CAN 2019: le Maroc dernier en termes de joueurs issus du football national
Le championnat marocain, classé numéro 1 en Afrique en 2018, et la formation footballistique locale ne sont plus un ascenseur vers l’équipe nationale. Celle-ci ne compte que 4 joueurs sur 23 issus du système footballistique local contre 16 joueurs en 1998, selon une étude du cabinet de conseil Episteme.
Cette étude a concerné les 552 joueurs convoqués par les 24 fédérations africaines participant à la CAN 2019. Elle a pour objectif d’évaluer la puissance footballistique réelle des 24 nations en termes de formation et de production de footballeurs d’élite. L’évaluation s’est faite sur la base de recherche documentaire (biographies, parcours professionnels…)
Le qualificatif « Formé par le football national » (FFN) est assigné aux joueurs dont le parcours répond aux profils suivants :
- Ayant démarré leur carrière dans un club national.
- Formés par une académie de formation de jeunes joueurs située sur le territoire national.
Les résultats de cette étude sont les suivants :
- 65% des joueurs africains participant à la CAN 2019 sont des produits du football africain.
- Le Maroc est loin de cette moyenne avec seulement 17% (4 joueurs sur 23). Il importe essentiellement des joueurs formés par d’autres systèmes, notamment la France et les Pays-Bas.
- En Afrique du Nord, le taux est de 54%.
- L’Egypte est la nation footballistique la plus productive avec un taux de 100%.
- 11 nations dépassent la moyenne continentale : Egypte (100%), Tanzanie (96%), Kenya (96%), Zimbabwe (91%), l’Afrique du Sud (91%, La Namibie (91%), l’Ouganda (83%, le Burundi (83%), le Ghana (83%), le Nigeria (74%), le Mali (70%).
- Le Maroc est en bas du classement (17%) avec la Guinée Bissau (26%).
- Les joueurs de l’équipe nationale marocaine viennent à 43% de la France, 26% des Pays-Bas, 9% d’Espagne et 4% de Belgique.
- 1 joueur africain d’élite sur 5 est un produit du football français. Le Portugal et l’Angleterre arrivent en 2e et 3e position (4% et 3%).
Un sujet à éviter ?
L’étude rappelle qu’en 1998, la sélection marocaine qualifiée à la coupe du monde en France était composée de 23 joueurs dont 16 étaient formés initialement dans des clubs marocains. Les 7 joueurs restants venaient de la diaspora marocaine, formés et initiés au football en Europe (notamment en France).
La baisse de la représentativité du football national dans la vitrine d’élite du Maroc est aussi valable au niveau des catégories inférieurs.
Or, note l’étude, cette proportion est en déphasage avec le niveau actuel des clubs marocains et du championnat marocain, classé meilleur championnat africain en 2018 et 27ème mondial selon l’IFHHS (International Federation of Football History and Statistics).
« La problématique de la « nationalité sportive » réelle a toujours été un sujet à éviter pour la presse sportive de peur de provoquer des stigmatisations à retombées incertaines. Or, les proportions actuelles et la situation chez d’autres pays africains, impliquent le lancement d’un débat », affirme le cabinet de conseil.
Plusieurs interrogations
Les questions suivantes sont posées :
- La non éligibilité systématique des joueurs formés au Maroc aux équipes nationales ne condamne-elle pas l’évolution professionnelle de toute une génération de footballeurs, sachant que la notoriété internationale devient un prérequis pour leur accès à des championnats plus évolués (et plus lucratifs pour eux et leurs clubs formateurs) ?
- Est-ce que la probabilité d’être sélectionné dépend actuellement de facteurs autres que le niveau sportif ?
- Les joueurs européens d’origine africaine bénéficieraient-ils d’un meilleur « branding » grâce aux réseaux d’influence des directions techniques et des agences de gestion de carrières ?
- Le niveau technique actuel du joueur formé au Maroc (qu’il joue à la Botola Pro ou ailleurs) est-il réellement insuffisant à ce point pour qu’il ne soit pas éligible à sa sélection nationale ?
Précisons que EPISTEME est un cabinet de conseil marocain indépendant, fondé en décembre 2014 et opérant dans les domaines de la statistique, l’économie appliquée, les études de marché, la stratégie et le conseil organisationnel et technologique.
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