img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
NATION

Un discours du Trône très attendu, probablement prononcé à Al Hoceima

A l’heure où nous mettions en ligne, tout indiquait que le discours du Trône serait prononcé à Al Hoceima, ce dimanche 29 juillet. Les festivités et activités de la Fête du Trône auront lieu les lundis et mardi à Tanger.

Un discours du Trône très attendu, probablement prononcé à Al Hoceima
R. B.
Le 28 juillet 2018 à 16h09 | Modifié 11 avril 2021 à 2h48

Sauf changement de dernière minute, le discours du Trône devrait être prononcé à Al Hoceima où séjourne le Souverain depuis le 23 juillet. Le discours sera retransmis sur les ondes, le dimanche 29 juillet à 21H30.

Les activités liées à la Fête du Trône auront probablement lieu à Tanger, les lundi et mardi suivants, 30 et 31 juillet.

Le discours du Trône est un événement très attendu chaque année. Cette année, l’attente est beaucoup plus forte et le contenu du discours fait l’objet d’innombrables spéculations.

Ces spéculations sont de tout ordre et vont jusqu’à prévoir des décisions «sismiques», telles qu’un changement de gouvernement.

Il est cependant rare qu’un discours du Trône annonce des décisions.

Il s’agit le plus souvent d’orientations, et surtout de bilans.

Le premier discours du Trône, prononcé le 30 juillet 1999, annonçait les grandes orientations et les grandes valeurs que défendra ce règne du Roi Mohammed VI: démocratie et multipartisme, libéralisme économique, régionalisation, Etat de droit, sécurité et stabilité, rôle d’arbitre pour le Roi, Sahara, développement, enseignement, lutte contre la pauvreté. En quelque sorte, le programme du règne. Et il préfigurait d’une partie de ce qui allait suivre: lutte contre la pauvreté, Sahara, réforme de l’enseignement, instance équité et réconciliation…

Pendant les trois années suivantes, ce fut un discours bilan, qui dresse un constat des réalisations et annonce des perspectives ou des directions. En 2003, Mohammed VI a dérogé à cette règle et pour cause: les attentats terroristes du 16 mai 2003 à Casablanca.

Le discours sera donc consacré à cette question: terrorisme, usage de l’islam, champ religieux… Il sera suivi au mois d’avril suivant, d’un discours au sujet de la restructuration du champ religieux.

Ce 30 juillet 2003, le Roi rappelle avec fermeté, le refus du terrorisme et de toute exploitation de la religion; refus également du «takfir»; attachement à l’unité du rite de la nation (le malékisme). Il rappelle que la question de la relation entre l’Etat et la religion a été tranchée par la Constitution, «aucun parti ou groupe ne peut s’ériger en porte-parole ou en tuteur de l’Islam». Il note également «qu’Islam et modernité se complètent».

En 2011, le discours du Roi suivait de près l’adoption de la nouvelle Constitution dans un contexte de "printemps" arabes. Le Roi explique alors sa portée et annonce le calendrier politique des mois suivants.

L’année suivante 2012, coïncidait avec l’avènement d’un gouvernement élu en vertu des nouvelles dispositions constitutionnelles. Ce fut donc un discours d’orientation, notamment pour ce qui concerne les orientations stratégiques. Comme dans la plupart des discours du Trône, la lutte contre la pauvreté ainsi que l’enseignement y occupaient une place importante. Le nouveau gouvernement ne semble pas avoir tout entendu, puisque les directives concernant l’importance stratégique du tourisme n’ont pas été appliquées. Ni celles concernant l’enseignement.

En 2013, retour au discours bilan, avec une annonce importante: oui à la levée de l’exonération fiscale au profit des agriculteurs, mais les petites exploitations resteront, elles, exonérées.

Le discours du capital immatériel («où se trouve la richesse?») a été prononcé en 2014.

Une initiative pour le développement des zones précaires, dans le monde rural, dans les zones montagneuses ainsi que dans les quartiers périphériques des grandes villes, a été annoncée par le Souverain dans le discours du Trône de 2015. Parmi les zones citées, «les régions éloignées et enclavées, surtout sur les sommets de l'Atlas et du Rif, les zones sahariennes arides et les oasis, ainsi que certains villages dans les plaines et sur les côtes».

«Plus de 29 mille douars, dans 1.272 communes, souffrant d'un tel déficit [ont été répertoriés]. Les régions et les domaines concernés ont été répertoriés par ordre de priorité. De même qu'ont été examinés environ 20.800 projets, dédiés à plus de 12 millions de citoyens, vivant dans plus de 24 mille douars, avec un budget global de 50 milliards de DH environ». Une mise à niveau de tous ces douars a été planifiée, dans les domaines de la santé, de l’infrastructure et de l’enseignement.

Cette étude a porté sur toutes les régions du Royaume. Elle a permis d'identifier plus de 29 mille Douars, dans 1.272 communes, souffrant d'un tel déficit. Les régions et les domaines concernés ont été répertoriés par ordre de priorité.

