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Post-Covid : Les opportunités pour les exportateurs marocains sur le marché chinois

La situation épidémiologique actuelle impose aux exportateurs marocains d’aller vers de nouveaux marchés. Dans sa série de webinaires "Doing Business", l’Association marocaine des exportateurs (Asmex) s’est concentrée, le 28 octobre, sur le marché chinois qui semble maîtriser la pandémie et qui est très prometteur pour certains produits marocains.

Post-Covid : Les opportunités pour les exportateurs marocains sur le marché chinois

Le 9 novembre 2020 à 14h26

Modifié 10 avril 2021 à 23h02

La situation épidémiologique actuelle impose aux exportateurs marocains d’aller vers de nouveaux marchés. Dans sa série de webinaires "Doing Business", l’Association marocaine des exportateurs (Asmex) s’est concentrée, le 28 octobre, sur le marché chinois qui semble maîtriser la pandémie et qui est très prometteur pour certains produits marocains.

Ce webinaire a été organisé en partenariat avec le cabinet Harvard Consulting. Il a connu la participation de Camille Verchery, CEO de VVR International Expert Chine et membre de Globallians (un groupement de sociétés d’accompagnement à l’international des entreprises francophones), de sa directrice associée Chloé Berndt et de quelques membres de l’Asmex. 

Lors de ce webinaire, M. Verchery et Mme Berndt sont revenus sur la situation actuelle de l’économie chinoise, sur les secteurs impactés par la crise du Covid, ainsi que les opportunités à saisir par les exportateurs et industriels marocains sur le marché chinois. 

« La Chine affiche sa volonté de développer ses relations économiques avec le Maroc, en tant que porte d’entrée sur le continent africain », a souligné l’un des deux experts. « Les exportateurs marocains doivent donc en profiter, pour saisir au mieux les opportunités d’affaires qu’offre ce marché ». 

« Se concentrer sur les produits de niche »

Après quelques mois d’arrêt, partiel ou complet, pour plusieurs secteurs, l’activité économique et commerciale chinoise a désormais repris à hauteur de 95%. Le pays prévoit de finir l’année avec 1,8% de croissance. Pour 2021, la Chine prévoit une croissance de 8% par rapport à l’année en cours. Pour ce qui est des investissements des pays étrangers, elle s’attend à une hausse de 6%. 

En 2018, le Maroc a exporté pour 270 millions de dollars de produits vers la Chine, contre 259 MUSD en 2019, soit une légère baisse de 3,9%. Cependant, en termes de produits, il y a une explosion de la demande pour les matières premières, où le Maroc est assez fort, comme le sulfate et le cuivre, avec une croissance d’environ 30 millions de dollars.

Les exportations des produits aquatiques marocains vers la Chine ont également augmenté d’environ 180%. Le pays s’intéresse aussi à certains composants aéronautiques et composants de moteur. 

Selon les deux experts, ces catégories de produits sont les plus demandées en Chine. Les exportateurs marocains devraient donc se concentrer dessus. M. Verchery explique: « La réglementation chinoise est tellement complexe qu’il est important de creuser sur des marchés qui existent déjà, afin de gagner des parts de marché, que de perdre du temps et de l’argent à étudier la possibilité d’ouvrir un nouveau marché ». 

Il faut également noter que quel que soit le produit à exporter, « l’exportateur marocain devrait faire face à une concurrence rude de la part des pays de l’Asie, des Etats-Unis et d’Europe. Pour dépasser cet obstacle, les industriels marocains doivent se concentrer sur des produits de niche, que ces autres pays ne produisent pas ou très peu ». 

