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Affaire du centre Jacques Berque: L’ambassade de France suit attentivement le dossier

Depuis son arrivée au Maroc en 2015, Sabrina Mervin est accusée de terroriser les membres marocains de son personnel. Malgré ses dénégations, la directrice du centre Jacques Berque d’études en sciences sociales et humaines est visée par une enquête interne du Quai d’Orsay après les graves accusations de ses détracteurs.

Affaire du centre Jacques Berque: L’ambassade de France suit attentivement le dossier
Samir El Ouardighi
Le 11 septembre 2017 à 14h28 | Modifié 11 avril 2021 à 2h43

"Laissez moi tranquille, je n’ai rien à vous dire" se défend maladroitement la directrice, auprès de Médias24 qui l’a sollicitée pour répondre aux accusations de "néocolonialisme" lancées dans une pétition de chercheurs marocains permanents et détachés auprès du centre Jacques Berque.

Du côté de l’ambassade de France, on nous affirme suivre avec attention cette affaire tout en regrettant "l’exagération" des reproches adressés à la directrice

"Nous avons effectivement reçu des témoignages sur des problèmes de gouvernance du centre Jacques Berque et le Quai d’Orsay a lancé des audits qui n’ont pas conclu à la seule responsabilité de Mervin", tempère notre source qui écarte tout comportement raciste inexcusable et rédhibitoire.

Interrogée sur le résultat en juin de cet audit qui a abouti selon certaines sources à sa démission avant qu’elle ne la retire, le diplomate français confirme cette information tout en assurant qu’elle n’a aucun rapport avec les investigations du Quai d’Orsay.

"Les affaires étrangères prennent très au sérieux ces accusations graves mais pour l’instant, nous n’avons aucun élément probant qui confirmerait un comportement inacceptable de cette membre du réseau d’enseignement étranger de la France. Cela ne nous empêche pas de poursuivre le dialogue entre les différents antagonistes afin d’apaiser la situation et aboutir à une gestion plus saine au niveau de la gestion du CJB", conclut notre interlocuteur.

Selon un membre de l’équipe de chercheurs associés, requérant l’anonymat, le comportement "dictatorial et maladroit" de la directrice est avéré, même s’il juge infondées les accusations de racisme et de néocolonialisme.

"Le résultat de ce paternalisme est l’absence de collaboration du CJB avec d’autres organismes comme l’EGE (école de gouvernance et d’économie) ou le CNDH (centre national des droits humains) qui a mis fin à un contrat de 200.000 euros mais aussi avec d’autres centres.

"Le centre est devenu une coquille vide"

"Il y a un vrai problème de gouvernance qui impacte la recherche universitaire car depuis son arrivée au Maroc en 2015, elle maltraite son personnel marocain en passant son temps à l'accuser d’incompétence. En moins de deux ans, on est passé de 70 chercheurs associés à moins de 20 dont seulement deux ou trois sont actifs et productifs', accuse notre interlocuteur qui explique que la directrice a fait le ménage pour éliminer tout le personnel universitaire associée à la précédente direction.

Sachant que le CJB est destiné aux chercheurs venant du CNRS de France pour mener des recherches fondamentales sur le Maghreb et être une plate-forme d’échanges entre le Maroc et la France, notre source affirme que ce n’est plus le cas car ce centre est devenu "une coquille vide".

"L’origine de cette affaire n’est pas un prétendu racisme à l’égard du personnel marocain mais plutôt son paternalisme qui consiste à les accuser de ne pas maîtriser la langue française alors que la recherche peut se faire en arabe ou en amazigh sachant que les chercheurs détachés doivent obligatoirement s’exprimer dans la langue locale. Le fait de les harceler et de les accuser d’arriver en retard ou même d’être sales a poussé une partie d’entre eux à la dépression ou à la démission".

"Au final, cette mauvaise gestion des ressources humaines aboutit à un blocage total des activités du centre dont nous mettrons des années à nous relever", conclut notre interlocuteur qui pense que le départ de la directrice devient une nécessité pour résoudre la paralysie du centre Jacques Berque. 

La seule réaction officielle de Sabrina Mervin

Dans un post sur la page Facebook du centre, publié dimanche après-midi, la directrice du Centre Sabrina Mervin a rejeté catégorique les accusations de racisme et de néocolonialisme et reconnu l'existence de certains problèmes. Voici le texte de son communiqué:

"Je me trouve dans l'obligation de réagir à une campagne de dénigrement à mon encontre.
"Je ne suis pas la seule visée. Au-delà de mon cas, c'est le Centre Jacques Berque, un bel outil de coopération entre la France et le Maroc, qui est touché et menacé.
"Je réfute l'ensemble des faits allégués dans la pétition.
"Les accusations de racisme, de colonialisme et de révisionnisme proférées contre moi sont aberrantes et relèvent de la diffamation.
"Le Centre Jacques Berque traverse effectivement une crise due à des problèmes sérieux au sein de l'équipe administrative dont le règlement est en cours, en interne, selon les procédures adéquates.
"Il faut raison garder et restaurer le calme".

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Samir El Ouardighi
Le 11 septembre 2017 à 14h28

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