Reportage. Le centre d’oncologie d’Al Hoceima monte enfin en régime
Inauguré en 2008, le centre régional d’oncologie d’Al Hoceima était opérationnel mais souffrait d’un manque d’équipements. La situation s’est rétablie l’année dernière et les responsables du centre affirment que le nombre de nouveaux cas admis doublera en 2018 rapport à 2017. Médias24 a effectué une visite inopinée sur place. Voici ce que nous avons constaté.
Mardi 25 septembre à 10h30 du matin. En marge d’un événement organisé à Al Hoceima sur les routes, nous nous présentons sans rendez-vous au Centre régional d’oncologie pour une visite des lieux.
Réaction attendue des responsables: il faut l’aval du ministère de la Santé. Après un appel téléphonique, le département d’Anas Doukkali donne le feu vert.
A l’entrée du centre, des patients arrivent, d’autres sont assis dans la salle d’attente, le temps que ceux qui les ont précédés finissent leurs séances de chimiothérapie ou de radiothérapie. Les locaux sont propres, le personnel médical semble organisé et travaille dans le calme.
Première étape de la visite, la salle de l’accélérateur avec source de cobalt pour la radiothérapie. Cet équipement, disponible depuis l’ouverture du centre, avait été en panne pendant une certaine période à cause d’une pièce à changer. Chose faite en 2017, et le matériel fonctionne normalement aujourd’hui.
(Accélérateur avec source de cobalt pour la radiothérapie)
L’année dernière, plus de 1.860 séances de radiothérapie ont été réalisées contre 1.416 en 2016.
Deuxième étape, la salle du scanner dosimétrique 3D qui sert à délimiter avec précision la tumeur à traiter par radiothérapie afin de ne pas endommager les tissus sains qui peuvent à leur tour devenir cancérigènes.
(Scanner dosimétrique 3D)
Cet équipement est nouveau. Il a été acquis en juillet 2017. Avant, le centre ne disposait que d’un scanner 2D et donc renvoyait les patients atteints de cancers complexes vers d’autres hôpitaux, notamment le CHU d’Oujda. Aujourd’hui, le centre peut traiter tous les cas qu’il reçoit.
(Ancien scanner 2D)
Troisième étape, la salle de chimiothérapie et ses dépendances pour la préparation des traitements. Elle dispose de plusieurs lits équipés permettant de réaliser les séances de chimio. Nous n’avons pas voulu photographier la salle qui accueillait plusieurs patients.
En 2017, près de 2.590 séances de chimio ont été réalisées par le centre, un chiffre relativement stable au cours des trois dernières années.
Notons que le coût de la séance de radiothérapie est de 500 DH, celui de la séance de chimio est de 250 DH. Ce coût est totalement à la charge du centre si le patient détient la carte RAMED. Pour les assurés de l’AMO, c’est la CNSS ou la CNOPS qui prennent en charge les séances.
Quatrième étape de la visite, la salle de réanimation utilisée en cas de complication et qui a été entièrement rénovée l’année dernière avec du matériel neuf.
(Salle de réanimation)
Cinquième et dernière étape, la salle de chirurgie pour les petites interventions qui peuvent être nécessaires dans certains cas. Elle a également été enrichie par du matériel neuf en 2017 et est aujourd’hui entièrement fonctionnelle.
(Salle de chirurgie)
Un staff de 33 personnes dont un personnel médical de 25 personnes
Le Centre d’oncologie d’Al Hoceima est aujourd’hui totalement opérationnel. Pour rappel, lors de l’éclatement du Hirak du Rif, cet établissement avait fait couler beaucoup d’encre. Les manifestants réclamaient un centre d’oncologie alors qu’il existait depuis 2008.
Le wali de la région, Mohamed Yacoubi, avait également inscrit le centre dans la liste des projets à venir pour développer la province d’Al Hoceima, ce qui avait alimenté la confusion.
Et pour ne rien arranger, le président de la région, Ilyas El Omari, avait pointé du doigt le ministère de la Santé pour défaillance dans l’achat du matériel.
>>Lire aussi: Exclusif. Al Hoceima: les vérités de Louardi
En fait, le centre était opérationnel depuis 2008 mais souffrait d’un manque d’équipement dû à un blocage administratif en matière de financement (transfert de la part à la charge de la région vers le ministère de la Santé).
Quoi qu’il en soit, le centre est actuellement entièrement équipé. Il compte un staff de 33 personnes dont :
- 4 oncologues,
- 6 radiothérapeutes,
- 2 médecins généralistes,
- 7 infirmières polyvalentes,
- 6 techniciens de radiologie
- En plus du personnel administratif.
La capacité litière du centre est de 32 lits, mais il peut traiter jusqu’à 80 patients par jour (entre contrôles, séances de traitement, consultations…).
En plus des 1.860 séances de radiothérapie et des 2.590 séances de chimio réalisées en 2017, le centre a réalisé 1.312 consultations de radiothérapie (contre 891 en 2016- et 5.379 consultations de chimiothérapie (contre 5.275). Les admissions en hôpital de jour ont atteint 2.587 contre 1.538 en 2016.
Le nombre des nouveaux cas cancéreux admis est de 312 en 2017 contre 273 en 2016. Ces cas proviennent essentiellement d’Al Hoceima (67%), Driouch (13%) et de Nador (12).
Selon les responsables interrogés, grâce aux nouveaux aménagements et équipements, le centre accueille beaucoup plus de patients et connaîtra un doublement du nombre de nouveaux cas admis cette année.
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