Casablanca: des bidonvillois dénoncent l'absence d'accompagnement après la démolition de leurs baraques
A Ain Sebaâ, d'anciens occupants des bidonvilles rasés en septembre dernier ont manifesté dimanche 28 octobre pour dénoncer leur mise à la rue, d'autant plus difficile à supporter vu des conditions climatiques actuelles. Le problème réside dans la phase transitoire entre la démolition des baraques et la fin des travaux de construction des lots de terrain octroyés. Phase qui n'est pas prise en charge par l'Etat. Le gouvernement le reconnait et propose d'instaurer un accompagnement.
A Casablanca, Aïn Sebaâ est toujours le théâtre de manifestations des bidonvillois. Dimanche 28 octobre, une quinzaine de familles qui habitaient les bidonvilles de Douar Hsibou et Douar Jdid ont protesté en début d’après-midi contre leur mise à la rue et exprimé leur souffrance à vivre cette expérience dans les conditions climatiques actuelles.
Jusqu’à aujourd’hui, quatre bidonvilles à Ain Sebaâ ont été rasés dans le cadre du programme de relogement des quartiers insalubres, dont Douar Hsibou et Douar Jdid qui comptaient 610 baraques abritant environ 870 ménages.
Une quinzaine de ménages parmi les 870, n’ayant pas où loger, occupent toujours une partie de l’espace à proximité du boulevard Hoummane El Fetouaki et refusent de quitter les lieux.
Ils dénoncent l’absence d'alternative d'habitat durant la phase entre la démolition des baraques et l’installation sur le nouveau site.
En fait, le gouvernement avoue indirectement sa mauvaise gestion de cette phase transitoire.
Dans le cadre du projet de feuille de route de la stratégie de relance de l’habitat, révélé le 24 octobre 2018, il propose d’améliorer et d’accroître la performance des programmes de résorption en général. Plus précisément, la stratégie de relance propose de prévoir un accompagnement social des ménages entre la démolition des baraques et l'installation sur le nouveau site, et de mettre en place un traitement particulier pour les personnes à besoins spécifiques (seuil de pauvreté, handicap, vieillesse...).
Ce qui veut dire qu'actuellement, aucune mesure n'est prévue pour soutenir les ménages vulnérables jusqu'au transfert vers leurs nouveaux logements.
Rappelons que le programme de relogement des bidonvilles de Ain Sebaâ prévoit deux options pour les habitants:
- Un logement social par ménage (moyennant 100.000 DH) à Chellalate (Ain Harrouda-Mohammadia).
- Un terrain de 84 m² (moyennant 20.000 DH de frais d’enregistrement) pour deux ménages à Sidi Hajjaj.
C'est cette deuxième option qui est privilégiée par les ménages bénéficiaires. Or elle implique un délai pour la construction.
Concrètement, un promoteur construit un bâtiment de trois niveaux. Les deux familles relogées deviennent gratuitement propriétaires d'un étage chacune. Le reste constitue la rémunération du promoteur.
Les travaux de construction durent entre 6 et 12 mois. Ils ne peuvent être entamés que quand les familles reçoivent le titre de propriété du foncier, soit une fois leurs baraques démolies. Les ménages qui optent pour cette option sont donc contraints de trouver une alternative d'habitat pendant cette période.
Avant, dans le cadre du programme VSB, les autorités donnaient aux familles l'accès au foncier avant l’opération de démolition. Cette mise à disposition précoce a été arrêtée car des bénéficiaires refusaient de quitter les bidonvilles même après la fin des travaux de construction de leurs nouveaux logements.
Le recensement pose aussi problème
A ce problème de période transitoire s'ajoute celui du recensement des ménages bénéficiaires.
Les quartiers insalubres Douar Hsibou et Douar Jdid comptent 610 baraques, abritant 870 ménages selon un recensement effectué en 2010.
Lors de la démolition, les autorités se sont retrouvées avec un nombre de ménages et de baraques bien supérieur.
"Nous rencontrons toujours ce problème. Les habitants s’arrangent pour augmenter le nombre de baraques afin de profiter doublement du programme de recasement", explique Karim Gbaili, membre du Conseil de la ville de Casablanca.
Le projet de la stratégie de relance de l’habitat reconnaît également l’existence d’un dysfonctionnement au niveau du système de contrôle du nombre de ménages et de l’établissement des listes des bénéficiaires.
Le plan de relance propose ainsi d’améliorer la gouvernance des programmes et des opérations de transfert relatives au programmes de relogement.
>>Lire aussi : Huit questions-réponses pour comprendre l'affaire de démolition de bidonvilles à Casablanca
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