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Crise de la Samir: Etat, salariés, créanciers, tout le monde y perd

Une raffinerie qui dépérit, des salariés en colère, des créanciers qui désespèrent, une catastrophe qui s'annonce et le mutisme de l'Etat. Voici en où est le dossier la Samir. 

Crise de la Samir: Etat, salariés, créanciers, tout le monde y perd
Abdelali El Hourri
Le 29 octobre 2017 à 15h40 | Modifié 29 octobre 2017 à 15h40

Toutes les parties prenantes dans ce dossier ont l'impression de crier dans le désert. Un sentiment d'impuissance et de gâchis par rapport aux intérêts du Maroc, des salariés, des sous-traitants et des créanciers et plus généralement de la collectivité. Tenez-vous bien: environ 35 milliards de DH de créances ont été validées. 3,5% du PIB et ceci, uniquement en dettes. A lui seul, l'Etat seul pourrait récupérer 12 à 16 milliards de DH. Les banques 2 à 4 milliards de DH. Etc...

Ce lundi 30 octobre, le juge-commissaire, le syndic et les contrôleurs se réuniront pour examiner, une nouvelle fois, les offres de rachat de la Samir. En espérant qu'un candidat présente enfin une garantie, cet ultime obstacle à la cession.

Le délai de continuité de l'exploitation du raffineur a été prolongé de 3 mois supplémentaires, soit jusqu'au 21 janvier. C'est la sixième prolongation accordée par le tribunal de commerce. Et un énième sursis pour le syndic judicaire, Mohamed El Krimi.

Pour les 865 salariés du raffineur, l'attente devient insoutenable. "Le front local de suivi de la crise de la Samir", un collectif regroupant des partis politiques, des syndicats et des ONG a organisé un défilé de protestation le samedi 28 octobre à Casablanca. Leurs revendications? La première concerne le redémarrage urgent de l'outil de production, à l'arrêt depuis l'été 2015. Chaque jour qui passe dégrade inexorablement l'outil de production et viendra un jour où il deviendra simple ferraille sur un terrain hypothéqué au profit d'une banque.

La liquidation de la Samir a été prononcée le 21 mars 2016. Par la même occasion, le tribunal de commerce avait nommé le juge-commissaire (Abderrafii Bouhamria) et le syndic. Ce dernier s'était aussitôt attelé à la relance de la production, profitant des trois mois de continuation autorisés par le tribunal. Ces trois mois passés et six prolongations plus tard, la raffinerie est toujours en mode pause.

C'est parce qu'on ne redémarre pas une raffinerie comme en redémarrerait une voiture. Or, semaine après semaine,  l'arrêt de la Samir rend compliqué son redémarrage, la mène vers un dépérissement assuré et l'éloigne d'une cession au meilleur prix.

Ce dernier point a de quoi inquiéter les créanciers. Le montant de la cession conditionne celui qu'ils percevront en paiement de leurs créances. Et vu la situation, beaucoup de créanciers s'inquiètent, voire désespèrent.

"Si nous parvenons à obtenir ne serait-ce que 40% de notre créance, nous nous estimerons heureux", confie à Médias24 ce gros créancier. S'il s'exprime au nom de son établissement bancaire, il affirme que sa situation vaut pour toutes les autres banques concernées par la procédure.

En aout 2015, la Banque centrale avait évalué à 8,5 MMDH la dette financière de la Samir auprès des banques marocaines. Dans ses comptes, la Samir ne leur reconnait qu'une dette de 5,7 MMDH, un montant qui, après vérifications, pourrait être revu à la baisse. Mais si la cession échoue ou si le prix d'achat est faible, ces banques devront faire encore plus de concessions.

Ce constat s'applique à tous les autres créanciers, qu'ils soient privés ou publics. Même si, de fait, les enjeux ne sont pas les mêmes. La Douane cumule à elle seule une créance estimée entre 12 et 15 MMDH. Pour cette administration, chaque centime de perdu engage sa responsabilité morale vis-à-vis de la collectivité.

Ce qui interroge aussi le rôle de l'Etat. La liquidation est une procédure purement judiciaire. La protection de l'ordre public économique, qui sous-entend la protection des emplois, relève également de la Justice, qui est et qu'on voudrait indépendante. Mais l'Etat ne peut-il pas intervenir, à sa manière, pour empêcher une catastrophe qui s'annonce, et qui lui est tout de même un peu imputable?  Juridiquement, l'Etat a les moyens d'intervenir. Il doit le faire. Des salariés envisagent d'en appeler directement au Roi Mohammed VI.

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Abdelali El Hourri
Le 29 octobre 2017 à 15h40

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