La Sonasid espère un prolongement de la clause de sauvegarde
En dépit d’un marché très concurrentiel, la Sonasid a réussi à retrouver un minimum de rentabilité après des exercices très difficiles. Le groupe espère que l’exécutif prolonge la clause de sauvegarde et instaure l’antidumping pour protéger les produits fabriqués localement.
"Nous sommes en train de négocier une rallonge des mesures de sauvegarde avec les instances décisionnaires de l’État. Nous espérons aussi l’application de quelques mesures non tarifaires et aussi l’instauration de l’antidumping". Ce sont les principales doléances du Directeur général de la Sonasid, Amin Abrak, au nom de tout le secteur. La clause de sauvegarde appliquée en 2016 doit prendre fin en décembre 2018 et les sidérurgistes espèrent avoir quelques trimestres supplémentaires. Le groupe qui a vu ses résultats se redresser lors des 6 premiers mois de l’année, souhaite avoir l’oreille du ministère de tutelle et de l’ensemble de l’exécutif.
Les dirigeants de la Sonasid ont tout de même quelques pistes pour faire pression sur le gouvernement. D’un côté, et malgré un marché national en surcapacité et marqué par un repli de 9% de la consommation, Sonasid a affiché des résultats satisfaisants pour le premier semestre. Le groupe a retrouvé un minimum de rentabilité grâce au maintien des prix à un niveau soutenable. "Nous avons fait un effort pour une rationalisation de notre présence sur le marché local", rappelle Amin Abrak.
En effet, le groupe a procédé et pour la première fois de son existence à une opération d’exportation à destination des États Unis d’Amérique. Plus 20.000 tonnes de fil machine ont donc été écoulées sur le marché américain. "Le marché n’aurait jamais supporté si on avait vendu cette quantité au Maroc. Les prix auraient connu une correction", nous explique le DG de la Sonasid.
En plus de son aspect commercial et stratégique, cette opération avec le client américain procure une satisfaction particulière aux dirigeants du groupe sidérurgique. "Nos partenaires aux USA jugent notre produit comme étant de très grande qualité. Une appréciation très sérieuse qui devrait attirer l’attention des décideurs marocains", lâche Amin Abrak. Comprenez: les sidérurgistes marocains sont capables de fournir un produit irréprochable, alors pourquoi aller importer auprès d’acteurs étrangers.
Il faut dire que le marché marocain a été envahi par les produits venus du Portugal, de l’Espagne ou même de l’Italie. Les entreprises turques se préparent, elles aussi, à s’attaquer au marché marocain après l’antidumping appliqué par les USA. "Dans quelques pays, l’antidumping est instauré parfois au bénéfice d'un seul opérateur", précise notre interlocuteur, qui espère que le Maroc en fera de même dans le futur. Quelques économies voisines ont appliqué de telles mesures et la courbe des exportations a considérablement baissé au profit des acteurs locaux.
En tous les cas, sur le premier semestre de l’année, le chiffre d’affaires de Sonasid s’est établi à 1,67 milliard de dirhams, soit une progression de 7% par rapport à son niveau enregistré l’année dernière. L’EBITDA passe, de son côté, de 19,7 millions de DH enregistrés lors du 1er semestre 2016 à plus de 131 millions de dirhams à la même période de cette année. C’est ainsi que le RNPG a retrouvé un niveau positif, 21 millions de dirhams, alors qu’à fin juin 2016 la Sonasid accusait un déficit de 61 millions de dirhams.
Les dirigeants de l’entreprise qui jouit d’une part de marché dépassant les 40%, expliquent que le deuxième semestre de l’année risque d’être moins satisfaisant que le premier. Le troisième trimestre a connu un ralentissement très important marqué par la fin du mois de ramadan et la période des vacances en plus de l’Aid El Kebir.
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