée du réseau national est calculée selon des paramètres qui seront définis par un texte réglementaire.
Un autre texte viendra définir le sort de tout éventuel excédent, qui ne doit pas dépasser 10% au maximum de la production annuelle du site d’autoproduction.
Le service est payant. Les autoproducteurs raccordés au réseau devront payer pour bénéficier des services de l’écosystme national, en plus des tarifs d’usage qui seront définis par l’Autorité nationale de régulation de l’électricité.
Quelles sanctions pour les contrevenants?
Des sanctions pénales et administratives sont prévues pour garantir le respect de la future loi:
- 3 mois à 1 an de prison et une amende de 100.000 DH à un million de DH pour toute exploitation, amplification de capacité ou modification de site de production sans autorisation.
- amendes de 10.000 à 20.000 DH pour toute exploitation, amplification de capacité ou modification de site de production en contradiction avec les dispositions de l’autorisation délivrée, avec saisie des équipements et substances utilisés.
- 2 mois à 2 ans de prison et une amende de 5.000 à 200.000 DH pour tout refus de contrôle par les autorités compétentes ou présentation de données erronées.
À découvrir
à lire aussi
Article : Santé : HUP Uman va ouvrir un centre de médecine esthétique et régénérative
La nouvelle structure, relevant de la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé, ambitionne de médicaliser davantage un segment en forte croissance, en encadrant les actes esthétiques par des protocoles standardisés, un suivi post-acte et des équipements de dernière génération.
Article : Décès d’Ali Fassi Fihri, ancien directeur général de l’ONEE
L'ancien directeur général de l'Office national de l'électricité et de l'eau potable (ONEE), Ali Fassi Fihri, est décédé dimanche 10 mai 2026 à l'âge de 71 ans des suites d’une longue maladie, apprend-on auprès de sa famille.
Article : Khémisset, future capitale marocaine des métaux critiques ?
Longtemps associée à l’agriculture et à quelques exploitations historiques, la région de Khémisset revient dans le viseur des miniers. Autour d’Achmmach, d’El Karit, de Mejmaa Salihine ou encore des gisements de potasse, plusieurs projets liés à l’étain, à l’antimoine, au lithium et au tungstène pourraient en faire l’un des nouveaux pôles stratégiques du sous-sol marocain.
Article : Coupe du monde. Le tournoi qui fait exploser les valeurs marchandes
Bien que ce ne soit pas un gage de réussite sur la durée, la participation d’un joueur à un Mondial s’apparente incontestablement à un tremplin vers le très haut niveau, mais aussi et surtout à un puissant catalyseur de valorisation marchande sur le marché des transferts.
Article : Automobile : le Chinois Ningbo Gaofa veut faire du Maroc une base industrielle à l’export
L’équipementier automobile, spécialisé dans les systèmes de commande et les pédaliers, a confirmé son projet de création d’une société de production au Maroc, au moment où son activité internationale enregistre ses premiers revenus et où il commence à fournir Stellantis et Renault en petites séries.
Article : Agro-industrie : GDIRAGRI inaugure une unité de 124 millions de DH à Ouled Teima
Spécialisé dans la fabrication de plastiques agricoles, le nouveau site doit créer 125 emplois directs et contribuer à réduire la dépendance aux importations d’intrants destinés au secteur agricole.