Dar Bouazza: Polèmique autour du projet immobilier The Sand House
Surélevé de plusieurs mètres, un grand projet immobilier à Dar Bouazza provoque la colère des copropriétaires mitoyens. Son promoteur et la commune invoquent le raccordement au réseau d'assainissement pour justifier la surélévation.
Que se passe-t-il autour du projet The Sand House ? A Dar Bouazza (Casablanca), ce grand chantier de résidence en villégiature suscite l’ire des habitants de la copropriété avoisinante (résidence Villas d’Anfa 1), qui dénoncent un projet « non-conforme aux règles urbanistiques ».
Principal grief : Le projet est réalisé avec une surélévation de plus de 2.5 mètres du niveau du sol par rapport aux constructions mitoyennes. « Le promoteur construit en infraction des lois une résidence R+2 dans une zone R+1 », accuse Mehdi Bouyach, syndic de la résidence Villas d’Anfa 1.
Représentant les copropriétaires, le syndic a signalé par deux fois le problème aux autorités. D’abord, dans un courrier du 10 août 2018, adressé simultanément au gouverneur de la province, au Directeur de l’Agence urbaine de Casablanca, au Caid et au président de la commune. Et tout récemment, par une lettre de relance datée du 2 mai 2019.
Dans leur plainte, les habitants disent avoir été surpris que le projet mitoyen « dont le terrain est au même niveau que le nôtre, prévoit une surélévation du terrain naturel dépassant notre mûr de clôture » avec « plus de deux mètres de différence ».
Au delà des considérations esthétiques (ex: discontinuité dans l’harmonie des paysages et du relief), les plaignants font valoir, entre autres, « un problème de sécurité » lié au fait que « la circulation des voitures de la résidence mitoyenne sera plus élevée que les piétons dans notre propre résidence ». Ils évoquent aussi « un risque d’effondrement » du mur de clôture en raison du « remblais important ».
Au final, « les copropriétaires se demandent comment les services concernés peuvent autoriser une telle disparité de topologie de terrain sur des résidences de même élévation ? »
« Le problème est courant à Dar Bouazza. Il est essentiellement dû à la variété du relief dans cette zone », affirme Abdenbi El Hamami, architecte de la commune de Dar Bouazza. Malgré la proximité des deux résidences, « le niveau de nivellement dans cette zone dépasse les trois mètres », explique-t-il à Médias24.
Quant au risque de sécurité, M. Abdenbi se montre catégorique : « Impossible que la commune autorise une construction qui puisse constituer un danger pour autrui. Cela engage notre responsabilité directe. Non seulement nous avons exigé les attestations nécessaires, que nous avons vérifiées, mais nous examinons le chantier au fur et à mesure de l’exécution », affirme l’architecte.
Le raccordement au cœur du problème
Selon M. El Hamami, la surélévation s’explique par la nécessité de raccorder la future résidence au réseau d’eau et d’assainissement. Ce serait même le nœud du problème. S’agissant de « deux résidences fermées sans lien de connexité » et vu « leurs dispositions topographiques », chacune dépend d’une voirie différente.
Après le second courrier des copropriétaires, une commission d’enquête a été mise en place pour vérifier le contenu de la plainte. Versé au dossier, un rapport de la Lydec fait dépendre en effet le raccordement à la surélévation du terrain.
« Nous n’avons enfreint aucune loi », rétorque Youssef Chaabane, promoteur du projet The Sand House, contacté par Médias24.
« Nous avons été auditionnés plusieurs fois par les autorités. Nous avons présenté un dossier technique qui a été validé par elles. Tous les services concernés se sont déplacés sur les lieux pour faire leur constat. L’étude a conclu qu’on ne peut raccorder la résidence au réseau qu’en surélevant le sol. Et la Lydec a produit des conclusions en ce sens », rapporte ce dernier.
Pas de quoi convaincre les copropriétaires : « Le cas présent est une dérive liée à l’assainissement dont les élus ne se soucient pas. Afin de minimiser la viabilisation du terrain, la Lydec propose au promoteur un raccord à un collecteur plus loin et plus bas mais imposant la contrainte de surélever plusieurs hectares de terrain», accuse le syndic M. Bouayad.
De leur côté, des sources auprès des autorités locales concèdent l'existence de lacunes au niveau du plan d'aménagement.
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