Déprimantes statistiques du chômage et de l’emploi à fin juin 2019
Fausse baisse du taux de chômage selon les chiffres du HCP, entre le 2e trimestre 2019 et celui de 2018. Seuls 7.000 emplois ont été créés et la baisse du chômage a été obtenue grâce à la baisse de la population active.
L’économie marocaine est un cas d’école en matière d’emploi et de chômage, mais pas dans le bon sens du terme. Au cours des 12 mois glissants entre le 2e trimestre 2018 et le 2e trimestre 2019, elle n’a créé en net que 7.000 emplois.
Malgré cela, le taux de chômage a baissé ! Bien entendu, il baisse au prix d’un recul du taux d’activité, car les Marocains et surtout les Marocaines sont de plus en plus nombreux à sortir du marché du travail.
Cela signifie que le chômage est bien structurel et que le taux officiel est loin de refléter la réalité économique et sociale de ce marché.
En 12 mois glissants, 132.000 emplois ont été créés en milieu urbain et 125.000 ont été perdus en milieu rural, reflétant l’évolution du monde agricole d’une année à l’autre, affecté par la sécheresse et la baisse de la production céréalière.
Par secteurs :
- 167.000 emplois ont été créés dans les services.
- 43.000 dans l’industrie (y compris l’artisanat).
- 176.000 emplois ont été perdus dans l’agriculture
- 27.000 emplois ont été perdus dans les BTP.
En net donc, 7.000 emplois seulement ont été créés. Seuls 53.000 emplois rémunérés ont été créés et 46.000 emplois non rémunérés ont été perdus (principalement des aides familiales en milieu rural).
Beaucoup de jeunes et de femmes découragés
En parallèle, la population active a baissé de 70.000 personnes sur la même période (T2 2019/2018). Ceci représente 77.000 chômeurs en moins, ce qui est une bonne nouvelle statistiquement mais en réalité une mauvaise nouvelle sur le plan socio-économique.
Cette évolution signifie en effet que trop de Marocains restent sur le bas-côté et sont exclus de la vie active. La cohésion sociale s’en ressent et c’est d’autant plus préoccupant que cela semble inexorable. Le Maroc a une population jeune et il a besoin de ressources humaines, mais ses jeunes sont trop nombreux à ne trouver ni emploi ni formation. Et les femmes sortent de plus en plus du marché du travail. Entre hommes et femmes, l’écart des taux d’activité est de 47 points, respectivement 69,8% et 23%. Toute la problématique du nouveau modèle de développement ou presque, est résumée ici.
>>Lire aussi: Le gap entre les emplois créés et les nouveaux diplômés devient préoccupant
Le taux de chômage, sur les douze mois glissants a donc baissé en passant de :
- de 9,1% à 8,5% au niveau national.
- de 13,7% à 12,4% en milieu urbain.
- et de 3% à 3,3% en milieu rural.
Un chômage élevé des diplômés des facultés et de l'OFPPT
La population sous-employée, autre indicateur préoccupant, s’est établie à 999.000 personnes. Le taux de sous-emploi a baissé de 0,6 point, passant de 9,6% à 9% au niveau national ; de 8,7% à 7,8% en milieu urbain et de 10,6% à 10,5% en milieu rural. Il reste néanmoins très élevé en valeur absolue.
Le taux de chômage est de 12,3% parmi les personnes ayant un diplôme de niveau moyen et de 20% parmi les détenteurs d’un diplôme de niveau supérieur. Il atteint ses niveaux les plus élevés notamment parmi les diplômés de la spécialisation professionnelle avec (26,1%) et les lauréats des facultés (22,3%).
Un chômage de longue durée et de première insertion
Environ 6 chômeurs sur 10 (60,6%) sont à la recherche de leur premier emploi (54% parmi les hommes et 73,6% parmi les femmes). Sept chômeurs sur 10 (70,2%) sont à la recherche d'un emploi depuis une année ou plus (65% parmi les hommes et 80,6% parmi les femmes) et 22,9% des chômeurs se sont retrouvés en situation de chômage suite au licenciement ou à l’arrêt de l’activité de l’établissement employeur.
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