Ce que le Maroc parvient à exporter vers la Chine
2,5 milliards de DH en 2018, près de 1,4 milliard au premier semestre 2019. Les importations depuis la Chine représentent 20 fois ces montants. Produits miniers, aliments, pièces automobiles et aéronautiques… Voici ce que l’on vend à l’empire du milieu.
Lors d’une rencontre avec les exportateurs tenue vendredi 8 novembre, Moulay Hafid Elalamy, ministre du Commerce et de l’Industrie, s’est félicité des avancées réalisées par le Maroc en termes d’exportation, particulièrement sur certains marchés et dans certains secteurs. Et ce, tout en reconnaissant qu’il reste un long chemin à parcourir pour améliorer la compétitivité de l’économie nationale.
« Vous [les exportateurs, ndlr] avez accompli des choses incroyables. Nous avons des Marocains qui exportent vers la Chine alors que normalement on importe depuis la Chine. Et ce, depuis longtemps déjà.
« Nous avons des exportateurs de qualité dans notre pays ; le produit marocain n’est plus considéré comme un produit de seconde zone. Au contraire, il est recherché à tous les niveaux. Nous exportons des pièces de réacteurs d’avions fabriquées dans notre pays. Nous sommes capables de faire beaucoup de choses », a-t-il affirmé.
Moins de 1% des exportations marocaines vont vers la Chine
Combien exportons-nous au juste vers la Chine ? Et quels produits nous vendons sur ce marché de près de 1,4 milliard de consommateurs ?
Selon les données de l’Office des changes, le chiffre n’est pas énorme : 1,36 milliard de DH au 1er semestre 2019 ; un peu plus de 2,5 milliards de DH en 2018. C’est moins de 1% du total des exportations marocaines.
Surtout, 2,5 milliards d’exportation représentent à peine 5% de la valeur des importations marocaines depuis la Chine (47,3 milliards de DH). La deuxième puissance économique mondiale nous vend des marchandises pour une valeur 20 fois supérieure à ce que nous lui vendons.
Les exportations marocaines vers la Chine demeurent dominées par les produits à faibles valeur ajoutée et contenu technologique.
En effet, plus de la moitié des expéditions (1,63 milliards) sont constituées de produits bruts d’origine minérale : principalement zinc, cuivre, plomb, phosphates, manganèse, ferraille, marbre, granit et gypse.
Peu de biens finis de consommation et d'équipement
La deuxième catégorie est constituée des produits alimentaires agricoles et de la mer (375 MDH) : eaux et boissons, thé, agrumes, fruits rouges, crustacés/mollusques/coquillages, conserves de poisson, farine de poisson, sucre…
Viennent ensuite les demi-produits (211 MDH) : acide phosphorique, cuivre, nickel, verre, plastiques, fils de coton…
Le Maroc parvient tout de même à placer en Chine un certain nombre de biens finis d’équipement (190 MDH) : parties d’avions, transformateurs et convertisseurs électriques, moteurs à piston, instruments de mesure et de contrôle, machines et appareils divers, fils et câbles conducteurs, meubles et mobilier médico-légal.
Enfin, on retrouve les produits bruts d’origine animale et végétale (84 MDH ; plantes, huile d’olive, huile de poisson, laine…) et les produits finis de consommation (44,8 MDH ; ouvrages en cuivre, vaisselle et objets céramique, chaussures, horlogerie, pièces de voitures, vêtements confectionnés, équipements électriques…).
Notons que c’est dans les catégories des biens finis de consommation et d’équipement que se situent les produits à grande valeur ajoutée.
Pour rappel, le Maroc est déficitaire avec la majorité des pays avec lesquels il commerce, sauf certains partenaires, gros importateurs de phosphates, comme l’Inde ou le Brésil.
>>Lire aussi: Comment les accords de libre-échange ont inondé le marché de produits importés
À découvrir
à lire aussi
Article : Visas au Maroc : BLS International renforce la sécurité des rendez-vous
BLS International renforce ses services de visa au Maroc grâce à l'IA et aux normes internationales et pour assurer ses opérations au Maroc en déployant des outils de supervision en temps réel et de contrôle opérationnel au sein des systèmes d'attribution des rendez-vous et des environnements de service, afin d'assurer une expérience plus fiable et plus transparente aux usagers.
Article : Khalil al-Hayya élu à la tête du bureau politique du Hamas
Le Hamas a élu Khalil al-Hayya à la présidence de son bureau politique, en remplacement du défunt Yahya Sinwar, selon un communiqué publié sur son compte officiel Telegram. Le nouveau dirigeant s'est imposé avec 35 voix, contre 34 pour l'ancien chef du mouvement, Khaled Mechaal.
Article : La réforme des prix des médicaments relance le dossier de la rémunération à l’acte des pharmaciens
Le projet de décret révisant les prix des médicaments pourrait rouvrir un chantier longtemps resté en suspens : celui de la rémunération à l'acte pharmaceutique, qui permettrait de payer le pharmacien pour la dispensation et le conseil, et non plus seulement à travers sa marge sur les médicaments. Selon nos informations, cette piste est actuellement examinée avec les autorités concernées.
Article : Créances en souffrance : où en est le projet de marché secondaire ?
Le projet de loi encadrant la cession directe des créances a été transmis au Secrétariat général du gouvernement. Alors que leur stock atteint actuellement 102,3 milliards de DH, Bank Al-Maghrib travaille en parallèle sur les volets fiscal, judiciaire et prudentiel nécessaires à la création de ce marché.
Article : Tafilalet-Figuig : 1.276 zones minières cherchent preneurs
Le ministère relance son appel à concurrence pour attribuer des permis miniers dans cette vaste région de l’Est marocain. Le dispositif, fortement élargi, couvre désormais près de 27.000 km² et impose de nouveaux engagements sociaux et environnementaux aux candidats.
Article : Bologne : la mort d’un Marocain lors d'une arrestation secoue l’Italie
Installé en Italie depuis plus de trente ans, Abderrahim Fakir a perdu la vie le 19 juillet sous les yeux de ses voisins. Retour sur un drame qui ébranle la péninsule italienne.