Doing business : le Maroc vise la 50 ème place pour la prochaine édition
En 10 ans, le Maroc a gagné 75 places dans le classement. Son image s’en trouve améliorée. Mais ce n’est pas un ticket pour attirer les investissements extérieurs.
Le CNEA (Comité National de l’Environnement des Affaires) a présenté, vendredi 25 octobre, aux médias nationaux le rapport annuel du groupe Banque Mondiale (Doing Business 2020) relatif à l’environnement des affaires. Le Maroc y figure en bonne place, se classant 53ème sur 190 Pays, gagnant ainsi 7 places par rapport à l’édition précédente avec l’objectif annoncé de se classer 50 ème dans la prochaine édition 2021.
En 10 ans, le Maroc a gagné 75 places passant de la 128ème position à la 53ème, se classant dans la foulée, premier sur le continent africain et 3ème dans la région MENA.
Une telle performance a été possible grâce au travail de réformes mené sur plusieurs fronts pour améliorer le climat des affaires et l’attractivité du aux yeux des institutionnels et des investisseurs étrangers. Ce résultat a été possible grâce à l’enclenchement dès 2010, date de la création du CNEA avec pour mission de “proposer au gouvernement les mesures susceptibles d’améliorer l’environnement et le cadre juridique des affaires, d’en coordonner la mise en œuvre et d’en évaluer l’impact sur les secteurs concernés“.
Le Comité, explique en substance Thami Maâroufi, son coordinateur, travaille suivant un calendrier annuel de réformes fixé à l’avance avec le souci stratégique de hisser le Maroc parmi les pays émergents.
Il s’agissait, poursuit-il, de créer une “une vraie mécanique“ de travail en se concentrant sur trois aspects pour améliorer l’environnement des affaires au Maroc : le cadre juridique, la sûreté immobilière et les procédures administratives en agissant sur plusieurs indicateurs.
En effet, le classement ne doit pas être un objectif en soi, car nous nous ne sommes pas seuls à avoir ce souci, nos concurrents l’ont également. Aussi, s’agit-il pour nous “de réformer régulièrement, de réformer fort et selon les normes internationales“, conclut-il. Sans oublier que le Doing Business ne prend pas en compte la quantité des réformes entreprises par un pays donné mais attend d’en percevoir les effets sur le terrain avant de les comptabiliser.
Sur les 10 indicateurs activés aujourd’hui, 6 ont évolué positivement dans le classement et 4 sont en recul. Non pas parce qu’il ya eu un relâchement dans les réformes, précise-t-on, mais parce que d’autres pays concurrents ont fait mieux que nous pour ces volets.
Pour la prochaine édition, un nouvel indicateur sera ajouté à la liste. Il s’agit de l’indicateur “marchés publics“ avec au préalable une enquête en cours auprès du secteur privé national pour identifier les principales contraintes et connaître le ressenti des entreprises en ce qui concerne les délais de paiement, les ressources humaines et d’autres questions.
Dans tous les cas, voici globalement les réformes entreprises par le Maroc qui lui ont valu ce classement de Doing Business 2020 telles que résumées par le CNEA.
- Exécution des contrats : mise en place d’un Système automatisé attribuant de manière aléatoire les affaires aux juges et publication des rapports sur les performances des tribunaux.
-Obtention du permis de construire : facilitation de l’obtention du certificat de conformité à travers la plateforme CasaUrba2.0.
-Commerce : accélération des échanges transfrontaliers à travers : le paiement électronique des redevances portuaires, la dématérialisation du circuit de dédouanement et l’allongement des heures de travail au port.
-Taxes et impôts : réduction du taux d’imposition des sociétés grâce à l’institution d’un barème progressif en matière d’impôt sur les sociétés.
-Raccordement à l’électricité : facilitation du processus de raccordement à l’électricité moyenne tension à Casablanca à travers le lancement d’une plateforme électronique pour le dépôt et suivi des demandes en ligne et le développement de l’utilisation des postes de transformation préfabriqués.
-Protection des investisseurs minoritaires : élargissement du rôle des actionnaires dans les principales transactions, obligation de nommer des administrateurs indépendants, renforcement de la transparence sur l’emploi des administrateurs dans d’autres sociétés et facilitation de la convocation d’assemblées générales.
Malgré ce travail somme toute remarquable, l’équipe du CNEA a le triomphe modeste. Elle refuse la corrélation entre le classement Doing Business et l’évolution des IDE. Son travail consiste à travailler pour à améliorer l’image du pays. L’acte d’investir fait appel à d’autres ressorts en plus de cette image.
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