Hors fonds Covid-19, le déficit budgétaire s’aggrave de 61,7% à fin octobre
A fin octobre 2020, la situation des charges et des ressources du trésor a continué de se dégrader. Les recettes en net repli et les dépenses en hausse ont fait exploser le déficit global. Par rapport à fin septembre 2020, il a augmenté de 7,7 milliards de DH.
Le 11 novembre, le ministère de l’Economie et des Finances a publié la Situation des charges et ressources du Trésor à fin octobre 2020. Le déficit global a poursuivi sa dégradation, atteignant près de 50,5 milliards de DH, soit une augmentation de 38,5% par rapport à l'an dernier.
Recettes toujours en baisse
Les recettes ordinaires à fin octobre 2020 atteignent 180,2 MMDH, en retrait de 8,8% par rapport à l’an dernier. Une diminution qui s’accentue par rapport à fin septembre où la baisse se contenait à 8,4%.
Les recettes fiscales sont en baisse de 7,7% par rapport à l’an dernier à près de 160 MMDH. Encore une fois, toutes les composantes sont en retrait: impôts directs (-2,6%), impôts indirects (-10,6%), droits de douane (-6,7%), et enregistrement et timbre (-20,5%).
Comme à fin septembre, concernant les impôts directs, seul l’IS affiche une croissance de 1% par rapport à fin octobre 2019, soit 378 millions de dirhams de plus. L’IR est en retrait de 5% à fin octobre 2020 à 33,6 MMDH soit un apport amoindri de 1,8 MMDH par rapport à fin octobre 2019.
Les recettes de TVA sont également en diminution à fin octobre 2020. Elles reculent de 10,6% pour atteindre 44,9 MMDH. Les TIC aussi accusent une forte baisse de 11,3% à 21,7 MMDH.
Les recettes non-fiscales quant à elles suivent le même trend qu’à fin septembre 2020. Elles sont en baisse de 17% à 17,8 MMDH contre un objectif de 33,67 milliards annoncé dans la loi de finances rectificative. Le taux de réalisation à fin octobre est donc de 53%.
Le déficit budgétaire s’alourdit de 7,7 MMDH sur un mois
Les dépenses ordinaires à fin octobre 2020 sont en hausse de 4,7% à 193,6 MMDH. Elles sont principalement poussées à la hausse par l’augmentation de 6,3% des dépenses en biens et services, soit 9,3 MMDHs. Parmi ces dépenses, celles liées au personnel sont en hausse de 5,7% à 110,8 MMDH.
Comme depuis le début de la crise, les dépenses de compensation sont en diminution dans le contexte de faible consommation des produits pétroliers et de la baisse des cours du gaz butane. Elles chutent de 5,7% à fin octobre 2020 à 10,55 MMDH.
Le solde ordinaire à fin octobre 2020 reste déficitaire de 13,35 MMDH alors qu’il affichait un excédent de 12,74 MMDH à fin octobre 2019. Le solde s’est fortement dégradé d’un mois à l’autre. A fin septembre 2020, il était déficitaire de 9,3 MMDH.
L’investissement à fin octobre est en retrait de 6,1% à 49,78 MMDH.
Au final, avec la comptabilisation d’un solde de près de 8,5 MMDH au fonds spécial Covid-19, le déficit global à fin octobre 2020 s’élève à près de 50,5 MMDH. Cela représente une hausse de 38,5% ou 14 MMDH par rapport à l’an dernier. "Par rapport au mois de septembre, ce déficit est en aggravation de 7,7 MMDH, résultant principalement de la dégradation du solde ordinaire (-4,1 MMDH par rapport à septembre 2020)", explique le ministère. "Si l’on exclut l’excédent enregistré par le Fonds spécial de gestion de la pandémie Covid-19, le déficit s’élève à près de 58,9 MMDH, en aggravation de près de 22,5 MMDH par rapport à la même période de l’année 2019", précise-t-il.
Le déficit budgétaire, en tenant compte des opérations en instance, a créé un besoin de financement du Trésor de 56 MMDH. Il est financé à hauteur de 14,17 MMDH par des tirages sur les emprunts extérieurs, le reste par des emprunts nationaux.
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