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2018, année du digital pour les chaîne tv marocaines

2M est massivement présente sur les réseaux sociaux et lance prochainement son appli. Al Aoula a lancé deux applis remarquées. Les chaînes tv marocaines investissement le digital, "comme continuation du service public et pour élargir les audiences". Round up.

2018, année du digital pour les chaîne tv marocaines

Le 5 janvier 2018 à 16h50

Modifié 5 janvier 2018 à 16h50

2M est massivement présente sur les réseaux sociaux et lance prochainement son appli. Al Aoula a lancé deux applis remarquées. Les chaînes tv marocaines investissement le digital, "comme continuation du service public et pour élargir les audiences". Round up.

2018 sera l'année de l'arrivée en force des chaînes marocaines de télévision sur le digital. Telle est l'opinion d'acteurs importants du marché, tels que Mounir Jazouli, président du GAM. Une opinion confirmée par Salim Cheikh, DG de 2M.

Les chaînes marocaines sont aujourd’hui de plus en plus présentes sur les différents réseaux sociaux, sites web et plateformes de diffusion. 

En ce début d’année 2018, la chaîne 2M compte un nombre d’abonnés qui dépasse les 1,5 M de personnes sur YouTube, 4,7 millions de fans sur Facebook, 490.000 followers sur Twitter et 659.000 Instagram.

Médi1TV enregistre des performances en constante évolution. Sur les réseaux sociaux, la page Facebook de Medi1TV enregistre plus de 6 millions d’abonnés, 800.000 sur YouTube, 1,5 million d’internautes qui suivent l’actualité sur le fil Twitter, et plus de 50.000 followers sur Instagram.

Al Aoula, du groupe SNRT, compte 300.586 abonnés sur YouTube, 490.000 sur sa page principale Facebook.

>La SNRT opte pour le mobile avec SNRT LIVE et SNRT BOTOLA

Lancée par la SNRT il y a seulement quelques jours, l’application BOTOLA est une application officielle de sport qui permet de regarder tous les matchs du championnat du football marocain Botola en streaming live et de consulter les résultats et le programme de la compétition.

Plus tôt, en août 2017, la SNRT sa première =application mobile gratuite ‘SNRT LIVE’ disponible sur Playstore et Appstore. Un service de live streaming permettant de regarder et d’écouter en direct, à tout moment et partout dans le monde, tous les programmes TV et Radio de la SNRT, avec la possibilité de rembobiner jusqu’à 6 heures de programmation avec l’option Timeshifting.

Sur Playstore, l’application SNRT LIVE a été téléchargée plus de 500.000 fois et est notée 4,6/5, BOTOLA dépasse déjà les 10.000 téléchargements avec une note de 4,1/5.

>2M en pleine transformation digitale

Dans un échange avec Médias24, Salim Cheikh, DG de 2M a confirmé la volonté de 2M à renforcer sa position dans le digital. Le démarrage de la nouvelle stratégie a commencé il y a 18 derniers mois.

En 2016, 2M a procédé à une refonte totale de son site web tout en renforçant la gestion de ses réseaux sociaux. Aujourd’hui, le site 2m.ma n'est plus une simple vitrine de la chaîne, et dispose d’une rédaction dédiée à la publication de contenu spécifique au web.

Il y a un peu plus d’un an, le site s’est positionné comme étant un site généraliste informatif et divertissant, avec une ré-éditorialisation et un redécoupage des extraits de programmes télévisés de 2M.

Salim Cheikh se réjouit de la bonne audience du site: 150.00 à 200.000 visites par jour et 300.000 pendant le mois de ramadan. Un site qui, d’après le DG, s’autofinance: «Commercialement, nous ne sommes pas agressifs: L'objectif est de prolonger la mission de service public, auprès du public connecté, les jeunes, au-delà de la télé», nous déclare-t-il.

Un budget de 2.000 dollars est consacré mensuellement à la promotion de la chaîne sur les réseaux sociaux. Un coût mensuellement compensé par les revenus de ses différentes plateformes digitales: la chaîne YouTube de 2M génère à elle seule de 7.000 à 8.000 dollars par mois en moyenne, voire davantage pendant le mois sacré.

D’après Salim Cheikh, le plus grand défi lié à la digitalisation est culturel: changer de paradigme, faire travailler différentes rédactions, assurer des formations en digital et apprendre aux journalistes les différentes techniques de tournage et de montage d’un sujet et le rendre accessible sur des supports comme les smartphones.

