Reportage. Avec le collectif #Masaktach contre le harcèlement des femmes dans la rue
Le collectif #Masaktach a distribué aux femmes, ce week-end du 10 novembre, des sifflets en les appelant à les utiliser en cas de harcèlement. L'opération s'est déroulée dans quelques grandes villes. Médias24 a accompagné des membres du collectif à Casablanca.
#Ila_dsser_seffri". "Si on vous harcèle, sifflez! ". C'est le message que les membres du collectif #Masaktach avaient relayé sur les réseaux sociaux avant d'envahir les rues marocaines ce week-end du 10 novembre pour sensibiliser contre le harcèlement. Le collectif #Masaktach appelle les femmes à se munir de sifflets et ne pas hésiter à les utliser si elles sont victimes de harcèlement dans l'espace public.
A Rabat, Marrakech ou Casablanca, c'était la grande mobilisation.
Médias24 a accompagné un des groupes de militants engagés dans le mouvement, des femmes et d'hommes d'horizons, d’âges et de parcours différents, dans leur action collective contre le harcèlement. T-shirts estampillés "Masaktach", sifflets par centaines, et extraits imprimés du texte de loi contre le harcèlement (arabe et français), les membres ont distribué, sensibilisé et discuté avec femmes et hommes rencontrés des les rues casablancaises au gré de leurs tournées.
Pourquoi le sifflet ?
Le sifflet est d'abord pour la symbolique. Les femmes du collectif souhaitent, à travers cette initiative, attirer l'attention de l’opinion publique. Selon Leila Slassi, avocate d’affaires et co-fondatrice du collectif, le fléau est installé et beaucoup trouvent normal qu’une femme se fasse harceler dans la rue.
En rebondissant sur la publication du texte de loi contre le harcèlement, les militants du collectif souhaitent faire comprendre à toutes les Marocaines qu’il est de leur droit de dénoncer ce genre de comportement si elles ont à en être victimes.
Mais ce n'est pas tout. Selon Wassila Slassi, co-fondatrice du collectif #Masaktach, au moment où les femmes se font aborder de manière gênante par des inconnus, elles sont tétanisées. Elles ne sont donc pas capable de hurler ni de déclencher un quelconque échange verbal. « La réaction prend du temps, le sifflet constitue donc une bonne alternative » indique-t-elle.
Un avis que partage Mouhcine Benyachou, psychiatre marocain. "Au moment de l’agression sexuelle, la femme se retrouve dans un état appelé « le silence ». Elle se sent soumise et vulnérable. Elle devient muette. Distribuer des sifflets est certes symbolique, mais répond à un besoin réel » explique le psychiatre.
Plus qu’un symbole, le sifflet deviendra peut-être un moyen efficace d'appeler à l'aide en cas de harcèlement ou d'agression.
Le collectif #Masaktach
Le collectif a démarré au début avec le hashtag #Lamjarrad_Out, pour appeler les radios marocaines à cesser la diffusion des chansons interprétées par Saâd Lamjarrad.
Ensuite, les camarades de Leïla Slassi ont enchaîné avec le hashtag #justice_pour_khadija. Le collectif a soutenu la jeune Khadija, jeune fille enlevée, séquestrée et tatouée à Oulad Ayad, depuis le premier jour.
12 femmes constituent actuellement le collectif.
Avec l’initiative « Si on vous harcèle, sifflez » #Ila_dsser_seffri, le mouvement est plus connu.
Pour rappel, le harcèlement est désomais punissable par la loi. L’article 503-1-1 dispose : “Est coupable de harcèlement sexuel et est puni d’un emprisonnement d’un mois à six mois et d’une amende de 2.000 à 10.000 DH ou de l’une de ces peines, quiconque persiste à harceler autrui dans les cas suivants:
"- dans les espaces publics ou autres, par des agissements, des paroles, des gestes à caractère sexuel ou à des fins sexuelles;
- par des messages écrits, téléphoniques ou électroniques, des enregistrements ou des images à caractère sexuel ou à des fins sexuelles.
"La peine est portée au double si l’auteur est collègue de travail ou une personne en charge du maintien de l’ordre et de la sécurité dans les espaces publics ou autres.”
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