Produits halal, cuir et huile d’olive

En termes de produits, hors ceux mentionnés ci-haut, voici d’autres opportunités pour les exportateurs marocains en Chine: 

– Les produits halal: « Même si elle ne représente que 1,8% de la population chinoise, soit 24 millions de personnes, la population musulmane de Chine s’intéresse de plus en plus à la nourriture halal. En chiffres, en 2017, on était à 446 milliards de Yuan (soit plus de 618 MMDH, NDLR) en termes de consommation. En 2022, on estime que l’on va arriver à 720 milliards de Yuan (soit 998 MMDH). On est donc sur une croissance qui va doubler en presque 5 ans et qui concernera tous types de produits halal, transformés (produits de santé, produits à base de viande et produits de snackinget non transformés (viande, volaille, lait -lait de chèvre et lait de chamelle-, miel, poisson, plantes -non toxiques-, légumes frais ou surgelés, fruits frais et fruits secs, haricots, arachide, noix de cajou, noisettes, ainsi que les céréales, telles que le blé, le riz, le seigle et l’avoine) » a relevé Mme Berndt, soulignant que le Maroc est fort dans la production de ces produits, mais il devra tenir tête à l’Indonésie et la Turquie, qui sont aussi très forts dans ces domaines. 

– Le cuir: « La Chine est l’un des plus grands pays consommateurs de cuir, que ce soit des articles de mode ou de luxe, importés ou nationaux. Les sacs et les chaussures sont les catégories de produits les plus recherchées », fait savoir l’un des intervenants. « Aux côtés de l’Italie, de la France et du Vietnam, la Chine est également un pays exportateur de cuir de vache et de mouton ».

Les exportateurs marocains de cuir ont déjà fait leurs preuves en Europe et aux Etats-Unis. « Mais s’ils veulent exporter en Chine, ils devraient se concentrer sur un produit de niche, sur lesquels les Chinois et les autres pays mentionnés ne sont pas aussi performants que les Marocains. Il faut également se différencier en termes de prix, de qualité et de spécificités du produit ». 

– Huile d’olive: « Ce produit connaît un grand développement en Chine. Il est marqueté comme étant healthy et bon pour la santé. Dans l’aéroport de Pékin, on retrouve d’énormes affiches sur les producteurs d’huile d’olive. La communication est faite sur le produit lui-même et sur non une marque spécifique ». C’est donc une réelle opportunité pour le Maroc. 

« Egalement, depuis quelque temps, les Chinois sont de plus en plus regardants sur la composition des produits alimentaires, et privilégient tout ce qui est bio ».

Par ailleurs, depuis l’apparition du Covid-19, les Chinois font preuve de nouveaux comportements de consommation, notamment en ce qui concerne les produits cosmétiques, dans la mesure où les consommatrices semblent accorder plus d’importance à la présence d’ingrédients « clean« , non toxiques et de bonne qualité. Le port du masque et le lavage intensif des mains ont notamment stimulé la demande pour les produits de soins de la peau (tels que les produits anti-irritation).

L’huile d’argan et les huiles essentielles, pourraient-elles représenter des opportunités pour les exportateurs marocains ? « En Chine, la consommation d’huile d’argan est assez faible, puisqu’elle est peu connue » précise Chloé Benrdt. « Pour investir dans un produit, il faut aller sur ceux déjà utilisés et connus par les Chinois ».

« Pour ce qui est des huiles essentielles, la réglementation en Chine est assez contraignante en matière d’utilisation. On ne peut donc pas les promouvoir en tant que produits finis. Par contre, on peut les vendre à des fabricants de parfums, comme matières premières. Par ailleurs, il faut noter que la Chine est un très grand producteur d’huiles essentielles. Les exportateurs marocains devraient donc opter pour des huiles qui ne sont pas produites localement ». 

L’accord commercial Chine-USA, un frein pour les produits marocains?

Répondant à cette question posée par un exportateur marocain, M. Verchery explique que « cet accord est censé favoriser les produits américains, mais je ne pense pas qu’il pourrait impacter le Maroc, pour trois principales raisons: 

– Les produits où les Américains sont forts ne sont pas les mêmes au Maroc;

– Le Maroc est un pays stratégique pour la Chine, elle va donc avoir une volonté de l’aider;

– Avec 270 millions de dollars d’exportation en Chine, on reste sur des produits de niche par rapport aux milliards de dollars qui figurent dans l’accord USA-Chine ». 

Toutefois, « il peut y avoir des exonérations au niveau des taxes, spécifiques sur certains produits américains, qui font que les Etats-Unis soient plus compétitifs », conclut-il. 

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