img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

Assises de la fiscalité: les propositions du PPS

A la veille des assises fiscales, le Parti du progrès et du socialisme (PPS) a présenté ses propositions de réforme. 

Assises de la fiscalité: les propositions du PPS
Par
Le 2 mai 2019 à 15h42 | Modifié 10 avril 2021 à 21h07

Dans sa contribution aux assises fiscales, prévues les 3 et 4 mai en cours, le PPS revient sur le diagnostic du système fiscal actuel estimé "injuste et peu productif", en se référant aux différents rapports du CESE, de la Cour des comptes et des recherches universitaires.

Parmi les dysfonctionnements relevés:

 - 62% des 16.000 médecins au Maroc paient moins de 10.000 DH d’IR par an;

- Plus de 5.000 commerçants grossistes versent moins de 5.000 DH d’IR ou d’IS par an;

- 47.000 entreprises du commerce de gros réalisent un chiffre d’affaires annuel de 53 milliards de DH, sans déclarer de résultats;

- 68% des 240.000 entreprises marocaines sont déficitaires ou exonérées;

- 24% (moins de 60.000) sont soumises à l’IS au taux de 10%.

- 10 entreprises paient 25% du montant global de l’IS. Moins de 1% des sociétés génèrent 80% des recettes de l’IS;

- 75% de l’IR est acquitté par les salariés et employés;

- Sur la période 2006 à 2013, les dérogations fiscales ont totalisé 234 milliards de DH, soit 1,3 fois les recettes fiscales prévues en 2014 ou plus de 28% de la richesse produite chaque année. A noter que ce chiffre ne reflète pas toute la réalité, puisque sur les 412 dispositions dérogatoires recensées par l’administration fiscale en 2013, seules 302 ont fait l’objet d’une évaluation qui est parfois discutable. L’Etat ne dispose donc d’aucune visibilité sur l’impact financier des 110 dépenses fiscales non mesurées, mais les maintient en acceptant l’opacité totale.

Pour un système fiscal "équitable et efficace"

Les propositions du PPS vont dans le sens de l’élargissement de l’assiette fiscale (lutte contre l’évasion et la fraude fiscales en plus de l’inclusion fiscale du secteur informel), la rationalisation des dépenses fiscales selon des critères transparents et démocratiquement élaborés, l’instauration de plus de justice fiscale et d’équité fiscales, l’encouragement de l’épargne productive et de l’investissement créateur de richesses et d’emplois, la simplification des taux et des procédures et le renforcement de la souveraineté fiscale.

Ces propositions se déclinent comme suit:

- Elargir l’assiette de l’impôt en réduisant significativement les exclusions du champ d’application et les exonérations, faire en sorte que les dépenses fiscales soient plus simples, plus justes, plus efficaces et moins coûteuses pour le budget général de l’Etat;

- Aligner progressivement les taux d’imposition des revenus non salariaux sur ceux des revenus salariaux;

- Supprimer les systèmes de retenue à la source libératoires à taux réduits;

- Revoir le barème de l’impôt sur le revenu en relevant le seuil de la première tranche d’imposition à 45.000 DH annuellement, en allégeant les taux des tranches intermédiaires, en augmentant ceux des tranches élevées et en créant un taux marginal de 50% pour les très hauts revenus (supérieurs à 2 millions DH par an);

- Systématiser l’examen contradictoire des dépenses non professionnelles des contribuables fortunés lorsqu’elles sont en incohérence avec le revenu global annuel déclaré (application effective des articles 29 et 216 du CGI);

- Accélérer la mise en œuvre du système d’imposition graduelle des revenus agricoles et appliquer le seuil d’imposition de 5 MDH de chiffre d’affaires annuel à l'ensemble des exploitations appartenant au même groupe ou relevant du même centre de décision;

- Introduire dans la fiscalité des entreprises des dispositions de soutien à l'investissement et à la croissance économique: barème progressif de l'impôt sur les sociétés avec un premier seuil à 5% et un taux marginal de 25%, provisions réglementées, exonération des plus-values à long terme, exonération totale dans un premier temps puis partielle après les 5 premières années d'activité des profits réinvestis, amortissements accélérés;

- Mettre en place un dispositif fiscal très incitatif pour les plans d’épargne salariale et les plans d’épargne en actions et réorienter massivement le régime fiscal de l’assurance-vie vers l’épargne longue investie en actions (à coupler avec les fonds de pension);

- Introduire la fiscalité écologique pour accompagner la transition écologique et mettre en œuvre les engagements internationaux  pris par notre pays au niveau de la lutte contre le réchauffement climatique. Faire de la fiscalité le fer de lance d’une politique écologique ambitieuse et volontariste préservant les  ressources du pays et protégeant les intérêts des futures générations;

- Faire de l'inclusion de l'économie informelle et de la lutte contre l'évasion et la fraude fiscales, une priorité absolue: cartographier la fraude au niveau géographique et sectoriel, élaborer une monographie fiscale des techniques de fuite devant l’impôt, renforcer les moyens et les effectifs des services du contrôle fiscal et augmenter les objectifs de recouvrement (10,8 MMDH recouvrés en 2015 suite au contrôle fiscal sur place et sur pièces pour un total de 206 MMDH de recettes fiscales soit 5% environ), mettre en place un plan de lutte ambitieux contre l’économie souterraine, les fausses factures, les ventes sans facture, les déductions abusives, les pratiques de fraude internationale liées aux prix de transfert et aux sociétés offshore domiciliées dans les paradis fiscaux ou bancaires, procéder à un ciblage plus pertinent des contribuables «à risque», qui feront l’objet d’un contrôle fiscal plus méthodique et plus récurrent;