Les prochaines étapes pour 2M seront donc, selon le DG, de lancer l’application mobile de la chaîne prévue probablement pour février, une application qui proposera du contenu informatif, divertissant et culturel qui lui sera spécialement dédié. Un Live streaming des programmes de la chaîne télévisée sera aussi disponible, avec possibilité de timeshifting (pause, retour en arrière et replay), ainsi que le lancement d’une VOD avec non seulement du contenu télévisé mais aussi les archives de 2M.

Pour Salim Cheikh, cet intérêt grandissant des chaînes télévisées marocaines pour le digital est une opportunité: «Cet effet de masse, les trois chaines en même temps, est une bonne chose, cela crée une dynamique».

>Un engouement soudain pour le web et un investissement publicitaire digital de plus en plus lourd, quel avenir pour la télévision marocaine?

«C’est une évolution naturelle du business model de ces chaînes» estime Mounir Jazouli, président du Groupement des Annonceurs du Maroc et Directeur Communication de BMCE Bank, à Médias24. Selon lui, ce sont des médias classiques qui ont la particularité d’être des chaînes nationales publiques majoritairement et semi publiques pour d’autres et qui ont un gros volume de contenu propre.

Avec la démocratisation d’internet, ce contenu est très souvent récupéré et rediffusé de façon informelle et non structurée sur les réseaux sociaux. Il est donc naturel et légitime que ces chaînes veuillent commercialiser leur propre contenu sur le web. Non seulement c'est une source de revenu supplémentaire et une protection du contenu, mais c’est aussi et surtout un levier pour gagner en notoriété et être présent là où l’audience se trouve aujourd’hui: le web.

Selon Mounir Jazouli, malgré cette course vers le digital, la télévision ne mourra pas au Maroc. En termes de volumes d’investissement publicitaire, la télévision s’accapare toujours la part du lion par rapport aux autres médias. Mais cette part est en train de reculer; en fin décembre 2017, l’investissement publicitaire télévisé a enregistré une diminution. En parallèle, l’investissement publicitaire digital ne cesse de croître à double chiffre d’une année à l’autre (10 à 20%). Mais dans l’absolu, c’est un investissement encore faible par rapport à la télé.

Ceci est loin d’être le cas dans d’autres pays où la télévision cède la place au digital. 

Selon un rapport de Thales Teixeira, professeur de marketing à Harvard Business School, à partir des années 1990, un marché mondial de plus en plus concurrentiel a commencé à réduire la longueur des publicités télévisées. Dans le même temps, le prix de la publicité a explosé et les entreprises ont commencé à acheter moins de temps. Aujourd'hui, le spot TV moyen dure seulement de 15 à 30 secondes. Propos confirmés par le cabinet McKinsey selon lequel la publicité numérique devrait représenter plus de 50% des dépenses totales des médias, connaissant la croissance la plus rapide au cours des cinq prochaines années avec des hausses annuelles à hauteur de 15,1% en 2018, contre 5% pour la publicité télévisée.

"Au Maroc, nous avons encore la chance d’avoir une audience télé très élevée, ce qui n’est plus le cas dans d’autres pays dans le monde", nous confirme Mounir Jazouli. "Dans notre pays, il y a encore cet engouement pour la télé que ce soit par les téléspectateurs ou les marques qui y font de la publicité, mais il faut aussi noter que l’audience glisse de plus en plus vers d’autres canaux notamment le web et le mobile. On peut dire que l’audience marocaine est multi-screen: regarder plusieurs écrans à la fois, mobile, tablette, télé".

D’après Jazouli, il y a des facteurs socio-culturels qui font que la télé ne mourra pas au Maroc. Historiquement, un média n’a jamais tué un autre, la télé n’a pas tué la radio par exemple. Un média complète un autre, peut-être le secoue aussi mais il ne le tue pas. En effet, pour toutes ces chaînes marocaines qui ont investi massivement dans le digital durant ces dernières années, cet investissement leur donne dès le départ le statut d’acteurs majeurs de la scène digitale marocaine. Elles ont le branding, l’image de marque, du contenu exclusif produit pour la télé et facilement adapté au web, et bien sûr des moyens financiers, techniques et commerciaux massifs.

58,3% est le taux de pénétration d’internet que le Maroc a enregistré durant 2017. Ceci fait du Maroc le pays le plus connecté d'Afrique. Pour les chaînes télévisées, c’est un véritable potentiel business leur permettant d'atteindre des millions de web-spectateurs qui visionneront leur contenu, mais pas seulement. Ils réagiront, commenteront, et le partageront à travers le web. Avec l’avancée technologique, et l’accès de plus en plus démocratisé à l’infrastructure digitale, ceci peut facilement multiplier l’audience des live et vidéos partagées par ces chaînes de télévision.

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