En crise, le tourisme marocain espère séduire ses nationaux (AFP)
Plongés dans une crise sévère, sans visibilité sur la date de réouverture des frontières, les professionnels du tourisme du Maroc tablent sur les nationaux pour atténuer leurs pertes liées à la pandémie, dans un pays toujours paralysé par les restrictions de circulation.
L'activité touristique s'est subitement arrêtée mi-mars avec la suspension sans préavis des vols suivie de la fermeture des frontières du royaume, qui a attiré l'an passé un record de 13 millions de visiteurs.
Durant les quatre premiers mois de l'année, le nombre de touristes a baissé de 45% et le nombre de nuitées d'environ 43% par rapport à la même période l'an dernier, a précisé en début de semaine la ministre du Tourisme Nadia Fettah.
Et l'été s'annonce très compliqué, la fermeture des frontières grévant l'arrivée des visiteurs étrangers.
"Je pense que c'est mort pour 2020", estime David Azuelos, qui gère sept maisons d'hôtes à Rabat et a mis tous les employés au chômage parce qu'il n'avait "plus un sou dans ses caisses".
Pour sauver la saison estivale, les autorités ont lancé une campagne de communication "pour faire connaître aux Marocains toutes la richesse et la diversité de leur pays", tout en promettant des "offres incitatives" et "prix préférentiels", comme l'a souligné la ministre.
- "Coup dur" -
A Marrakech, joyau du tourisme marocain, "les professionnels travaillent sur des offres adaptées, en proposant de nouveaux itinéraires thématiques", déclare à l'AFP Hamid Bentahar, responsable régional du tourisme.
"Ce n'est pas une alternative mais un choix stratégique: la clientèle marocaine représente 35 à 40% des revenus touristiques à Marrakech", poursuit-il.
L'Office marocain du tourisme (ONMT) veut lui aussi "inviter les citoyens à voyager dans leur pays dès la levée de l'état d'urgence sanitaire".
Mais, au grand dam des professionnels du tourisme, l'état d'urgence sanitaire qui courait jusqu'au 10 juin a été prolongé d'un mois et les grandes villes du pays restent soumises à un confinement strict jusqu'à nouvel ordre.
"On achève bien le Tourisme au Maroc!", titrait jeudi l'hebdomadaire Maroc Hebdo sur son site, pour qui la décision "de confiner les principales destinations des touristes, autant étrangers que nationaux, plombe tout espoir" de reprise.
"C'est un coup dur pour le moral des hôteliers qui s'attendaient à accueillir une clientèle marocaine pour mi-juin", confie à l'AFP un opérateur sous couvert d'anonymat.
- "Liberté" -
Secteur clé de l'économie marocaine, le tourisme représente environ 10% de la richesse du royaume. Avec les exportations et les transferts financiers des Marocains vivant à l'étranger, il est l'une des principales sources de devises du pays.
Ces dernières années, le secteur a bénéficié du lancement de dizaines de nouvelles liaisons aériennes. Revers de la médaille: les Marocains sont de plus en plus nombreux à voyager à l'étranger, où ils ont dépensé environ deux milliards d'euros l'an dernier.
"Ils y trouvent plus de liberté, peuvent boire des coups en terrasse et l'offre est plus attractive pour les familles", dit l'opérateur interrogé par l'AFP.
Des messages sur les réseaux sociaux décrivent aussi comme un frein le certificat de mariage exigé pour les couples dans les hôtels, dans un pays où le "sexe hors mariage" reste passible de prison.
"Le Maroc séduit de moins en moins sa propre classe moyenne supérieure", résumait récemment le site d'information Médias 24.
La Costa del Sol en Espagne, Istanbul et Paris figurent parmi les destinations phares des Marocains. Outre la quête de liberté, l'offre est globalement moins chère dans les stations balnéaires du Sud de l'Espagne voisine.
En 2018, pour la première fois, il y a eu plus de touristes marocains en Espagne (900.000) que d'Espagnols au Maroc. Mais pour l'instant, il est encore impossible de franchir le détroit de Gibraltar. (AFP)
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