Le japonais SoftBank acquiert environ 15% d'Uber
Le groupe japonais Softbank va entrer au capital d'Uber à la suite d'un accord confirmé jeudi, qui abaisserait toutefois significativement la valorisation totale du service de location de voiture avec chauffeur.
Annoncé par les deux groupes jeudi, cet accord permet à SoftBank de prendre une participation au sein d'Uber en rachetant des actions détenues par d'autres investisseurs. Selon le Wall Street Journal, le prix convenu abaisserait toutefois de quelque 30% la valorisation d'Uber, qui n'est pas encore côté en Bourse.
Uber et Softbank avaient conclu à la mi-novembre un accord de principe sur cette prise de participation, mais celui-ci était conditionné au fait que Softbank parvienne à convaincre des actionnaires d'Uber de lui céder leurs titres à un prix que le groupe japonais considérerait comme acceptable.
Valorisée jusqu'ici à environ 68 milliards de dollars, Uber est considérée comme la start-up la plus chère du monde. Elle prévoit de s'introduire en Bourse en 2019 mais a été touchée ces derniers mois par une vague d'affaires et de scandales qui ont terni sa réputation.
Selon des sources proches de l'accord, Softbank est parvenu à atteindre son objectif initial qui était d'une prise de participation de l'ordre de 15%. Selon le Wall Street Journal, le prix auquel ont été cédées ses actions rabaisserait cependant la valorisation d'Uber à 48 milliards de dollars.
"Nous sommes heureux de pouvoir travailler avec les acquéreurs (des titres) pour finaliser la transaction qui, nous l'espérons, appuiera nos investissements technologiques, nourrira notre croissance et renforcera notre gouvernance", a indiqué Uber dans un communiqué.
Dans un communiqué séparé, Rajeev Misra, directeur de SoftBank Investment Advisers, s'est déclaré "satisfait du soutien des actionnaires d'Uber" et a précisé que l'opération devrait être finalisée en janvier. "Nous faisons pleine confiance à la direction d'Uber et à ses employés et sommes heureux de soutenir Uber alors que le groupe réinvente la manière dont les personnes et les marchandises sont transportées dans le monde", a-t-il ajouté.
Scandales retentissants
Co-fondé en 2009 par Travis Kalanick, Uber a connu une ascension fulgurante: présent aujourd'hui dans plus de 630 villes à travers le monde, il a bouleversé le secteur des transports en lançant sa plateforme de réservation sur internet.
Mais à la suite de plusieurs scandales retentissants, des actionnaires étaient entrés en conflit avec M. Kalanick qui avait dû quitter ses fonctions de président en juin.
Il avait été remplacé en août par Dara Khosrowshahi qui a affirmé vouloir développer une nouvelle culture d'entreprise dans la perspective de la prochaine introduction en Bourse.
Uber est notamment visé par plusieurs enquêtes des autorités américaines, sur des soupçons de corruption de responsables étrangers ou d'utilisation de logiciels illégaux. Il est aussi poursuivi par Waymo, filiale d'Alphabet (Google) spécialisée dans la voiture autonome, qui l'accuse de lui avoir volé des technologies.
Le groupe, qui est encore loin d'être rentable, a aussi maille à partir dans plusieurs pays avec les régulateurs des transports. Il a notamment perdu sa licence à Londres et vient de subir un revers judiciaire en Europe avec une décision de la Cour de justice de l'Union européenne estimant qu'il relève du "domaine des transports" et peut donc être soumis dans l'Union européenne aux réglementations contraignantes imposées aux taxis.
Uber avait également annoncé fin novembre que les données de 57 millions d'utilisateurs à travers le monde, dont celles de 600.000 chauffeurs, ont été piratées fin 2016.
Softbank, de son côté, cherche à se diversifier en investissant depuis plusieurs années dans des secteurs technologiques allant bien au-delà de son coeur de métier qui est la téléphonie mobile.
Le groupe japonais a notamment lancé avec des partenaires saoudiens et de la Silicon Valley un fonds d'investissement doté de 100 milliards de dollars de capital appelé "Vision Fund".
Outre Uber, Softbank est déjà actionnaire de sociétés proposant des applications de réservation de voitures avec chauffeurs, en Chine avec Didi Chuxing, qui avait racheté l'an dernier les opérations d'Uber dans le pays, et Grab, et en Inde avec Ola.
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