Crédits immobiliers : les taux ont baissé après la reprise
La levée progressive du confinement a permis la reprise des transactions immobilières. Une reprise timide qui pourrait s'accélérer si les établissements de crédit consentent des efforts supplémentaires pour baisser les taux du crédit immobilier suite à la récente baisse du taux directeur. Analyse.
Bank Al Maghrib a baissé son taux directeur à 1,5% contre 2% auparavant. Une décision qui pourrait avoir un impact sur les taux débiteurs sur le marché. Mais cet impact n'est pas systématique et encore moins immédiat, car cela dépend de plusieurs facteurs.
Les opérateurs du secteur immobilier misent entre autres mesures, sur la baisse du coût du financement immobilier pour les acquéreurs pour donner le coup de fouet nécessaire à la relance.
La reprise des transactions passe par la réduction du coût du financement
"Certes nous ne sommes pas à l'arrêt, mais la reprise reste encore très timide. On espère que certaines des mesures proposées dans notre plan de relance seront actées prochainement, la baisse des taux d'intérêt pour les acquéreurs en fait partie", nous explique Mustapha Allali, vice-président de la FNPI.
"Nous avions proposés un taux de 3%. Maintenant nous attendons de voir la réaction des banques", nous explique Mustapha Allali qui salue les dernières décisions de la banque centrale.
Justement, tout le monde scrute actuellement la réaction des banques. Baisseront-elles les taux d'intérêt immobiliers suite à la baisse du taux directeur ? "Logiquement, on devrait avoir une baisse des taux, mais ce n'est pas obligatoire. La banque reste maîtresse de sa politique de taux clientèle. Ce qu'on souhaite aujourd'hui, c'est que le secteur bancaire reporte au maximum sur les taux client l'effort consenti par la banque centrale", nous explique Ghali Chraibi, directeur général de Cafpi, spécialiste du courtage en prêts et crédits immobiliers.
"On sait que c'est difficile pour le secteur bancaire, car il doit en même temps gérer des risques qui augmentent, soutenir la relance, reconstituer ses marges, maintenir ses équilibres,... C'est une équation difficile", poursuit notre expert.
Mais si on devait s'attendre à une baisse elle serait de combien ? "Il est très difficile d'avancer des chiffres. Chaque banque va réagir d'une façon différente en fonction de son agressivité commerciale. Il y a celles qui seront en mesure de répercuter toute la baisse du taux directeur sur leurs clients, et celles qui vont répercuter partiellement, pour d'autres considérations. Tout dépend vraiment de la stratégie commerciale de chaque banque", ajoute Ghali Chraibi.
Les taux sont déjà en baisse
Pour le directeur général de Cafpi, les taux sont déjà sur une tendance baissière depuis le début de l'année.
Il nous explique ainsi que sur le premier trimestre 2020, les taux étaient déjà en dessous de 5%. "Je tiens à préciser que le marché n'est pas uniforme, mais les taux les plus élevés étaient en dessous de 5%. Les taux fixes sur une durée de 20 ans, accordés au début de 2020, variaient entre 4,5% et 4,90%", précise-t-il.
"Les taux étaient bien orientés vers la baisse avec un secteur bancaire qui facilitaient le traitement des dossiers. A la fin du premier trimestre 2020, les taux étaient enclin à baisser davantage", poursuit-il. Depuis, la crise sanitaire a mis un coup de frein à l'élan positif remarqué en début d'année.
Cependant, ce début de reprise se fait sous de bons auspices à en croire notre expert. "Non seulement on peut s'attendre à une accentuation de la baisse enregistrée au début de l'année après la parenthèse confinement, mais on la voit déjà apparaître sur le terrain", confie Ghali Chraibi.
"Les premiers dossiers post-confinement ont été financés à des taux à la baisse. Chez Cafpi, on a négocié du 3,90% pour un très bon dossier sur 25 ans. On a pu décrocher du 4,10% et du 4,05%. En tout état de cause, les taux actuels sont sous le seuil de 4,5% selon la qualité du dossier de financement", assure-t-il.
Maintenant, la baisse des taux ne veut pas dire que les banques vont ouvrir les vannes du crédit à tout va. Cela peut signifier plutôt qu'elles seront plus regardantes sur les dossiers à financer, à plus forte raison dans un contexte de sortie de crise où le stock de crédit existant fait remonter de nouveaux risques qui n'existaient pas avant.
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