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Coronavirus

Banque Mondiale: Neila Tazi présente la gestion de la crise par le Maroc

Neïla Tazi expose pour Médias24 sa lecture d'une conférence parlementaire organisée par la Banque mondiale au sujet de la gestion de la crise du Covid-19 dans le monde. Voici quelques conclusions et enseignements.

Banque Mondiale:  Neila Tazi présente la gestion de la crise par le Maroc
Gh. E.
Le 26 avril 2020 à 9h44 | Modifié 10 avril 2021 à 22h31

Le 24 avril est la Journée mondiale du multilatéralisme et de la diplomatie au service de la paix proclamée par l'Assemblée générale des Nations unies et célébrée pour la première fois le 24 avril  2019.

C’est ce même vendredi 24 avril 2020 que la Banque mondiale a organisé une grande Conférence parlementaire avec le Réseau des parlementaires sur la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (RP BM/FMI) dédiée à la pandémie du Covid-19. Cette conférence réunissant 255 participants de 55 pays, dont des présidents de Parlements et d’organisations telles que l’Union interparlementaire et l’ASEAN (Assemblée interparlementaire des Nations de l’Asie du Sud-Est) et le vice-président du Parlement européen, ainsi que des hauts responsables de la Banque mondiale, s’est ouverte par une minute de silence à la mémoire des victimes du coronavirus à travers le monde.

Neila Tazi, parlementaire de la CGEM à la Chambre des conseillers, présidente du Chapitre marocain du RP BM/FMI et présidente de la Fédération des industries culturelles et créatives a été invitée avec 13 autres intervenants à débattre de la gestion de la crise du Covid-19.

Ci-dessous, elle répond aux questions de Médias24:

Médias24:  Quelle a été la perception générale des participants à cette conférence ?

Neïla Tazi: Parlementaires et experts Banque mondiale font le même constat, c’est une crise d’une ampleur inédite qui a pris de court les Etats. C’est un véritable stress test des systèmes de santé des pays, et un terrible choc économique et social dû au confinement des populations.  

La crise du Covid a révélé l’ampleur des fragilités de nos sociétés. L’état des systèmes de santé publique n’est pas à la hauteur et le niveau des inégalités sociales est devenu inquiétant, même dans des pays comme les USA dont des pans entiers de la population et l’économie sont dévastés par le virus, du témoignage même d’une membre du Congrès américain Betty McCollum, qui a pris part à la conférence.

La diffusion rapide du virus montre que nous vivons dans une interdépendance mondiale et que les réponses résident dans notre capacité à construire des solutions collectives. Il apparaît clairement que personne ne détient immédiatement de solution à terme, même pas les grandes puissances.

Unanimement, les parlementaires de tous les pays s’accordent sur la nécessité de travailler ensemble pour surmonter cette crise, comme l’a rappelé Liam Byrne parlementaire anglais et président du réseau: "Nous devons trouver les  moyens de travailler en synergie pour partager le lourd fardeau de cette pandémie et remettre le monde debout".                                                 

- Quel rôle pour les parlements ?

- Cette crise Covid-19 a fait surgir des vieilles questions sur la compatibilité de l’Etat de droit et l’état d’urgence, et le risque que fait courir l’état d’urgence au bon fonctionnement des institutions démocratiques.

C’est un débat récurrent, mais en réalité tout est question de volonté politique, de vision et de stratégie. En toutes circonstances, les parlementaires doivent jouer leur rôle, leur pouvoir de contrôle et d’évaluation des politiques publiques.

Nous n’affirmerons jamais assez l’importance de l’accès à l’information, l’importance des médias

Dans leurs interventions, les participants ont souligné que les parlements devront exercer tout leur poids, et travailler en concertation avec les gouvernements, la société civile et les institutions internationales pour redémarrer la machine économique, et la mettre sur une trajectoire qui respecte les droits humains et l’environnement.

Ce qui a été aussi évoqué dans le débat, c’est le rôle de la société civile dans un Etat de droit et notamment celui des médias, qui faut-il le rappeler ont été eux aussi en première ligne dans cette crise. Un sujet introduit dans le débat par le représentant portugais qui a souligné que "le seul vaccin dont nous avons disposé jusqu’à ce jour est l’information".

Nous n’affirmerons jamais assez l’importance de l’accès à l’information, l’importance des médias, et dans un moment d’une telle gravité nous devons en prendre définitivement conscience pour que les acteurs du secteur puissent exercer dans de meilleures conditions.   

Il va donc de soi que cette crise donnera naissance à une nouvelle génération de droits humains, économiques et sociaux.

- Comment avez vous présenté l’expérience du Maroc et quelle perception en faites-vous après avoir écouté vos confrères de pays différents ?

- L’expérience marocaine a été relayée dans plusieurs médias internationaux. La décision du Souverain de mettre en place le Fonds Covid est un acte politique fort qui a été au cœur de la dynamique enclenchée et des mesures qui ont suivi. Le gouvernement et le Parlement ont œuvré de concert pour donner le cadre légal afin que l’état d’urgence sanitaire soit adopté et que toutes les décisions qui ont suivi puissent être prises dans le respect de notre constitution et de nos institutions.

Mais la question que j’ai particulièrement soulignée est celle de la distribution d’allocations financières aux familles les plus vulnérables. Car pour la première fois dans l’histoire du Maroc, est mise en œuvre une action de transferts monétaires à grande échelle. Ce qu’on pensait donc impossible ou improbable, il y a quelques semaines à peine, a été réalisé.

A ce sujet permettez-moi de rappeler que bien avant la crise du Coronavirus, lors d’une séance au Parlement avec le Chef du gouvernement le 22 janvier dernier, j‘ai personnellement défendu la nécessité de mettre en place un revenu de base familial pour les familles les plus pauvres.

Dans cette solidarité qui a caractérisé l’expérience marocaine, j’ai rappelé l’implication du secteur privé marocain, et pour ne citer que cet exemple, j’ai évoqué la production de millions de masques par les entreprises de textile.

Si nous sommes tous conscients de l’ampleur du défi qui nous attend et déterminés à nous relever il y aura des changements radicaux à opérer dans les esprits, les comportements, les textes de loi et leur mise en application.

Nous devons maintenant mettre en place un véritable plan de relance économique avec un engagement financier massif.

- Quel est votre point de vue sur les mesures économiques ?

- Disons-le clairement, les mesures qui ont été prises ont été activées pour amortir le choc  social. 

Nous devons maintenant mettre en place un véritable plan de relance économique avec un engagement financier massif.

La machine économique qui a été brutalement arrêtée doit être relancée avec une forte poussée en agissant à la fois sur l’offre et la demande. Un des enseignements majeurs de cette crise du coronavirus est que nous devons construire les bases d’une industrie marocaine capable, demain, de préserver notre souveraineté et notre place dans la chaîne de valeur mondiale.

La réactivité de nos entreprises, comme je l’ai évoqué plus haut, que ce soit dans le domaine des masques ou des respirateurs, montre que le Maroc a des capacités et des compétences qui méritent d’être encouragées. Et pour aller plus vite, il faudra faire de nos territoires et de nos régions le fer de lance d’une nouvelle stratégie de développement. C’est dans ces espaces que les industries du tourisme, des services, du digital, et bien sûr des industries culturelles, créatives et événementielles trouveront une nouvelle dynamique pour développer leur talent.

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Gh. E.
Le 26 avril 2020 à 9h44

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