Aéroport Mohammed V: l’ONDA promet aux passagers des améliorations en juin
En plus des grèves du zèle des bagagistes qui viennent de prendre fin, les passagers à l'aéroport Mohammed V se plaignent d’un parcours et d’une signalétique inadaptés qui leur font perdre beaucoup de temps. Sans nier cette réalité, Zouhair Mohamed El Oufir, apporte ses explications et promet la fin des longues attentes lorsque la RAM terminera, en juin prochain, son installation au Terminal 1.
Sans vouloir jeter l’anathème sur la gestion de l’ONDA, l’ensemble des passagers (Marocains ou pas) de l'aéroport Mohammed V sont habitués à patienter : A ses 2 seules entrées extérieures, aux filtres fouille et passeport, à l’enregistrement ou à la livraison de leurs bagages, et enfin à la sortie de l’aéroport.
Si les mesures de sécurité peuvent légitimer la longueur des procédures de contrôle, il n’en est pas de même des interminables files à supporter pour s’enregistrer soi ou ses bagages et les récupérer.
En ce début de haute saison, le dernier mouvement de grève des bagagistes a mis à nu les lacunes de la gestion du plus grand aéroport du Royaume qui suscite la colère de ses utilisateurs.
Joint par Médias24, Zouhair Mohamed El Oufir, DG de l’ONDA, a d’abord précisé que la grève était finie et qu’il n’y avait plus d’attente supplémentaire ou de bagages en souffrance dans les aéroports.
Une signalétique insuffisante mais aucun vol manqué à déplorer
Cela ne l’a cependant pas empêché de reconnaître que la gestion de l’aéroport casablancais, qui est censé être la vitrine aéroportuaire du pays, connait des dysfonctionnements qui sont, selon lui, « juste temporaires ».
«Sachant que cet aéroport dispose de 2 grands terminaux (T1 et T2), il y a une porte d’accès extérieure pour chacun d’entre eux mais contrairement à ce qui se dit, elles sont largement suffisantes pour traiter le nombre de passagers en partance et sont toutes deux ouvertes en permanence.
« Depuis l’ouverture récente du T1, les deux terminaux sont connectés par une voie d’accès mais je reconnais qu’il y a un effort à faire au niveau de la signalétique car certaines personnes se perdent.
« C’est une situation provisoire qui prendra fin en juin prochain lorsque tous les vols de la RAM auront déménagé au T1 et les comptoirs des autres compagnies aériennes seront installées au T2.
« Le problème actuel qui impacte la fluidité du parcours du voyageur se situe simplement au niveau de son identification. Aujourd’hui, nous sommes encore dans une phase transitoire avec des passagers qui confondent les deux terminaux et se perdent entre T1 et T2.
« Sachant qu’en juin prochain, la RAM aura totalement pris possession du T1, les gens ne feront plus l’erreur de confondre les deux terminaux. En effet, à cette date, le chemin et les accès aux avions seront améliorés avec de nouveaux panneaux et des helpers (personnel pour aider les gens perdus).
« Si le manque de signalétique peut, en effet, occasionner des désagréments, il n’en demeure pas moins qu’à fin mars dernier il n’y a eu aucun vol raté par les 2,5 millions de passagers de l’aéroport », se félicite le directeur qui tient à faire valoir « un taux de missed connecting flight » proche de zéro.
Une attente qui s'explique par la période de fort trafic aérien
Selon lui, les désagréments vécus par certains passagers s’expliquent aussi par la période particulière de flux tendus que traverse l’aéroport casablancais :
« Le mois d’avril est une période de fort trafic aérien qui correspond au début de la haute saison et comme il précède le ramadan (basse saison), les gens voyagent beaucoup plus avant le calme de mai.
« Tous les aéroports et en particulier celui de Casablanca font face à une forte affluence et les temps d’attente (1 à 3 heures) sont de facto plus importants mais l’essentiel est de ne pas manquer son vol.
« Contrairement à ce qui a été affirmé par un de vos confrères, nous ne travaillons pas en silo et il n’y a pas de rétention d’informations entre les différents services qui travaillent pour un aéroport.
« Pour mieux gérer les situations d’attente, nous avons un outil informatique qui modélise les créneaux horaires les plus fréquentés (super-pointes) dont nous partageons les résultats chaque soir avec tous nos partenaires (compagnies aériennes, douanes, sociétés de handling …) », précise le DG.
L’ONDA n’est pas opposé à la privatisation de la gestion des aéroports du Maroc
A la question que se posent de nombreux passagers sur une éventuelle privatisation des aéroports du Maroc pour améliorer la qualité des services, notre interlocuteur affirme ne pas y être opposé.
« Stratégiquement parlant, l’Etat doit, bien évidemment, garder ses missions de contrôle (policier, douanier…) mais l’ONDA n’a aucun dogme sur la privatisation des services d’exploitation et gestion.
« A ce propos, nous avons plusieurs projets de partenariat-public-privé relatifs à la gestion des aéroports du Royaume.
« Toute création de valeur est la bienvenue mais le plus important est de ne pas brader nos actifs.
« Pour illustrer ma pensée, il faut citer l’aéroport de Marrakech dont la valeur cessible, après la récente rénovation et un terminal équipé de food-court est passée de 80 à 250 millions de dirhams.
« Ainsi, en cas de vente des actifs commerciaux, la différence (170 MDH) ira dans les caisses de l’Etat », conclut El Oufir qui se dit prêt à soutenir toute initiative améliorant la qualité des services.
Il reste à espérer que les promesses de fluidité du parcours aéroportuaire seront tenues sachant que juin correspond au début du rush et que l’ouverture du T1 devait justement désengorger le trafic aérien et offrir par la même occasion un meilleur service aux utilisateurs de l’aéroport Mohammed V.
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