- Ouvrir la réflexion, en coordination avec les instances internationales, au sujet de l’introduction d’une fiscalité sur le commerce électronique appelé à prendre plus d’importance à l‘avenir;

- Elaborer une loi sur les signes extérieurs de la richesse pour dissuader les fraudeurs et ceux qui ont recours aux techniques astucieuses et frauduleuses de l’optimisation fiscale;

- Instaurer un taux de TVA majoré sur les produits dits de luxe en veillant, bien entendu, à en exclure tous ceux qui pourraient favoriser une activité de contrebande;

- Résoudre définitivement la question du boutoir et respecter les règles de la neutralité de la TVA;

- Permettre aux contribuables de bénéficier de crédits d’impôts pour les frais de santé et de scolarité;

- Instaurer une fiscalité sur le patrimoine et un impôt sur la fortune;

- Elargir le champ d’application de la fiscalité locale en identifiant de nouvelles sources de revenus (taxe sur l’électricité, redevance sur les déchets, versement transports, révision du taux de la taxe sur les terrains non bâtis, etc.), moderniser les impôts locaux et rendre leur assiette plus dynamique et plus en phase avec l’évolution du PIB et le développement de la régionalisation;

- Renforcer les droits des contribuables: simplifier les procédures administratives relatives à la déclaration, au recouvrement et au contrôle de l’impôt, fusionner les services de la DGI et de la TGR et créer des guichets fiscaux uniques, revaloriser le statut des vérificateurs, nommer des médiateurs fiscaux régionaux, renforcer la charge de la preuve incombant au fisc, publier la jurisprudence de la Commission nationale du recours fiscal...

- Elaborer un rapport annuel sur les recettes fiscales qui sera porté à la connaissance du Roi et, le cas échéant, fera l’objet d’un débat au Parlement.

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 2 mai 2019 à 15h42

à lire aussi

Fortes chaleurs au Maroc : l’épisode se poursuit du lundi 6 au dimanche 12 juillet, jusqu’à 48 °C
Météo

Article : Fortes chaleurs au Maroc : l’épisode se poursuit du lundi 6 au dimanche 12 juillet, jusqu’à 48 °C

Sous l’effet du chergui et de l’extension de la dépression thermique saharienne vers le centre et le nord du pays, la DGM annonce des journées très chaudes avec des nuits peu rafraîchissantes dans les provinces du Sud, le Sud-Est, les plaines intérieures, le Saïss, Oulmès et l’intérieur du Souss. Une baisse temporaire est attendue à partir de jeudi avant une remontée graduelle des températures au cours de la semaine prochaine.

Importations : le taux de couverture à son plus bas niveau depuis 2018
ECONOMIE

Article : Importations : le taux de couverture à son plus bas niveau depuis 2018

Le Maroc importe des machines pour investir, de l’énergie pour fonctionner et des intrants pour produire. Ces achats-là sont difficiles à comprimer. Mais une autre catégorie avance plus vite, plus silencieusement : les biens déjà prêts à être consommés, des voitures de tourisme aux appareils électroniques. Leur progression depuis 2018 oblige à poser une question plus directe : le déficit commercial vient-il seulement de ce que le pays doit importer, ou aussi de ce qu’il ne fabrique pas encore assez ?

Introduction en bourse de T2S : 1,1 MMDH, modèle économique, ambitions à 2030… ce qu’il faut retenir
Actus

Article : Introduction en bourse de T2S : 1,1 MMDH, modèle économique, ambitions à 2030… ce qu’il faut retenir

T2S Group Holding inaugure la saison 2026 des introductions en bourse à Casablanca avec une opération plafonnée à 1,1 milliard de DH, dont 350 millions de DH d’argent frais pour le groupe et 750 MDH liés à la cession de titres existants. À 223 DH l’action, la medtech marocaine se présente aux investisseurs avec une valorisation de 4,86 MMDH et un plan de croissance qui vise 4,17 MMDH de chiffre d’affaires en 2030. Détails.

Insécurité au Mali : les exportations marocaines vers l'Afrique de l'Ouest sous pression
ECONOMIE

Article : Insécurité au Mali : les exportations marocaines vers l'Afrique de l'Ouest sous pression

Le Mali est l’un des grands pivots discrets du commerce routier marocain vers l’Afrique subsaharienne. C’est par ses routes que transitent des produits frais, du poisson, des légumes, des médicaments ou des équipements de bureau, avant de revenir parfois chargés de mangues, d’ananas ou de cacao. Mais la dégradation sécuritaire au-delà de Bamako oblige désormais les transporteurs à repenser leurs trajets, leurs coûts et leurs risques. Détails.

Heure légale : le décret actant le retour au GMT publié au Bulletin officiel
Quoi de neuf

Article : Heure légale : le décret actant le retour au GMT publié au Bulletin officiel

Le texte fixe au dimanche 20 septembre 2026, à 2 heures du matin, le recul des horloges de 60 minutes. Il abroge le dispositif de 2018 qui avait instauré le GMT+1 permanent, avec exception pendant le mois de Ramadan.

Toujours en grève, les avocats organisent un sit-in ouvert devant le Parlement ce lundi 6 juillet
DROIT

Article : Toujours en grève, les avocats organisent un sit-in ouvert devant le Parlement ce lundi 6 juillet

À l’appel de l’ABAM, bâtonniers, anciens bâtonniers et membres des conseils de l’ordre ont été conviés à Rabat pour maintenir la pression contre le projet de loi n° 66.23, adopté en deuxième lecture par la commission de la justice.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité