Poursuites contre Omar Radi: La position de Karim Tazi (CSMD)
Notre confrère Omar Radi est poursuivi en état d’arrestation pour “outrage à magistrat“. Auditionné à la BNPJ le 26 décembre 2019, il a été inculpé d’outrage à magistrat et déféré devant le tribunal le même jour.
La première audience s’est soldée par un report d’une semaine. Omar reste en état d’arrestation, la demande de libération présentée par ses avocats ayant été rejetée.
On ne sait pas avec exactitude, au moment où nous rédigeons ces lignes, en quoi a consisté exactement l’outrage à magistrat qui lui est reproché. Un tweet datant d’avril 2019 circule sur les réseaux sociaux, mais on ne sait pas s’il s’agit réellement de cela.
Au-delà de la confraternité qui nous unit, Omar Radi a été journaliste à Médias24 et a su se faire aimer et respecter pendant cette période. Il a tissé avec l’équipe des liens forts d’amitié et de respect. Il a été professionnel et exemplaire dans son travail à Médias24.
L’équipe de Médias24 n’est pas la seule à avoir éprouvé une émotion fraternelle et confraternelle. C’est un sentiment partagé au sein de la profession et d'une partie de la société civile.
En attendant l’évolution que connaîtra cette affaire, Médias24 donne ci-après la parole à Karim Tazi qui nous a transmis des déclarations concernant ce procès et sa position, sachant qu’il est également membre de la CSMD.
"Je suis tenu à une obligation de réserve avec les personnes et les institutions avec lesquelles je suis engagé. Cette obligation de réserve s'applique à la communication externe de travaux ou atmosphères qui pourrait nuire à la marche de l'action commune. C'est pour cela que je ne réagis pas à certaines campagnes fallacieuses concernant mes positions et mes comportements au sein de la CSMD. L'obligation de réserve ne peut toutefois m'amener à taire mes positions ou à mettre en veilleuse mes autres activités sur ce qui ne touche pas directement la cuisine interne de ces collectif. Un des préalables que j'ai toujours défendus, publiquement et dans les apartés, est que le respect des libertés (voire une large tolérance pour certains écarts à travers une politique pénale conciliante) sont des exigences impérieuses pour donner du crédit à la volonté de changer de cap et de s'engager sur une voie réellement novatrice et inclusive.
"Le fait que les dossiers les plus brûlants de répression politique n'aient pas été apurés jusqu'à aujourd'hui risque de constituer un handicap pour l'élaboration d'un nouveau projet de développement dans lequel l'essentiel des Marocaines et des Marocains puissent se reconnaître. Les évènements nouveaux, et particulièrement la poursuite engagée en état d'arrestation contre Omar Radi pour un délit d'opinion est un mauvais signal qu'il est urgent de corriger.
"Notre pays ne peut faire l'économie d'une remise en cause majeure. De tels moments de transition sont évidemment sensibles et occasionnent nécessairement débordements et excès. A mon sentiment, la gestion de telles transitions devrait se faire par le traçage d'une ligne de démarcation claire entre ce qui relève du dialogue politique et ce qui mérite répression. Il est urgent que cette ligne devienne uniquement le recours à la violence, et que tout le reste soit catalogué comme liberté d'opinion à traiter par la féconde confrontation d'idées.
"Une opinion peut constituer un délit, entre autres lorsqu'elle fait l'apologie de crimes ou lorsqu'elle s'attaque à l'intimité des autres de manière illégitime. Dans le cas de la poursuite contre Omar Radi, et de manière générale, la diffamation des institutions ou des personnes doit relever du délit civil et en aucun cas ne donner lieu à des peines privatives de liberté. Enfin, le recours à la détention préventive contre un journaliste pour délit d'opinion est une décision hautement nuisible à l'image de pays en progrès vers la démocratie et les droits humains et d'une justice évoluant vers l'indépendance, la sérénité et l'efficience".
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