img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité

Une grenade pour l'arrivée de Macron à Ouagadougou

Une attaque à la grenade contre des soldats français à Ouagadougou a marqué l'arrivée du président français Emmanuel Macron au Burkina Faso pour sa première tournée en Afrique devant initier une "nouvelle étape" de la relation entre Paris et ce continent.  

Une grenade pour l'arrivée de Macron à Ouagadougou
Par
Le 28 novembre 2017 à 9h50 | Modifié 28 novembre 2017 à 9h50

Lors de cette visite de trois jours qui doit le mener également en Côte d'Ivoire et au Ghana, Emmanuel Macron entend convaincre une jeunesse africaine de plus en plus hostile à la présence française sur le continent, sur fond de menace terroriste persistante au Sahel, que les troupes françaises installées dans la région ont du mal à combattre, et d'un flux migratoire croissant que l'Europe veut endiguer.

Lundi 27 novembre soir, deux heures avant son arrivée, des individus encagoulés à moto ont lancé une grenade contre le véhicule français dans le nord de Ouagadougou. Ils n'ont pas atteint leur cible mais ont blessé trois riverains dont un grièvement.

Encore non revendiquée, l'attaque s'est produite loin de l'aéroport et alors qu'un important dispositif sécuritaire avait été déployé dans le centre de la capitale.

Le véhicule qui se dirigeait vers Kamboinsé (caserne des forces spéciales françaises stationnées dans le pays) a été attaqué vers 20H00 (heure locale et GMT), selon une source sécuritaire sous couvert d'anonymat, le président est arrivé vers 22h30.

La France, ancienne puissance coloniale, entretient une coopération militaire ininterrompue avec les autorités du Burkina depuis l’accession à l’indépendance du territoire de la Haute Volta en 1960.

Depuis 2010, lorsque la menace jihadiste s’est précisée dans la bande sahélo-saharienne, des éléments des forces spéciales françaises, basés à Ouagadougou, apportent leur soutien aux forces de défense. Celles-ci sont notamment intervenues lors de l'attentat de janvier 2016 (30 morts) lorsque des jihadistes avaient ouvert le feu sur des terrasses du centre ville.

La capitale a subi en août un attentat similaire qui a fait 19 morts, alors que le pays fait face au nord à sa frontière avec le Mali à des attaques récurrentes.

La grenade lancée va tendre la visite du président français. Il est probable que les forces de l'ordre renforcent les mesures de sécurité alors que M. Macron est censé passer mardi un "grand oral africain" devant 800 étudiants de l'université de Ouagadougou.

Passé colonial

Ce discours, suivi de questions-réponses avec les étudiants, devait être le point fort de cette tournée.

Ce voyage marque "une nouvelle étape de notre relation avec votre pays et tout un continent", a-t-il déclaré à la presse en atterrissant lundi soir à Ouagadougou sans faire allusion à l'attaque.

"Le Burkina est l'emblème de l'aspiration démocratique de la jeunesse africaine", a-t-il ajouté, allusion au soulèvement de 2014 qui a balayé Blaise Compaoré après 27 ans au pouvoir, mené par une jeunesse qui compose plus de la moitié de la population.

Emmanuel Macron doit convaincre un jeunesse très méfiante vis-à-vis de la France. L'annonce de sa visite a déclenché une salve de critiques.

Sur la plate-forme participative Présimètre, les jeunes -- du moins ceux qui ont accès à internet -- ont posté ce week-end de nombreuses questions.

Parmi elles dominent deux affaires sensibles: la demande d'extradition de François Compaoré, frère de Blaise, frappé d'un mandat d'arrêt international dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat du journaliste Norbert Zongo en 1998, ainsi que la levée par Paris du secret défense de Paris sur l’assassinat en 1987 du président Thomas Sankara, devenu depuis une figure emblématique burkinabè et panafricaine.

Les jeunes burkinabè réclament aussi la fin de tout ce qui illustre pour eux le passé colonial: le "pillage des ressources" par des entreprises françaises, le franc CFA arrimé à l'euro et la présence militaire française. De nombreux burkinabè refusent cette présence et estiment que les attaques jihadistes en sont une conséquence et non une cause.

