Paiement mobile. OMA Emirates lorgne le marché marocain
Fournisseur de solutions de paiement basé aux Emirats arabes unis, OMA Emirates est déjà présente au Maroc à travers une participation majoritaire dans une entreprise marocaine. Le groupe émirati espère avoir sa place dans le marché du paiement mobile au Maroc.
Avec l’avènement du paiement mobile, le paysage des paiements numériques au Maroc connaîtra certainement un grand tournant. Et au fur et à mesure que le pays s’approche du bouclage du chantier (le démarrage effectif du paiement mobile est espéré pour 2018, selon Bank Al Maghrib), le Maroc attise les convoitises de plusieurs opérateurs internationaux de cette technologie.
Parmi eux, OMA Emirates. Fournisseur de solutions de paiement basé à Sharjah aux Emirats arabes unis depuis 1991, il est présent dans 9 pays à travers le monde, dont le Maroc déjà. La société émiratie est devenue, en 2015, actionnaire majoritaire de Business Rules Solutions, entreprise marocaine dont le siège est à Rabat, et qui compte parmi ses clients de grandes institutions comme Al Barid Bank, Crédit Agricole du Maroc ou Transdev.
"Vu que la stratégie actuelle du Maroc s’aligne avec la mise en place des réformes et des infrastructures nécessaires à la promotion des paiements mobiles, nous proposons notre outil de paiement mobile MPOS pour offrir une mobilité souple et sûre à travers divers segments", nous déclare une source autorisée à OMA Emirates.
La société émiratie compte implémenter cette solution au Maroc, après une introduction déjà réussie en Inde et en sous-continent.
Cette solution permettra aux commerçants d’accepter des paiements par carte de débit et/ou crédit, n’importe où et à tout moment, en utilisant leur Smartphone ou tablette portant une application de paiement mobile, qui se connecte avec un lecteur de carte bancaire.
La solution sera commercialisée auprès du client final (commerçants, fournisseurs de services de transport, hôtels, etc.), et implémentée à travers leurs "banques acquéreurs", c'est-à-dire les banques chargées de la collecte d’argent dans un modèle de vente via terminal physique ou de vente à distance.
"Le produit est également fourni aux banques acquéresses pour leur offrir de nouveaux modes de paiement innovants, ainsi que pour l'amélioration de leurs services et l'acquisition de nouvelles opportunités d’affaires", explique notre source.
La solution est par ailleurs flexible et s’adapte à différents modèles de smartphones. Qui plus est, les transactions sont sans papier, vu que les reçus sont envoyés sous forme d’un e-mail ou d’un lien par SMS.
D’une autre part, OMA Emirates dispose d’une panoplie d’autres offres dont elle espère faire profiter le marché marocain: "Le portefeuille d’OMA Emirates est très large en termes de solutions de paiements, tels que le E-voucher et E-Top qui permettent le paiement de recharge téléphonique, et le gestionnaire E-wallet qui est un porte-monnaie électronique", continue notre source.
Les études menées par Bank Al Maghrib et l’Agence nationale de réglementation des communications (ANRT) ont permis d’identifier les principaux flux de paiement en cash, représentant une enveloppe globale annuelle de 400 MMDH.
En plus des achats commerciaux, le paiement mobile permettra également de digitaliser les services, y compris les transferts domestiques de petites sommes, les paiements de facture, l’achat de recharges mobiles, le paiement des prestations sociales, ainsi que le paiement des fournisseurs par les commerçants de détail.
Par ailleurs, les paiements mobiles sont sécurisés, pratiques et rentables pour les clients, les commerçants, ainsi que pour les fournisseurs de services (banques et opérateurs télécoms). La gestion du cash coûte 7 MMDH à l’économie marocaine par an, selon Asmae Bennani, directrice en charge de la surveillance des systèmes et moyens de paiement à Bank Al Maghrib. "C’est beaucoup d’argent qui pourrait être utilisé ailleurs", argumente-t-elle.
Ceci étant, OMA Emirates insiste que les solutions de mobilité doivent s’adapter aux réglementations de chaque pays, telles qu’elles sont édictées par l’autorité monétaire locale: "C’est ce qui peut se montrer comme obstacle à l’introduction de la solution dans certaines régions, comme c'était le cas du Maroc avant l’adoption des lois et réglementations récentes sur le paiement mobile", conclut notre source.
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