Transports collectifs urbains : le casse-tête insoluble du déconfinement
Depuis le début du confinement, les entreprises de transport urbain n’exploitent que 20% de leur capacité normale. Selon plusieurs sources fiables dans le grand Casablanca, la nécessaire distanciation, actuelle et post-confinement, posera de sérieux problèmes aussi bien en termes de rentabilité que de sécurité publique.
Au lendemain de la publication d’un article consacré à l’impact financier de la distanciation, après le déconfinement, sur le prix des voyages interurbains et internationaux, Medias24 a interrogé plusieurs sources sur les futurs problèmes que posera la reprise des transports collectifs urbains à partir du 20 mai, date prévue du début du déconfinement.
Un modèle économique bouleversé par la sous-fréquentation
Selon ces experts, la réduction du nombre de places, pour respecter une certaine distance physique, et donc de voyageurs qui circulent dans les rames du tramway ou en autobus, ne manquera pas de changer le modèle économique des sociétés de transport public dans toutes les grandes villes.
En effet, partout dans le monde, leur objectif principal est de transporter un maximum de passagers pour être en mesure d'offrir des déplacements massifs et à moindre coût.
Un business-model désormais irréalisable sachant que depuis le début du confinement suivi d’un couvre-feu nocturne, les sociétés d’autobus et de tramway ont vu le nombre de leurs clients baisser drastiquement à cause des effets de la nécessaire nouvelle distanciation édictée par les autorités.
Ainsi, nos sources s’accordent à dire que les autobus urbains des villes marocaines et les tramways de Casablanca et de Rabat ne peuvent plus rouler qu’à 20% maximum de leur capacité normale.
Des transporteurs incapables de gérer l’indiscipline de certains passagers
Sachant qu’une partie des passagers sont indisciplinés en violant les consignes à savoir les gestes barrières et les règles de distanciation physique (marquage au sol, distance d'un mètre dans les rames…), la présence des forces de l'ordre est souvent nécessaire pour les faire respecter.
Dans leur lettre au Premier ministre français, ces opérateurs affirment ne pas disposer de moyens humains et matériels suffisants pour remplir leur mission et redoutent des troubles de l’ordre public lors du déconfinement à moins de continuer à limiter les flux de passagers à 10 ou 20% de leurs capacités.
Impossibilité d’augmenter les prix
Toujours selon nos sources, la baisse d’activité générale et la nécessaire distanciation physique qui réduit la capacité d’accueil de chaque moyen de transport entrainent une perte croissante de rentabilité du fait qu’il est impossible de multiplier le prix du ticket par 5 voire 6.
"La tarification est un casse-tête absolu qui est antinomique avec l’essence du transport en commun censé être un service à vocation utilitaire publique. C’est comme si tout un chacun prenait un taxi individuel ou sa propre automobile, cela ne coûtera pas moins cher", se désolent nos sources
A la problématique des prix actuels des tickets qui ne reflètent plus la réalité du coût du service, s’ajoute l’impossibilité de multiplier le nombre de wagons de tramway et de dessertes d’autobus.
Retrouver le niveau d’activité de mars en multipliant machines et personnels
En effet, avec un taux d’activité de 20%, il faudrait non seulement multiplier par 5 le nombre de machines pour arriver au niveau d’avant la pandémie mais aussi recruter 3 à 4 fois plus de personnel.
En attendant de connaître les directives des pouvoirs publics pour la période post-confinement, le secteur du transport collectif urbain est donc pour l’instant confronté à des questions sans réponses sachant que les modalités du plan public de déconfinement n’ont toujours pas été dévoilées …
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