img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

Energies renouvelables: La loi 13-09 sera amendée

De source sûre, Médias24 apprend qu'un amendement de la loi 13-09 est envisagé. L'objectif est de réorienter le cadre règlementaire de production d’énergie renouvelable. Si le Masen estime prioritaire le développement d’une filière industrielle, les professionnels du secteur affichent pour leur part un certain scepticisme.

Energies renouvelables: La loi 13-09 sera amendée
Zakaria Boulahya
Le 12 mars 2018 à 19h15 | Modifié 11 avril 2021 à 2h45

Les acteurs du secteur seront probablement invités fin mars 2018, à discuter des différentes propositions visant à opérer une refonte de la loi 13-09, apprend Médias24 de source sûre.
Pour rappel, la loi 13-09 autorise la production d’électricité, d’origine renouvelable, par des producteurs publics mais aussi privés, ainsi que la possibilité de revendre l’énergie produite à un groupement de consommateurs – voire à l’ONEE s’il y a excédent de production.

Son périmètre d’application comprend la haute, moyenne, ainsi que la basse tension depuis son amendement par la loi 58-15. Un amendement qui visait notamment "le développement de la filière industrielle de petites et moyennes installations, notamment pour le photovoltaïque et la création de l’emploi dans le secteur des énergies renouvelables’’ peut-on lire dans le texte de loi.

Lors d’une rencontre avec la presse qui s’est tenue il y a quelques semaines, le président du Masen, Mustapha Bakkoury, s’était prononcé en faveur de l’émergence d’une industrie renouvelable 100% made in Morocco, avec une série de mesures incitatives et un accompagnement des professionnels. Sauf que ces derniers ne partagent pas actuellement cet enthousiasme…

‘’Nous avons appris que des discussions étaient en cours en vue d’un possible amendement de la loi 13-09. Mais à ce jour, aucune partie ne nous a sollicités,’’ regrette Khalid Semmaoui, président de l’Amisole (Association marocaine des industries solaires et éoliennes).

Association professionnelle de référence dans le secteur, l’Amisole – créée il y a plus de 30 ans déjà, regroupe une centaine d’opérateurs, majoritairement des PME. Son président fustige la complexité et la lourdeur des procédures encadrant la production d’énergie de source renouvelable.

Complexité et lourdeurs administratives

‘’Nous avons rencontré le ministre de l’Energie et des Mines en janvier 2018, afin de soumettre les doléances du secteur. Rabbah s’est montré très attentif, et a donné des instructions à ses équipes en vue d’organiser - fin février, un atelier réunissant les professionnels. A ce jour, rien n’a été fait…’’

S’il déplore la non-implication des professionnels dans la refonte de la loi 13-09, Khalid Semmaoui reconnaît toutefois la nécessité d’amender cette loi "très contraignante’’.

"Au sein de notre association professionnelle, nous estimons qu’il faut lever des barrières si l’on veut faire émerger une industrie forte et compétitive. Or le décret d’application relatif à la moyenne tension (MT) est extrêmement complexe, presque inapplicable. Même les gestionnaires de réseau m’ont confié être dans le flou’’.

La complexité qui entrave le développement de la production MT semble également toucher les segments de la haute et basse tension (HT-BT).

La BT fera très probablement l’objet d’un amendement dans la future version de la loi 13-09. Si elle est correctement ficelée, cette loi permettra à des particuliers de produire leur propre électricité à partir d’énergie renouvelable – ainsi que d’en revendre le surplus en le réinjectant dans le réseau domestique.

‘’Les premières réunions portant sur la BT remontent à deux ans déjà, sans qu’on n’ait réalisé d’avancées significatives. Principalement en raison de la complexité de notre système de distribution et ses trois gestionnaires: l’ONEE, les régies de distribution et les délégataires privés. Lors de notre rencontre de janvier dernier, Rabbah a reconnu la difficulté à mettre en place la BT, car cela nécessite justement l’adhésion des différents gestionnaires de réseau. Or les intérêts peuvent être divergents, surtout parmi les gestionnaires privés qui assimilent la production et l’injection dans le réseau d’électricité BT à une perte de chiffre d’affaires’’.

Quel est le réel taux d’intégration ‘renouvelable’ ?

L’autre préoccupation est d’ordre technique. L’ONEE, selon le président de l’Amisole, voit d’un mauvais œil la prolifération d’installations privées BT, en raison de risques de perturbation du réseau national.

Des projets de production d’électricité propre à haute tension n'ont pas été autorisés, "le refus étant motivé par la capacité restreinte du réseau national, qui ne permet pas l’implantation de nouveaux projets HT. C’est un argument qui peut se comprendre, mais il aurait été judicieux de prévenir les investisseurs en amont, avant d’entamer de coûteuses démarches’’.

Les professionnels estiment que les projets HT sont hors de portée des PME marocaines, là où, paradoxalement, les discours officiels mettent en avant l’apport de ces structures en termes de croissance et de création d’emplois.

