Les salaires réels baissent dans le secteur privé à cause d’une inflation qui repart à la hausse
Bank-Al Maghrib a publié, comme chaque trimestre, des données intéressantes sur l’évolution des salaires dans le secteur privé. Ces évolutions sont calculées en termes nominaux et réels, c’est-à-dire en tenant compte de l’inflation. Voici les détails.
Au deuxième trimestre de l’année en cours, l’indice des salaires moyens, calculé sur la base des données de la CNSS, a augmenté de 1,3% par rapport à la même période en 2017. Il y a eu un ralentissement car la croissance au deuxième trimestre 2017 était de 1,9%.
Toutefois, en tenant compte de l’inflation, l’indice des salaires moyens (en termes réels) a enregistré un recul de 1,3% au deuxième trimestre 2018 par rapport à la même période de l’année dernière, contre un accroissement de 1,5% au deuxième trimestre 2017.
Cette baisse s’explique à la fois par le ralentissement de l’évolution des salaires en termes nominaux et l’accélération de l’inflation.
Pour rappel, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 2,2% en glissement annuel au cours des huit premiers mois de l’année, contre 0,6% à la même période de l’année dernière.
Notons que le salaire moyen déclaré à la CNSS est de 5.120 DH par mois en 2017, en légère amélioration de 1,7% par rapport à 2016.
Le salaire médian, niveau qui divise en deux la population des salariés déclarés, est de 2.712 DH.
39% des salariés touchent moins que le SMIG mensuel (près de 2.570 DH) et les trois quarts perçoivent moins de 4.000 DH.
>>Lire aussi: Plus des trois quarts des salariés du privé perçoivent moins de 4.000 DH par mois
L’écart des salaires entre le secteur privé et public (7.600 DH en moyenne) est parmi les plus élevés du Moyen-Orient.
>>Lire aussi: L’écart de salaire entre public et privé au Maroc est parmi les plus élevés de la région Moyen-Orient et Asie Centrale
La baisse du salaire réel est plus importante pour les personnes percevant le SMIG qui est de 13,46 DH/heure. Si ce niveau est resté inchangé en termes nominaux, il a baissé en termes réels de 2,5% au deuxième trimestre 2018 par rapport à la même période en 2017. Et ce, compte tenu d’une inflation de 2,6%.
Le SMIG réel devrait encore baisser au troisième trimestre, de l’ordre de 2%, selon les projections de la Banque centrale.
Notons que la dernière augmentation du SMIG date de 2015. Elle avait été décidée en 2014 (augmentation de 10% appliquée en deux temps). Depuis 1994, le SMIG a été augmenté dix fois.
Aujourd’hui, le gouvernement propose une augmentation des salaires pour une certaine catégorie de fonctionnaires, mais rien pour les salariés du privé.
Les syndicats exigent, eux, une augmentation générale des salaires. Aucun accord n’a été trouvé le 1er mai dans le cadre du dialogue social, censé reprendre ce mois-ci, à la veille de la présentation du projet de loi de finances 2019.
>>Lire aussi: Dialogue social: Les parties se donnent jusqu'à septembre pour trouver un accord
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