Le déficit budgétaire pourrait atteindre 3,8% du PIB en 2018
Le ministère des Finances a actualisé ses prévisions de clôture de l’année budgétaire 2018. Le déficit budgétaire prévu est de 43 MMDH, soit 3,8% du PIB si la trajectoire actuelle est maintenue, contre une prévision initiale de 3%. Le ministère dit qu’une veille active sera mise en place pour atténuer cette aggravation et se rapprocher de l’objectif des 3%.
Le comité de la conjoncture financière a procédé à une actualisation préliminaire des prévisions du Budget au titre de la loi de finances 2018 sur la base des évolutions observées à fin juin et celles attendues au deuxième semestre.
Cette actualisation a été publiée dans le rapport préalable au Budget accompagnant le projet de loi de finances 2019.
Il en ressort une aggravation attendue du déficit budgétaire de 9,7 MMDH. Soit 43 MMDH ou 3,8% du PIB contre une prévision initiale de 33,4 MMDH ou 3% du PIB.
L’actualisation, confortée par les réalisations à fin juillet, retient quelques principales hypothèses :
- Baisse de 3 MMDH des recettes fiscales, attribuable principalement à un recul de l’IS (2,9 MMDH). Les évolutions des autres recettes fiscales devraient se compenser.
- Baisse de 2 MMDH des recettes non fiscales en raison, principalement, du retrait à 4,8 MMDH des dons devant être mobilisés auprès du CCG, contre une prévision initiale de 7 MMDH.
- Hausse de 2,3 MMDH des dépenses ordinaires : augmentation des charges de compensation de 3,2 MMDH (renchérissement du gaz butane) et baisse de 800 MDH des dépenses de personnel.
- Hausse de 2,4 MMDH des émissions au titre des dépenses d’investissement. L’hypothèse retenue est un taux d’émission de 73% du Budget prévu contre 70% initialement.
Compte tenu de cette actualisation, le ministère des Finances annonce la mise en place d’une veille active dans l’objectif de prendre les mesures nécessaires afin de faire converger le déficit de clôture vers celui prévu initialement (3% du PIB).
Forte pression sur les finances publiques
Cette situation montre clairement la pression actuelle sur les finances publiques. D’ailleurs, le gouvernement prévoit un déficit budgétaire de 3,7% du PIB pour l’année 2019 ; déficit qui peut atteindre 5,3% sans certaines mesures décidées: hausse des recettes de l’IS suite au relèvement du taux marginal à 32%, relèvement des produits des participations de l’Etat dans les EEP…
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A 3,7% du PIB en 2019, l’Exécutif n’espère donc que maintenir le déficit à son niveau actualisé pour l’année 2018. Au vu de l’orientation sociale du PLF 2019 et des marges de manœuvre budgétaires limitées, il est difficile de faire mieux.
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Le gouvernement garde toutefois comme objectif de ramener le déficit à 3% à l’horizon 2021, dans le cadre de la programmation budgétaire triennale (Loi organique des finances). Il a tout intérêt à fournir les efforts nécessaires pour atteindre cette cible sachant que l’une des trois agences de notation internationales, S&P Global Ratings, a déjà révisé la perspective de la note souveraine du Maroc de «stable» à «négative». Autrement dit, le Maroc risque de perdre son investment grade dans les 24 prochains mois.
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