Des centres émergents pour absorber les ruraux qui fuiront la campagne
Selon Nezha Bouchareb, le ministère de l'Habitat vise à instaurer un équilibre entre les milieux rural et urbain. La création de centres émergents permettra d'éviter le foisonnement de bidonvilles à la suite de la crise.
Lundi 9 novembre, la commission de l'intérieur de la chambre des représentants s'est réunie, en présence de Nezha Bouchareb, ministre de l'Habitat, afin d'examiner le budget sectoriel 2021, présenté par ses soins lundi 2 novembre.
Lors de cette réunion, la ministre s'est longuement arrêtée sur divers points relatifs au milieu rural auquel le ministère a décidé de consacrer 50% du budget sectoriel "afin d'assurer un équilibre" avec le milieu urbain.
Dans ce sens, il est prévu de parer aux problèmes de construction que connait le milieu rural en matière de surfaces et de hauteurs des bâtiments. C'est pourquoi, des discussions ont été entamées avec le ministère de l'Intérieur.
Toujours dans une optique d'équilibre entre les milieux rural et urbain, la ministre annonce que la mise en place de centres émergents s'inscrit dans le cadre d'une "anticipation des flux qui viendront suite à la crise, puisqu'il est attendu d'avoir des campagnes vides et des villes bondées".
Afin d'éviter que ce flux ne mène à la naissance de bidonvilles et d'habitations insalubres pour lesquels il faudra consacrer 10 années de lutte, la mise en place des centres émergents permettra de "donner un lieu de vie aux citoyens de manière à ce qu'ils y trouvent tout ce dont ils ont besoin sans aller vers les grandes villes".
"Chaque centre émergent devra impacter au moins 3 préfectures voisines. Il doit être un levier de création de richesse", souligne la ministre.
Quant au développement des centres émergents, Nezha Bouchareb a annoncé que des ateliers sont actuellement en préparation au sein du ministère pour permettre à ces centres, avec la participation de tout le dispositif local, d'atteindre leurs objectifs.
Cela dit, le budget à consacrer à ces centres en 2021 n'a pas encore été déterminé. Selon la ministre, les études techniques seront bientôt publiées afin de non seulement fixer les budgets mais aussi les missions de ces centres.
Autorisations de construction en milieu rural: 73% des demandes approuvées
Nezha Bouchareb se veut rassurante et fière des accomplissements du ministère, notamment au cours de cette période de crise et ce, entre autres en raison de résultats "surprenants" en matière d'autorisations d'urbanisme.
Ici, la ministre fait référence à l'évolution des indicateurs relatifs aux activités des agences urbaines depuis le début de la pandémie, puisque qu'elle souligne "grâce aux mesures de dématérialisation, une évolution progressive a été constatée menant à un niveau d'activité similaire à celui enregistré avant la période de crise".
Quant aux autorisations de construction en milieu rural, la ministre a choisi de répondre en chiffres et indiqué que 33.225 dossiers ont été traités ce qui constitue 33% de la totalité des dossiers traités au Maroc, avec un taux d'approbation de 73%.
"67% des autorisations octroyées en milieu rural concernent des superficies inférieures à 1000m², alors que les autorisations relatives aux constructions sur des surfaces allant de 1000 à 2500m² constitue 6%".
Même chose pour les superficies variant entre 2500 et 5000m² (6%), tandis que 5% des superficies sur lesquelles des projets de constructions ont été autorisés varient entre 5000m² et 1 hectare.
"Quant aux superficies dépassant un hectare, elles ne constituent que 16% des autorisations octroyées en milieu rural", précise Nezha Bouchareb.
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