Les nouvelles drogues, chimiques et indétectables, risquent d'atteindre le Maroc
Alerte sur les nouvelles substances psychoactives. Des produits incontrôlables, indétectables et parfois intraitables. Pour les autorités sanitaires et sécuritaires, c’est « le défi de demain ».
« Les drogues classiques ne seront plus le défi de demain !» La profusion de « nouvelles substances psychoactives » (NSP) inquiète l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OIC). Il s’agit de « produits extrêmement dangereux, fabriqués dans des laboratoires clandestins à partir de précurseurs chimiques, et même des pré-précurseurs chimiques », s’alarme le professeur Jalal Taoufik, membre de l’OICS.
« Ce sont des médicaments dont l’élaboration ne demande pas une grande sophistication chimique. N’importe quel chimiste peut les fabriquer. Ils sont très faciles d’accès et sont peu coûteux à la fabrication. Mais leur valeur ajoutée économique est importante, à l’image des gains financiers qui en découlent », ajoute l’expert.
Pour l’heure, l’OICS a décelé un peu plus de 700 nouvelles substances, dont 70 constituent le noyau dur et qui sont les plus commercialisées. On se réfère ici à des « drogues de synthèses » élaborées pour répondre à des demandes spécifiques (concentration, sommeil, euphorisation, etc.).
« Sous forme de comprimés », ces produits sont « très légers et traversent les frontières sans aucun problème ». Oubliez les mules, les conteneurs et les avions, « aujourd’hui, le moyen le plus utilisé par ces trafiquants, c’est la poste car difficilement contrôlable, notamment lorsque les colis sont envoyés dans un même pays. »
Les NSP sont disponibles par l’intermédiaire de vendeurs et de plateformes commerciales en ligne. Elles prolifèrent notamment sur « le Darknet », réseau superposé connu pour ses applications illégales. Un « jeune peut les commander par téléphone portable », soutient le Pr. Taoufik. Le rapport de l’OICS consacre d’ailleurs, et pour la première fois, un chapitre entier à l’amélioration des services de prévention et de traitement destinés aux jeunes.
Les NSP ne sont pas inscrites aux tableaux des substances placées sous contrôle international. Leur identification s’apparente parfois à une énigme. L’OICS a mis sur pied des mécanismes d’alertes, mais insiste sur « la collaboration internationale » pour contrer des pratiques particulièrement vicieuses : « Nous sommes en train de courir derrière quelque chose où le trafiquant a toujours une marche d’avance. Car, malheureusement, ils s’adaptent constamment aux contrôles. »
Si le phénomène est mondial, au Maroc, son ampleur demeure inconnue. Pr. Taoufik estime qu’au Royaume, « en dehors de certaines méthamphétamines comme le MDMA [principe actif de l'Ecstasy], on ne voit pas encore tous les produits synthétiques qui circulent aujourd’hui dans le monde ». Il explique cette donnée par le recours encore limité au paiement par internet, surtout chez les jeunes. « Mais ça va arriver », prévoit l’intervenant.
Aux défis sécuritaires, s’ajoutent ceux - autrement plus graves - de santé publique. Car il s’agit « de médicaments qui entrainent des phénomènes d’empoisonnement qu’on ne sait pas comment traiter. Souvent, on ne sait même pas ce que contiennent les comprimés que la personne a pris », explique le Pr. Taoufik. « Certaines substances sont indétectables », parfois même après autopsie.
Pour les autorités sanitaires, l’absence d’un protocole défini de prise en charge est un facteur aggravant. « Il n’existe pas de règles ou de lignes directrices pour traiter ce type de situations car elles changent constamment », conclut Jalal Taoufik.
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