"Il faut se demander ce que l’on veut vraiment. Réaliser d’importantes capacités de production renouvelables, ou profiter de l’impulsion royale pour aussi bâtir une industrie et un savoir-faire. Masen peut donner l’exemple en dédiant 5% de ses projets aux PME nationales,’’ estime Semmaoui. "Nous sommes conscients des éventuels problèmes de qualité des PME, sur ce type de projets. C’est la raison pour laquelle l’Amisole a initié un projet de labellisation, qui sera un gage de qualité de service. Ceci parallèlement au démarrage d’études visant à contrecarrer l’argument de l’ONEE sur une éventuelle déstabilisation du réseau électrique’’.

Khalid Semmaoui va plus loin et remet en question les taux d’intégration communiqués par Masen – 30% sur Noor 1 et 35% sur Noor 2 et 3. "Les taux affichés sont quelque peu trompeurs. La vraie question étant: sur un taux d’intégration de 35%, quelle est la part de savoir-faire ‘renouvelable’? Faire travailler des PME sur des chantiers de génie civil est une bonne chose, mais c’est un savoir-faire qui existe déjà au Maroc. Si l’on déduit ce type de travaux, que resterait-il comme taux d’intégration réellement renouvelable?’’.

Ce qui est certain, c’est que les professionnels comptent bien avoir leur part du gâteau. Les multiples projets structurants, s’ils sont correctement mis à profit, viendraient favoriser l’émergence d’une industrie locale renouvelable, disposant d’un réel savoir-faire exportable.

‘’La période que nous vivons est extrêmement propice au développement des énergies renouvelables. Avec un engouement réel au Maroc, aussi bien de la part des particuliers que des professionnels. Dans les années 90, le PERG (Programme d’électrification rurale global) a permis de bâtir une solide industrie électrique, qui a su exporter son savoir-faire en Afrique subsaharienne. Aujourd’hui, nous disposons de la même opportunité, à condition de savoir la saisir…’’ conclut Khalid Semmaoui.

 

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Zakaria Boulahya
Le 12 mars 2018 à 19h15

à lire aussi

Campagne céréalière 2026 : 90 millions de quintaux attendus, 15 millions visés en stockage
AGRICULTURE

Article : Campagne céréalière 2026 : 90 millions de quintaux attendus, 15 millions visés en stockage

Le nouveau dispositif de commercialisation des céréales fixe un objectif de stockage ambitieux de 15 millions de quintaux, soit 17% de la production prévisionnelle pour la campagne 2026. Le prix référentiel du blé tendre est fixé à 280 dirhams le quintal, avec des primes de magasinage prévues entre le 1er juin et le 31 juillet 2026.

Législatives 2026 : réunion avec les médias publics sur la couverture du scrutin
Quoi de neuf

Article : Législatives 2026 : réunion avec les médias publics sur la couverture du scrutin

Les responsables des chaînes et radios publiques ont été appelés, le vendredi 15 mai 2026, à renforcer les contenus de sensibilisation autour de l’inscription sur les listes électorales, de la participation des jeunes et de l’implication des partis politiques avant le vote prévu le 23 septembre 2026.

Deux affiliés présumés à Daech interpellés à Midelt et Youssoufia
Quoi de neuf

Article : Deux affiliés présumés à Daech interpellés à Midelt et Youssoufia

Âgés de 19 ans, les deux suspects auraient prêté allégeance au prétendu émir de l’organisation État islamique et projeté, selon le BCIJ, des actions relevant du "jihad en solitaire" contre des personnes, l’ordre public et des installations vitales.

OFPPT : 65 nouvelles filières, 3 nouvelles Cités des métiers et 6,3 milliards de DH pour le plan d'action 2026
EDUCATION

Article : OFPPT : 65 nouvelles filières, 3 nouvelles Cités des métiers et 6,3 milliards de DH pour le plan d'action 2026

Nouvelles filières liées aux métiers émergents, achèvement des Cités des métiers et des compétences, développement du secteur aéronautique et renforcement de la cybersécurité... Le plan d’action 2026 de l’OFPPT fixe les grandes priorités de l’Office, pour un budget estimé à 6,31 milliards de DH.

Maroc-Éthiopie (CAN U17) : quelle heure, quelles chaînes
Quoi de neuf

Article : Maroc-Éthiopie (CAN U17) : quelle heure, quelles chaînes

Après une entrée en matière décevante face à la Tunisie, la sélection nationale marocaine U17 affronte l’Éthiopie, ce samedi 16 mai 2026 au Complexe Mohammed VI de football, dans un match déjà important pour la qualification.

À Casablanca, le projet d’aménagement de la zone Lahjajma prend forme
Quoi de neuf

Article : À Casablanca, le projet d’aménagement de la zone Lahjajma prend forme

Le projet d’aménagement de la zone Lahjajma comprend un terrain de sport couvert, une piscine couverte, une mosquée, ainsi qu’un marché couvert. Il prévoit également des équipements socioculturels, un parc et un espace vert, une place publique piétonne et un parking souterrain.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité