Etude. Les entreprises marocaines peinent à trouver les talents
Les dirigeants des entreprises marocaines sont de plus en plus conscients que la réussite de leurs stratégies s’accompagne de paliers de transformation successifs, menés progressivement sur la durée.
C'est ce qui ressort d'une enquête menée par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et le cabinet Optimum conseil, sur "les enjeux des dirigeants marocains face à la transformation de leur entreprise".
Selon l'enquête, 73% des dirigeants questionnés affirment avoir mené des changements structurants au cours des trois dernières années, qui ont significativement modifié leurs organisations, les modes de fonctionnement, la culture et le management, la relation avec leurs clients …
L'enquête note que cette pratique croît avec la taille des entreprises: les projets de transformation sont davantage menés au sein des grandes entreprises (90% des entreprises de plus de 600 millions de DH de chiffre d'affaires) qu’au sein des PME (moins de la moitié pour les entreprises ayant un CA inférieur à 50 millions de DH).
L’humain, au cœur des problématiques de transformation
Selon la typologie des entreprises et la nature des défis stratégiques, les dirigeants se heurtent encore à des difficultés inhérentes au facteur humain qui se révèlent sous différents angles:
- trouver les talents pour assurer la relève au sein des entreprises à caractère familial,
- réussir à faire adhérer les collaborateurs aux enjeux de performance opérationnelle ou commerciale et pérenniser leur mobilisation,
- disposer des compétences et expertises en interne pour pouvoir mener les projets à forts enjeux technologiques, d’innovation ou de transformation digitale…
Quelle visibilité pour l'avenir?
Une part significative de dirigeants (63%) affirme avoir une visibilité réduite: 34% des dirigeants interrogés situent leur visibilité en dessous de 6 mois, et 29% entre 6 mois et 1 an.
Le secteur financier et le secteur énergétique ont les meilleures visibilités à moyen et long termes (plus de 70% ont une visibilité supérieure à 1 an). 58% des répondants se disent plutôt, très optimistes, par rapport à la conjoncture économique, notamment ceux opérant dans les secteurs de l’énergie (92%), l’IT/télécoms (73%) et le secteur financier (59%).
Le commerce, l’industrie et les services-conseil sont les secteurs avec le moins de visibilité. Environ 50% des dirigeants des entreprises de ces secteurs déclarent avoir moins de 6 mois de visibilité.
L'enquête relève que le niveau de confiance augmente de manière significative avec la taille de l’entreprise. De même, le niveau de visibilité se réduit significativement pour les TPE et PME, tandis que les grandes entreprises expriment un niveau de confiance plus élevé, dû à une meilleure visibilité sur des facteurs endogènes tels que leur carnet de commande.
L'économie informelle, principale menace
Malgré l’optimisme affiché par 58% des dirigeants interrogés, les entreprises semblent encore fortement confrontées à des menaces spécifiques au contexte marocain.
L’économie informelle inquiète la majorité des entreprises (52%), quel que soit leur secteur et le niveau du chiffre d'affaires.
Evoquée par quasiment l’ensemble des secteurs et typologies d’entreprises, elle ressort en particulier pour les secteurs du commerces & distribution (70% de ce panel), services et conseil (58%), industries (57%).
Les secteurs les plus dynamiques en termes d’innovation, de digitalisation et d’ouverture sur l’international, l’évoquent comme principale menace, à savoir: les banques et assurances (56% des répondants de ce panel) et IT/télécoms (45%).
Les facteurs régaliens (environnement administratif et politique, environnement législatif et judiciaire, poids de la règlementation fiscale) sont également une menace substancielle: le tiers des répondants a évoqué ces sujets que l’on retrouve en particulier auprès des dirigeants des secteurs infrastructures et transports (50%), industrie pharmaceutique (57%) et énergie et utilities (54%).
A noter que les TPE sont les entreprises les moins confiantes mais sont également la catégorie d’entreprises qui a le plus d’espoir dans le commerce digital et l’ouverture de l’économie nationale sur l’international. Cependant, ce sont celles qui se sentent les plus menacées par l’environnement législatif et judicaire et par la règlementation fiscale en particulier.
Par ailleurs, la performance et l’innovation représentent les premiers défis stratégiques exprimés.
Anticiper les enjeux de demain pour mener les transformations futures
Quels que soient les défis stratégiques auxquels seront confrontés à l’avenir les dirigeants des entreprises, ces derniers devront plus que jamais s’interroger et challenger leur vision managériale, souligne l'enquête.
Face aux pressions de leur environnement, les entreprises sont amenées à questionner leur modèle de compétitivité et plus fondamentalement leur modèle organisationnel et managérial, leurs systèmes internes, leur offre de valeur ainsi que leur modèle économique.
Ainsi, les dirigeants doivent désormais:
- Savoir décider de la bonne stratégie de transformation et de la trajectoire la plus pertinente,
- Etre à l’écoute des mutations externes, ajuster sa stratégie en associant vision long terme et processus continu de transformation de l’entreprise,
- Déclencher simultanément la mise en mouvement des organisations et des équipes,
- Développer la capacité d’adaptation permanente de l’entreprise,
- Anticiper les impacts des changements futurs sur les parties prenantes de l’entreprise,
- Mobiliser les énergies tout au long du programme stratégique.
Cette enquête a été menée sur une durée de 7 semaines (du 1er juin au 19 juillet 2017), auprès de 198 dirigeants d’entreprises au Maroc.
À découvrir
à lire aussi
Article : Football : Málaga donne le nom d’Abdallah Ben Barek au terrain principal de son académie
Le club andalou a rebaptisé le Campo 1 de sa cité sportive « Estadio Abdallah Ben Barek », en hommage à l’ancien international marocain, figure historique du CD Málaga et formateur de plusieurs générations de joueurs.
Article : Marchés financiers : Bloomberg accueille à Londres une délégation marocaine de haut niveau
Une délégation représentant l’écosystème marocain des marchés de capitaux a été reçue au siège européen de Bloomberg, dans le cadre des Morocco Capital Markets Days 2026, rendez-vous destiné à renforcer la visibilité de la place financière marocaine auprès des investisseurs internationaux.
Article : Défense antiaérienne : pour contrer les drones et les munitions rôdeuses, les FAR renforcent leur dispositif mobile
Des images récentes de véhicules Sherpa marocains équipés de systèmes Mistral 3 confirment l’intégration d’une capacité de protection rapprochée destinée à accompagner les unités des FAR au plus près du terrain. Un choix qui traduit l’adaptation progressive de la défense antiaérienne marocaine à des menaces plus mobiles, plus nombreuses et plus difficiles à intercepter.
Article : Attaque de Smara. Le front international contre le polisario s’élargit
Après les États-Unis, la France et l’Union européenne, d’autres pays, de l’Europe au monde arabe en passant par l’Afrique, ont condamné l'attaque terroriste du 5 mai 2026 contre Smara, dans une séquence où les appels au cessez-le-feu se doublent d’un soutien plus explicite que jamais au plan d’autonomie marocain.
Article : Futsal : le Maroc conserve sa 6e place mondiale au classement FIFA
Les Lions de l’Atlas restent la première sélection africaine et arabe, avec 1.486,53 points, selon la dernière mise à jour publiée vendredi 8 mai 2026 par l’instance internationale.
Article : Maroc-Chine : l’ENSA signe un accord avec l’Institute of State Governance de HUST
L’École nationale supérieure de l’administration entend renforcer ses partenariats internationaux dans la formation, la recherche et la modernisation de l’action publique.

