Marathon, matches de foot: Casa Events continue de décevoir
La SDL dirigée par Mohammed Jouahri est pointée du doigt après chaque évènement qu’elle organise ou presque. Elle pourrait perdre l’organisation de la finale de la Ligue des Champions, après l’organisation catastrophique de la 10ème édition du Marathon de Casablanca.
L’organisation du match retour de la finale de la Ligue des Champions Africaine, opposant le Wydad à la formation égyptienne d’Al Ahly, n’est toujours pas attribuée. Casa Évents n’est pas assurée d’être seul pilote à bord, et pourrait même être écartée selon des sources proches du dossier. La SDL va-t-elle payer pour l’ensemble de son œuvre?
"Ce n'est pas encore tranché et nous avons une réunion de coordination en fin de journée [lundi 30 octobre, NDLR], avec des représentants de la Fédération Royale Marocaine de Football et du Wydad de Casablanca. Nous allons définir les responsabilités de chacun, vu que cette rencontre est supervisée par la CAF", explique à Medias24, le directeur général de la SDL Casa Évents Mohammed Jouahri.
Une semaine sportivement riche et peut-être fatale
La SDL qui a pris en main la billetterie depuis la réouverture du stade Mohammed V, aura, donc, une réponse plus claire en fin de journée de ce lundi 30 octobre. Cela dit, la réponse du DG semble très prudente et n’incluait pas une grande assurance quant au sort de la réunion.
En tous les cas, en plus de cette finale d’une importance capitale, la semaine sportive casablancaise sera encore plus riche. L’autre club de la ville, le Raja, accueille ce jeudi 2 novembre, l’AS FAR pour le compte de la demi-finale retour de la Coupe du Trône.
"La vente des billets pour le match du Raja de Casablanca contre l’AS FAR a débuté ce matin, 30 octobre. Pour le moment ça se passe d’une façon très fluide, et nous n’avons enregistré aucun incident ce matin", se réjouit Mohammed Jouahri.
Au moment où le directeur général de Casa Évents répondait à nos questions au téléphone, plusieurs dizaines de Rajaouis se plaignaient sur les réseaux sociaux des difficultés qu’ils affirment avoir connues pour avoir un billet (photos ci-dessous, postées sur Facebook).
"Nous avons essayé d’améliorer notre approche, pour la vente des tickets. Nous sommes passés d’un point de vente unique à 4 ce matin, avec un quota journalier. D’ailleurs en une matinée, deux points ont déjà écoulé tous les billets qu’ils avaient", nous explique le directeur général de Casa Évents. La multiplication des points de vente est un bon point à attribuer à la SDL.
Malgré ces efforts, il semblerait que la situation ne s’arrange pas. En plus de cela, Casa Évents n’a pas donné de nouvelles concernant des cartes qu’elle voulait mettre à la disposition des supporteurs. D’une désillusion à une autre, Casa Évents ne fait plus l’unanimité.
Un marathon raté de bout en bout
C’est donc une semaine assez décisive pour la SDL, qui doit montrer un meilleur visage que celui du 10ème Marathon de Casablanca.
"Scandaleux", "Catastrophique" ou encore "un grand fiasco". C’est avec ces mots que les participants à la 10ème édition du marathon international de Casablanca ont qualifié leur expérience ce dimanche 29 octobre. Et pourtant, tout laisse à croire que cette année serait la bonne après le ratage de l’édition précédente.
"Je comprends parfaitement la déception des coureurs, mais nous allons apprendre de nos erreurs, tout en capitalisant sur les bons points. Nous promettons une meilleure édition pour l’année prochaine", répond Mohamed Jouahri aux critiques.
Un discours complètement déphasé par rapport aux promesses tenues avant la course. "La 10ème édition du marathon International de Casablanca qui se tiendra le dimanche 29 octobre, est celle du renouveau", promettait la SDL Casa Évents à travers des publi-rédactionnels insérés dans des journaux.
Une campagne de communication très importante a précédé cet événement qui a coûté 3 millions de DH, selon le directeur général de Casa Évents, Mohamed Jouahri. Dans une interview accordée à Telquel, ce dernier explique que cette somme a été apportée par le Conseil de la ville, le conseil de la région ainsi que le conseil préfectoral. De l'argent public, en somme.
Il est vrai que cette enveloppe est inférieure à ce qui se fait dans les plus grands marathons du monde, mais c’est assez pour offrir à la ville une manifestation convenable et qui se respecte.
Sauf que les 6.200 participants, qu’ils soient simples coureurs du dimanche ou professionnels, ont connu une expérience très peu satisfaisante, voire même dégoûtante. "Nous n’avons pas trouvé le minimum requis pour ce type de manifestations", nous raconte l’un des marathoniens.
Sur le trajet, les organisateurs n’ont pas prévu assez de ravitaillements ni des bouteilles d’eau en quantité suffisante. De coutume dans ce type de courses, les marathoniens ont droit à des morceaux de fruits, à des fruits secs ou encore à d’autres aliments qui peuvent les aider à finir le trajet.
"Nous avons prévu des tables chaque 5 kilomètres avec suffisamment d’eau mais destinée seulement aux coureurs du Marathon et du semi-marathon. Nous avons aussi prévu des sacs avec des fruits et des sachets de fruits secs pour l’ensemble des participants à la ligne d’arrivée", se dédouane le directeur général de Casa Évents.
Ce dernier ajoute, "à un moment donné, même les participants aux 10 kilomètres ont voulu avoir un ravitaillement similaire à celui des marathoniens. Nous ne pouvons pas réserver le même traitement pour l’ensemble des participants".
Hormis cet aspect, les marathoniens ne se sont pas sentis en sécurité durant la course. Les rues de Casablanca, incluses dans les circuits, n’ont pas été toutes évacuées pour faciliter la course. "Après quelques minutes de courses, on pouvait croiser facilement des automobilistes et ça c’est pas du tout agréable pour courir", s’indigne l’un des participants.
"C’est le point noir dans l’image du marathon de Casablanca. Les automobilistes n’ont pas été très patients. Nous avons espéré avoir une matinée sans voitures à Casablanca, et nous avons pris toutes les dispositions, mais nous n’avons pas réussi à offrir un parcours sécurisé de bout en bout sans voitures", avoue Mohamed Jouahri.
En tout cas, ce qui est certain, c’est que Casa Évents a raté une nouvelle occasion pour briller et pour faire une belle promotion pour la ville de Casablanca. Les Casablancais ont, malheureusement, déjà connu des déceptions vis-à-vis de Casa Évents. La SDL cumule les ratages au niveau de la billetterie des matches de football qu’accueille le complexe Mohammed V.
Les évènements sportifs sont devenus pour plusieurs villes du globe des événements promotionnels. Ce n’est certainement pas le cas de Casablanca. Pour un pays qui a déposé son dossier de candidature pour l’organisation de la coupe du Monde 2026, un grand effort doit être fait dans ce sens. Un marathon, ou un match de football, sont bien plus faciles à organiser qu’une compétition internationale avec la présence de plusieurs délégations. Casa Évents doit revoir sa copie et rapidement.
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