De même qu'ont été examinés environ 20.800 projets, dédiés à plus de 12 millions de citoyens, vivant dans plus de 24 mille Douars, avec un budget global de 50 milliards de dirhams environ.

Afin de garantir le succès d'un chantier social aussi ambitieux, le gouvernement était invité à établir un plan d'action intégré, fondé sur le partenariat entre les différents départements ministériels et les institutions concernées, en vue de trouver les moyens de financement des projets et de définir un échéancier précis pour leur mise en œuvre.

Dans le même discours, le Roi a tancé les consuls et insisté sur la réforme de l’enseignement. L’enseignement et la lutte contre la pauvreté sont statistiquement les deux dossiers qui sont revenus le plus souvent dans le discours du Trône.

En 2015 donc, le Roi a rappelé l’importance des langues étrangères ainsi que les cursus de formation qui développe l’esprit critique qui permette aux élèves d’accéder au marché du travail. L’introduction des langues étrangères dans l’enseignement public a fait l’objet tout au long du mandat du précédent gouvernement, d’une résistance sourde et permanente.

Après 2016 où il est revenu à l’exercice du bilan, sans s’attarder sur les thèmes de conjoncture, le Roi a introduit par son discours du Trône en 2017, la notion de reddition des comptes. Le discours n’a pas été consacré à Al Hoceima, mais son contenu était clairement né des événements d’Al Hoceima.

Cette année, le discours du Trône est attendu dans un contexte de recherche d’un nouveau modèle de développement et après un boycott qui reflète un malaise social et économique indéniable. Il en va de même sur le plan politique, où tous les partis ou presque sont ravagés ou en reconstruction.

Dans cette période d’attentisme, la parole du Roi est très attendue.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
R. B.
Le 28 juillet 2018 à 16h09

à lire aussi

Le Canada reconnaît le plan d’autonomie proposé par le Maroc comme base pour une solution du différend régional autour du Sahara marocain
DIPLOMATIE

Article : Le Canada reconnaît le plan d’autonomie proposé par le Maroc comme base pour une solution du différend régional autour du Sahara marocain

Le Canada "reconnaît le plan d’autonomie" proposé par le Maroc "comme base pour une solution mutuellement acceptable" au différend régional autour du Sahara marocain.

Secteur privé. Le grand manque à gagner pour l’économie marocaine (Banque mondiale)
ECONOMIE

Article : Secteur privé. Le grand manque à gagner pour l’économie marocaine (Banque mondiale)

La Banque mondiale accorde une large place au secteur privé dans son rapport croissance-emploi sur le Maroc. Si le Royaume a su préserver une stabilité macroéconomique et maintenir un niveau d’investissement élevé sur les deux dernières décennies, cette dynamique ne se traduit pas suffisamment en productivité, en emploi formel durable et en revenus privés.

Chatbot Médias24. La Banque mondiale publie son diagnostic du secteur privé au Maroc
Chatbots de Médias24

Article : Chatbot Médias24. La Banque mondiale publie son diagnostic du secteur privé au Maroc

Le rapport "Diagnostic-pays du secteur privé", élaboré par le Groupe de la Banque mondiale et publié ce mardi 28 avril 2026, vise à identifier les opportunités d’investissement privé inexploitées ainsi que les obstacles connexes. Il analyse les moyens de stimuler l'investissement privé au Maroc pour favoriser une croissance inclusive et créer des emplois de meilleure qualité. Explorez le document via ce chatbot.

Hydrocarbures au Maroc. Et si l'on cherchait au mauvais endroit ?
Energie

Article : Hydrocarbures au Maroc. Et si l'on cherchait au mauvais endroit ?

Et si le Maroc était à l'aube de son "moment norvégien" ? Une étude scientifique récente plaide pour un changement de paradigme des cibles d’exploration offshore au Maroc et révèle que les ressources les plus importantes pourraient se cacher dans des cibles négligées jusqu'alors. Un pari à tenter ?

Christopher Landau à Alger : le Sahara marocain au cœur des échanges, sur fond de soutien croissant à l’autonomie
DIPLOMATIE

Article : Christopher Landau à Alger : le Sahara marocain au cœur des échanges, sur fond de soutien croissant à l’autonomie

La visite du secrétaire d’État adjoint américain Christopher Landau à Alger intervient dans un contexte de consolidation des soutiens internationaux à la souveraineté du Maroc sur le Sahara, alors que Washington maintient sa position en faveur de l’initiative marocaine d’autonomie.

Enseignement supérieur. La promesse d’une hausse de 1.000 DH nets remise en cause ?
EDUCATION

Article : Enseignement supérieur. La promesse d’une hausse de 1.000 DH nets remise en cause ?

La revalorisation salariale de 1.000 DH annoncée dans l’enseignement supérieur suscite de vives tensions avec les syndicats. Les modalités de calcul de cette augmentation sont jugées inéquitables et engendrent des disparités importantes entre les fonctionnaires.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité