Maroc: Les saisies de drogues dures ont explosé en 2017
Saisies de haschich et de psychotropes en baisse, doublement de celles de cocaïne et d’héroïne. A l’occasion de la publication du bilan sécuritaire 2017, une source autorisée de la DGSN nous explique l’évolution inquiétante du trafic et de la consommation de drogues dures au Maroc.
97.688 personnes interpellées dans le cadre d’affaires criminelles liées aux trafics de drogue, ce sont environ 20% des 500.000 arrestations opérées au Maroc pendant toute l’année qui se termine.
Concernant les drogues dites dures, la cocaïne est largement en tête des saisies effectuées par les forces de l’ordre.
Que ce soit à l’aéroport Mohamed V de Casablanca ou chez des trafiquants marocains ou étrangers, les douaniers et les policiers ont saisi 2,844 tonnes de cette drogue importée d’Amérique du sud.
Pour notre interlocuteur, cette forte hausse s’explique d’abord par l’exceptionnelle saisie du BCIJ (2,5 T) et ensuite par la centaine d’arrestations de mules en provenance du Brésil qui dissimulent dans leur estomac des quantités comprises entre 600 grammes et 2 kilogrammes.
Malgré la vigilance des services de lutte contre le trafic de stupéfiants, les saisies de cette drogue destinée en partie au marché intérieur et surtout à l’Europe ont presque doublé depuis 2015 (+1,5T).
Avec le renforcement de la surveillance des frontières, le volume de haschich saisi a connu une forte régression (-40%) en passant de 106 tonnes en 2016 à 60 T. en 2017.
Notre source précise que la majorité des prises ont été faites dans des entrepôts clandestins grâce à des informations fournies par la DGST.
Même phénomène pour les psychotropes qui englobent les substances de type ecstasy ou rivotril. Ainsi, 939.424 comprimés ont été saisis en 2017 contre 1,382 millions en 2016.
Sur ce total, 500.000 comprimés d’ecstasy (MDMA en pilule ou en poudre) ont été saisis en provenance de Belgique ou de Hollande principalement dans les ports de Nador ou de Tanger.
Si les saisies de cette drogue ont explosé de 5.000% depuis 2013, le trafic des benzodiazépines (valium et rivotril), importés illégalement d’Algérie, a connu une forte baisse en 2017, grâce à un dispositif spécifique de contrôle policier dans la région de l’Oriental, les gares routières et ferroviaires du Royaume. Sur les neuf premiers mois de l’année, 251.725 comprimés ont été saisis contre 808.000 en 2016.
Malgré ce recul, la consommation reste très inquiétante et suivie de près par la DGSN, sachant qu’elle est à l’origine de la majorité des agressions violentes dans l’espace public.
Restant cantonné au nord du pays, le trafic d’héroïne prend cependant de plus en plus d’ampleur pour satisfaire une consommation galopante et inquiétante dans les villes de Tanger et Tétouan.
En 2017, ce sont 22 kilogrammes de cette drogue qui ont été saisis, principalement en provenance d’Espagne, contre seulement 15 l’année précédente .
La prolifération croissante et récente des drogues dures au Maroc a entraîné une augmentation du nombre d’affaires (81.600) liées à ce pan de la criminalité ainsi que celle des trafiquants et consommateurs interpellés par la DGSN et la douane (97.688 en 2017 contre 94.000 l’année précédente).
S’il faut se féliciter de la baisse des saisies de haschich, dont le Maroc est un des principaux producteurs mondiaux, la croissance exponentielle des drogues dures devrait faire l’objet d’un plan d’urgence des autorités pour épauler les succès de la DGSN, sachant qu’elle pose des problèmes croissants de criminalité mais aussi de santé publique.
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