ALECA : L'Europe veut relancer les discussions avec le Maroc
[Bruxelles].- Les négociations sur l'accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA) sont au point mort. L’Europe espère réamorcer les discussions avec le Maroc. Des défis et des intérêts pour les deux parties.
Des années de blocage et rien à l’horizon ? Johannes Hahn, commissaire en charge de la Politique européenne de voisinage, appelle à relancer les négociations Maroc-UE en vue d’un accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA).
Impulsées en 2013, les tractations sont aujourd’hui au point mort. Les réticences du secteur privé marocain pèsent en partie sur les discussions. Le nouvel accord étend la coopération au secteur des services, notamment financiers, jaloux de son monopole et inquiet d’une possible situation de déséquilibre entre les deux parties.
Hahn conçoit bien "qu’il y ait des inquiétudes (…) mais à un certain moment, on doit prendre une décision : Oui ou non", explique le responsable européen. Il répondait à une question de Médias24, en marge de l’événement « EU Med Means Business », tenu le 20 et 21 mai à Bruxelles.
"Ce n’est juste pour personne de rester dans des limbes", ajoute notre interlocuteur. "Nous sommes loin de vouloir imposer quoi que ce soit. Nous avons seulement un intérêt pour renforcer nos liens économiques dans notre intérêt commun", poursuit-il.
"Nous sommes prêts à rechercher le type de relation dynamique le plus approprié", assure M. Hahn, tout en renvoyant la balle dans le côté marocain. Le Maroc doit désormais "prendre une décision conforme à ce qu’il considère comme ses intérêts".
L'objectif principal de l'ALECA est de faciliter l'intégration progressive de l'économie marocaine dans le marché intérieur de l'UE. Pour le Maroc, cela implique aussi des efforts au niveau de l’harmonisation des secteurs concernés avec les standards européens. Pour beaucoup d’opérateurs nationaux, cela constitue un défi de taille.
La circulation des personnes en arrière plan
L'ALECA fera partie intégrante de l'Accord d'association Maroc-UE. Une fois signé, il couvrira une gamme complète de domaines réglementaires d'intérêt commun, tels que la facilitation des échanges, les obstacles techniques au commerce, les mesures sanitaires et phytosanitaires, la protection des investissements, les marchés publics et la politique de concurrence.
En toile de fond, un autre volet essentiel du futur accord : La libre circulation des personnes. Bien qu’ils figurent parmi les principaux bénéficiaires de visas Schengen, les Marocains demeurent assujettis à des parcours souvent périlleux, parfois sans issue.
>>Lire aussi: Visas Schengen: plus de rendez-vous possibles pour l'été
Or, l’extension de la coopération au secteur tertiaire devrait induire plus de flexibilité dans ce domaine, aujourd’hui marqué par des restrictions du côté européen. C’est ce que laisse entendre Michael Köhler, directeur général du programme de voisinage Sud. "Qui dit services, dit êtres humains. Si nous avons davantage de libre-échange et d’intégration des marchés dans les services, ils devront aller de pair avec plus de possibilités de déplacement", déclare-t-il à Médias24.
Au sein de la commission européenne, ce thème est au cœur des discussions autour de l’avenir du partenariat avec le Royaume. A Rabat, une réunion de Brainstorming est prévue dans une dizaine de jours. Ce sujet y sera débattu entre les parties européenne et marocaine. Pour le vieux continent, l'enjeu est surtout sécuritaire. Mais "l'Europe ne peut pas avoir un accord de libre-échange couvrant des services avec vous, et ne pas être plus généreuse quand il s'agit de possibilités de voyages", ajoute M. Köhler.
Ce dernier "espère personnellement" la relance des négociations sur l’ALECA. Qu’en est-il du Maroc ?
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