Agadir : Une reprise timide qui ne sauvera pas la saison touristique hivernale
Après l’arrivée très médiatisée de touristes anglais à Agadir, certains observateurs pensent que ces visites vont encourager la reprise du secteur touristique. Un optimisme relativisé par le président et la DG du CRT de la région Souss-Massa qui avancent qu’il faudra attendre mars prochain pour espérer un vrai rebond après une saison hivernale fortement compromise
A l’image de Marrakech qui a accueilli samedi 10 octobre un avion transportant 160 clients du Club Med, la 2ème destination touristique du Maroc s’est distinguée samedi 17 octobre en recevant sur le tarmac de son aéroport 5 avions remplis de visiteurs français et belges ainsi qu'un autre transportant des touristes anglais accueillis par une délégation officielle.
L’occasion de solliciter le président et la directrice générale du Conseil régional du tourisme de Souss-Massa qui tout en se félicitant de ces arrivées préfèrent rester prudents sur leur impact.
30 touristes anglais contre des centaines de Français et de Belges
En effet, si l’ensemble de la presse a mis en avant l’arrivée de touristes anglais en provenance de Manchester dans un avion de la compagnie Ryanair qui a repris ses vols vers le Maroc le 11 octobre dernier, elle n’a cependant pas mentionné qu’ils n’étaient que 30.
« Si ce chiffre reste limité, c’est quand même un bon début sachant que cela fait 7 mois qu'Agadir n’avait reçu aucun Anglais et encore moins de groupe avec des dizaines de visiteurs », relativise Asma Oubou.
« Durant la journée du samedi 17 octobre, il y a eu en réalité 6 vols en provenance d’Europe qui ont desservi notre ville, à partir des aéroports français d'Orly et de Lyon, de l’aéroport Belge de Charleroi via la compagnie Transavia et enfin celui, anglais, de Manchester par Ryanair.
« Après 7 mois d’arrêt total de l’activité touristique, les avions de Transavia qui disposent de 180 sièges étaient quasi complets tandis que celui de Ryanair a transporté 30 passagers anglais.
« Ce n’est pas énorme mais le retour des Anglais aura un impact certain sachant que le marché français est 1ers, le marocain 2èmes, les Allemands et Anglais tous les deux 3èmes, les Scandinaves sont 4èmes pour venir surfer ou jouer au golf en hiver et enfin les marchés de l’Est comme la Russie, la Pologne …
500 arrivées en une journée contre 3.200 l’année dernière
« Au total, les arrivées de samedi doivent s’élever à 500 visiteurs en une seule journée (contre 3.200 en 2019) soit le plus important volume de touristes étrangers qui aient été reçus depuis le mois de mars dernier », nous explique Asma Oubou en ajoutant que le redémarrage actuel serait le résultat de l’allègement des conditions d’accès au territoire national avec un seul test d'une durée de validité de 3 jours contre 2 récemment encore.
Une réouverture des plages qui encouragera le retour des surfeurs
« Hormis ce changement de procédure d’accueil, la réouverture des plages d’Agadir et de Taghazout qui a été annoncée vendredi 16 octobre, a également été fondamentale en encourageant le retour des amoureux du balnéaire, qu’ils soient de simples baigneurs ou des amateurs de sports d’eau (surf, voile …)
« Dès que les autorités ont annoncé la réouverture du littoral à la baignade, le CRT a relayé l’information auprès de ses partenaires étrangers comme le T.O Alti’Tours ou la compagnie Transavia.
Les écoles de surf vont pouvoir augmenter leurs réservations
« L’impact a été presque automatique auprès notamment des écoles de surf qui avaient de nombreuses réservations de côté et qui n’attendaient plus que cette décision des autorités sanitaires.
« C’est donc une excellente nouvelle qui permettra à ces petites structures de relancer leur activité économique à l’arrêt total depuis des mois, basée sur une niche qui attire des surfeurs du monde entier.
Sans allègement du test PCR, les étrangers sont découragés
« Pour renforcer la reprise, la vraie priorité actuelle est de remplacer le test PCR pratiqué à l’embarquement par un à l’arrivée dans les aéroports internationaux marocains comme celui d’Agadir.
« A ce propos, la page Instagram du CRT est inondée de messages de clients étrangers qui confirment que le maintien du test PCR à l’embarquement les empêche de venir à Agadir malgré leur forte envie », regrette la DG qui dit n’avoir aucune visibilité sur un éventuel changement dans ce sens.
« A l’instar de nos confrères des autres CRT du Maroc, nous ne savons pas quand sera allégé ce dispositif sanitaire trop contraignant pour nos clients.
Une saison hivernale sauvée par les surfeurs ?
« Tant que nous n’aurons pas de réponse à cette question, il n’y aura pas d’agenda de retour à la normale », estime Oubou, inquiète pour la saison d’hiver.
« En fait, même avec l’ouverture immédiate des frontières et la fin des conditions sanitaires, la saison hivernale qui démarre dans quelques jours n’égalera jamais celle de l’année 2019 », conclut la DG qui espère quand même atteindre un taux de remplissage hôtelier de 40% avec le retour des surfeurs, en attendant une vraie reprise prévue au printemps prochain.
Une reprise handicapée par l’insuffisance de liaisons aériennes
Un optimisme diplomatique teinté de pessimisme confirmé par Rachid Dahmaz, président du CRT de la région Souss-Massa, qui estime que les arrivées du samedi 17 octobre signent une timide reprise.
« Nous ne nous plaignons pas, mais le nombre de liaisons directes d’Agadir avec l’Europe reste cependant très léger par rapport aux flux antérieurs à l’arrivée de la pandémie.
La prochaine étape doit être la suppression totale du test PCR
« Au final, l’annulation du test sérologique n’a servi qu’à rassurer et faire revenir les touristes étrangers habitués à séjourner au Maroc et à Agadir en particulier.
« Si nous avons réussi un premier pas, aujourd’hui la vraie priorité est de supprimer totalement l’obligation du test PCR que ce soit au départ ou à l’arrivée aux aéroports marocains.
« Tant que ce ne sera pas le cas, nos partenaires étrangers seront frileux pour vendre efficacement notre destination durant la saison d’hiver qui démarre à la fin du mois en cours.
Dans l’idéal 30 à 40% d’occupation contre un taux probable de 10 à 20%
« En cas d’ouverture totale du ciel marocain et de suppression des obligations sanitaires, on pourra peut-être réaliser un taux d’occupation hôtelière compris entre 30 et 40% avec les nationaux assoiffés de vacances, puis les MRE qui aimeraient voir leur famille et enfin les étrangers en manque de soleil », avance Dahmaz qui juge peu probable ce scénario, sachant qu’il n’y a aucun signal des autorités.
« Selon moi, si on arrive à atteindre un taux de 10 à 20%, ça serait déjà très bien mais cela ne m’empêche pas d’être très optimiste pour les mois de mars et d’avril prochains », conclut le président qui table plutôt sur un rebond lors de la haute saison avec 40% de remplissage hôtelier.
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