Omar Hilale: “la présence du polisario à Guerguerat est illégale car elle tend à changer le statut de la zone”
Dans une déclaration à la MAP, l’Ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès des Nations Unies à New York, Omar Hilale, a pris note du communiqué du SG de l'ONU, Antonio Guterres, publié samedi 6 janvier, sur les récentes provocations du polisario à Guergarate, au Sahara marocain.
Dans ce communiqué, le Secrétaire général partage pleinement la profonde préoccupation du Maroc au sujet des violations des Accords militaires et des menaces au cessez-le-feu par le polisario.
L’Ambassadeur Hilale a confié que le Maroc a entrepris des démarches à tous les niveaux, dès l’apparition des premiers éléments du polisario dans la zone tampon de Guergarate, le 3 janvier. Après avoir bloqué les participants du Rallye Sahara Desert Challenge, ils ont été obligés de quitter les lieux sur ordre de la Minurso, ajoute-t-il.
M. Hilale a indiqué que le Maroc est revenu, vendredi 5 janvier, à la charge auprès des plus hauts fonctionnaires du Secrétariat de l’ONU et a saisi les 15 membres du Conseil de sécurité pour les alerter sur la gravité du déploiement de nouveaux éléments armés du polisario à Guergarate, vendredi 5 matin, et des menaces de ce dernier de bloquer le passage, lundi 8 janvier, du Rallye Africa Eco Race. Il a appelé tous ses interlocuteurs à assumer fermement et promptement leur responsabilité en exigeant le départ immédiat et inconditionnel du polisario de la zone de Guergarate.
L’Ambassadeur du Maroc a ajouté que le Royaume condamne vigoureusement ces actes de provocation répétitifs du polisario, qui violent les Accords militaires, mettent en péril le cessez-le-feu en place depuis 1991 et menacent dangereusement la sécurité et la stabilité dans la région. Ces agissements irresponsables du polisario constituent un défi à la communauté internationale et un affront au Secrétaire général et au Conseil de sécurité.
L’Ambassadeur considère que le communiqué du SG est aussi clair que fort dans son injonction au polisario pour ne pas entraver, d’aucune manière la liberté de circulation civile et commerciale. Ce qui constitue un rejet ferme et catégorique des provocations du polisario et de ses entraves à la libre circulation dans la zone tampon de Guergarate.
Bien plus, pour M. Hilale, le SG a adressé un message direct et ferme au polisario en déclarant "qu’aucune action, qui serait de nature à changer le statut quo de la zone tampon, ne devrait être entreprise".
De ce fait, la présence du polisario à Guergarate est illégale car elle viole les accords en vigueur et tend à changer le statut de la zone. D’où l’obligation du polisario de se retirer immédiatement et inconditionnellement, afin de retourner au statut quo d’ante.
M. Hilale a averti que les présentes manœuvres du polisario visent désespérément à recréer le même scénario de crise que celui de mars et avril derniers. Le polisario fait ainsi preuve d’amnésie, en oubliant qu’il a été contraint de retirer ses éléments armés, suite à la menace d’une condamnation, sans équivoque, du Conseil de sécurité et d’une sommation de 15 jours pour obtempérer.
L’Ambassadeur du Maroc déplore profondément que la répétition de ce scénario est la preuve que le polisario et l’Algérie qui le finance, l’arme et achète les pickups qui bloquent la route à Guergarate, ne tirent pas les leçons de leur échec cuisant d’avril dernier.
Interrogé sur le rappel par le SG du lien entre le retrait du polisario et l’impératif d’un environnement conduisant à la reprise du dialogue politique, M. Hilale a répondu que l’avertissement par Antonio Guterres est très important, car ce dernier est conscient qu’aucun processus politique n’est possible quand les autres parties optent pour la provocation et l’escalade. Le Maroc, à l’instar du Secrétaire général et des membres du Conseil de sécurité, considère que les provocations du polisario sont antinomiques aux efforts actuels de M. Köhler pour relancer le processus politique, a précisé M. Hilale.
L’Ambassadeur du Maroc a averti qu’aucun processus politique n’est possible tant que les autres parties persistent dans leurs violations récurrentes des Accords militaires et du cessez-le-feu, ainsi que dans leur habituelle tactique de la tension et de la crise, à la veille des échéances onusiennes. Comme le rappelle le communiqué du Secrétaire général, le processus politique a impérativement besoin d’un environnement de sérénité, de calme et de respect des engagements pris.
Le Royaume a respecté ses engagements depuis la crise de l’année dernière et n’a entrepris aucun acte affectant le statut de la zone tampon de Guergarate. Il fait preuve de retenue comme le souhaite de Secrétaire général. Cependant, sa patience a des limites, a-t-il conclu.
(Avec MAP)
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