La France doit également faire évoluer son image d'alliée indéfectible des vieux dictateurs africains, après des décennies de "Françafrique".

Le président français pourrait être interpellé sur sa phrase prononcée au G20, où il avait estimé qu'il était impossible de développer l'Afrique à cause de ses "7 ou 8 enfants par femmes", critique sociétale très mal perçue.

Il y a dix ans, à Dakar, Nicolas Sarkozy avait affirmé que affirmé que "l’homme africain n’était pas entré dans l’histoire", une gaffe qui l'a durablement desservi.

Mercredi, Emmanuel Macron rejoindra Abidjan, la capitale économique ivoirienne pour le cinquième sommet Europe-Afrique avant de se rendre au Ghana, pays anglophone choisi pour illustrer sa volonté d'un approche "continentale" de l'Afrique", au delà de l'Afrique francophone.

Ses priorités au sommet: obtenir le soutien financier des Européens pour la force antiterroriste des pays du G5 Sahel et coordonner la lutte contre les passeurs, y compris en Libye où certains migrants sont vendus comme esclaves.

(AFP)

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 28 novembre 2017 à 9h50

à lire aussi

Prix des médicaments : les dessous d’un report surprise
ECONOMIE

Article : Prix des médicaments : les dessous d’un report surprise

Pressions des laboratoires multinationaux, absence de hauts responsables lors du dernier Conseil de gouvernement, considérations politiques... Plusieurs hypothèses circulent pour expliquer pourquoi le texte, attendu le 9 juillet et appelé à remplacer le système de fixation des prix en vigueur depuis 2013, n'a finalement pas été examiné. Aucune n'est confirmée officiellement. Tour d'horizon des principales pistes avancées par les acteurs du secteur.

Sahara: Féroce bataille préélectorale avant les législatives
Elections 2026

Article : Sahara: Féroce bataille préélectorale avant les législatives

À deux mois du scrutin du 23 septembre, les provinces du Sud sont devenues le théâtre d'une compétition d'une rare intensité. Au-delà des sièges en jeu se joue une partie décisive, celle de la mise en place de l'autonomie des provinces du sud.

De la dérive idéologique à la réinsertion, comment le programme Moussalaha a changé la vie d'un ancien détenu
SOCIETE

Article : De la dérive idéologique à la réinsertion, comment le programme Moussalaha a changé la vie d'un ancien détenu

TÉMOIGNAGE. Arrestation à l’étranger, détention, rejet initial de la déradicalisation puis reconstruction personnelle et universitaire : Hicham s'est confié longuement au micro de Médias24. Son récit livre un éclairage inédit sur le processus de déconstruction idéologique, la vie carcérale et les réalités concrètes de la réinsertion post-carcérale au Maroc.

Prévisions météo pour lundi 20 juillet 2026
Les prévisions quotidiennes

Article : Prévisions météo pour lundi 20 juillet 2026

 Voici les prévisions météorologiques établies par la Direction générale de la météorologie pour le lundi 20 juillet 2026.

Filière batterie : pourquoi le raffinage du lithium change la donne pour le Maroc
Mines

Article : Filière batterie : pourquoi le raffinage du lithium change la donne pour le Maroc

Dans le sillage du rebond des cours du lithium au premier semestre 2026, le prix du produit raffiné représente désormais près de onze fois celui du minerai brut. En l'absence, pour l'heure, de mines de lithium, c'est ce maillon, le plus rentable, que le Maroc entend capter à travers le projet porté par LG Energy Solution et Yahua. Un pari exigeant, entre barrières technologiques et sécurisation de l'approvisionnement. Analyse.

Financement du Trésor : 74 milliards de DH à lever d’ici fin 2026
Actus

Article : Financement du Trésor : 74 milliards de DH à lever d’ici fin 2026

Après l’Eurobond de 2,25 milliards d’euros réalisé en mai, qui a sécurisé les financements extérieurs prévus pour l’année, l’essentiel des besoins restants devra être couvert sur le marché intérieur, à raison d’environ 10,5 MMDH par mois. La détente reste concentrée sur les bons à court terme, alors que les rendements à moyen et long terme demeurent supérieurs à leurs niveaux de fin 2025, dessinant une trajectoire contrastée pour le second semestre.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité