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Dolmy, le vrai “Maâlem” raconté par ceux qui l’ont connu

Il était la grande star du football marocain des années 70, 80. Le "Maestro", le "Maalem", le "Maître", autant d’adjectifs et bien d’autres pour qualifier Abdelmajid Dolmy le joueur exceptionnel. Ses amis, ses proches et ceux qui ont été fascinés par son jeu se rappellent de lui comme  quelqu’un de très discret et très humble dans la vie. 

Dolmy, le vrai “Maâlem” raconté par ceux qui l’ont connu
El Mehdi Berrada
Le 28 juillet 2017 à 13h34 | Modifié 28 juillet 2017 à 13h34

>Said Belkhayat, Directeur Exécutif de la Fondation Mohammed VI Des Champions Sportifs et ancien président du MAS.

J’étais l’une des dernières personnes à lui avoir parlé au téléphone. Il m’avait appelé pour quelques détails qu’il fallait régler avant son départ pour l'Hajj. Parce qu’il faisait partie de la liste des sportifs qui allaient bénéficier d’un pèlerinage avec la fondation Mohammed VI des champions Sportifs. D’ailleurs, c’est à travers la fondation qu’on s’est beaucoup rapprochés, lui et moi.

En réalité, je l’avais connu jeune, il était encore remplaçant avec l’équipe nationale dans les années 1970. J’ai aussi eu le privilège de le voir jouer durant toute sa carrière. Je me rappelle de son transfert du Raja à la Centrale Laitière en 1987 pour 400.000 DH. La somme à cette époque était astronomique et il méritait ce prix. Sur le terrain, il était juste magnifique.

C’est un garçon d’une discrétion extraordinaire, qui n’était pas à l’aise avec les médias et qui avait un cœur d’or. Il avait d’ailleurs distribué tous ses biens à ses amis. Chaque fois que quelqu’un le sollicitait, il répondait présent.

>BAdou Zaki, ancien coéquipier de Dolmy et entraîneur de l'Ittihad de Tanger 

Je présente avant tout mes condoléances à toute la famille sportive marocaine ainsi qu’à la petite famille du défunt. Abdelmajid a beaucoup donné au football marocain et même africain, par contre le sport n’a pas été très juste à son égard. 

Nous aurions pu le voir dans les meilleurs clubs européens, mais malheureusement sa carrière a été limitée au Maroc. Ceci dit, lors de la Coupe du Monde 1986, il a été l’un des meilleurs milieux de terrain de la compétition. 

Quand j’étais sur le terrain, j’ai toujours été celui qui criait pour remettre de l’ordre dans l’équipe. Par contre avec Dolmy, je n’avais pas besoin de ça. Il était toujours bien placé et il avait la capacité de temporiser et de garder le ballon quand il le fallait et d’accélérer le rythme de jeu au moment adéquat. Quand il était sur le terrain, nous étions rassurés. 

>Reda Allali, journaliste et musicien

il faut savoir que Abdelmajid Dolmy était l’âme de l’équipe nationale et de l’effectif du Raja de Casablanca à son époque. Moi en tant que fan du Raja, Dolmy était une icône. Il jouait pour toute l’équipe, il se sacrifiait pour les autres et il couvrait tout le terrain avec sa classe.

Il était l’illustration parfaite de l’abnégation de générosité et de dévouement. Que çe soit avec le maillot du Raja ou celui des Lions de l’Atlas, Dolmy arrivait toujours à nous surprendre avec sa créativité.

Il lui est arrivé de porter d’autres maillots à part celui du Raja durant sa carrière et même celui du WAC. Quand les autres clubs avaient des matches amicaux prestigieux, ils le sollicitaient pour renforcer leurs effectifs.

Après, en tant que journaliste, j’ai eu du mal pour l’interviewer la première fois. Il n’était pas très bavard et il préférait rester loin des projecteurs. Mais une fois qu'il était en confiance, il m’a raconté beaucoup d’anecdotes et d’histoires. Nous avons aussi parlé longuement de musique, et c’est là où j’ai connu une facette de Dolmy grand amateur de musique.

Avec lui, c’était le vrai football, loin des réseaux sociaux et seulement que sur le terrain. Il a, d’ailleurs, toujours essayé de rester réservé et il a voulu se protéger en quelque sorte. 

>Amine Rahmouni, journaliste sportif 

Quand je l’ai vu jouer, j’étais jeune et c’étaient mes premiers pas en tant que wydadi. En tant que tel, s’il y avait bien un joueur que j’aurais aimé voir porter le maillot du WAC, c’était Abdelmajid Dolmy. Je me rappelle très bien d’ailleurs d’un beau but qu’il avait marqué lors d’un derby, d’une très belle frape dans la lucarne contre Azmi.

Je l’ai vu jouer avec l’équipe nationale de 1986 et j’ai aussi eu l’occasion de le voir jouer en direct la Coupe d’Afrique des nations de 1988 à Casablanca.

Par contre, le grand regret que j’ai, c’est le fait d’attendre la disparition des grandes personnalités du sport pour leur rendre hommage. C’est le cas pour Dolmy, Faria, Oscar ou encore Blinda.

Dolmy n’a jamais eu de jubilé et ce n’est pas du tout normal. Pourtant, il a eu quand même le trophée du fair-play, décerné par l’UNESCO pour récompenser son exemplarité sur le terrain. Je ne connais pas d'autres Marocains qui ont eu cette distinction.

>Aziz Daouda, ancien athlète, entraîneur marocain et membre de la Fondation Mohammed VI Des Champions Sportifs

Ce qu’il faut savoir, c’est que Abdelmajid Dolmy était un grand sportif et pas seulement joueur de football. Il était quelqu’un qui aimait toutes les disciplines sportives et qui suivait d’autres sports à part le football. Je me rappelle en 1984 nous étions au Jeux Olympiques de Los Angeles et il se réveillait avec moi à 5 heures du matin pour aller voir les éliminatoires. 

Qu’il y ait des Marocains ou pas, il venait avec moi pour regarder le sport alors que c’est une phase à laquelle personne n’assiste à part les entraîneurs et les accros de l’athlétisme.

C’est quelqu’un qui s’est beaucoup exprimé par le silence. Même s’il ne parlait pas beaucoup, il était capitaine de l’équipe nationale et tout le monde arrivait à comprendre ce qu’il voulait dire. Pour moi, c’était un véritable philosophe du sport qui malheureusement n’a jamais écrit.

Il ne se confiait que très peu, mais dans des moments d’intimité, il parlait de plusieurs sujets et avec beaucoup de profondeur. Par contre, il préférait se taire quand il était dans un endroit avec beaucoup de monde. 

>Lino Bacco, journaliste sportif 

Abdelmajid était comme un petit frère pour moi avant tout. Je l’ai connu depuis les années 1970 à ses débuts. Je faisais partie de la commission centrale technique de l’équipe nationale et on l’avait convoqué pour ses premiers matches avec les Lions de l’Atlas. 

Pour parler de Dolmy, il faut faire la distinction entre deux personnages. Le Dolmy dans la vie de tous les jours et le Dolmy sur un terrain. 

C’était un garçon qui a toujours préféré vivre dans la simplicité, sur la pointe des pieds pour ne pas faire trop de bruit. Par contre, sur un terrain, il en faisait beaucoup. Il était exceptionnel. 

On peut même regretter le fait qu’il n’ai pas eu sa chance d’aller jouer à l’étranger. À l’époque, si le joueur n’avait pas plus de 27 ans il ne pouvait pas rejoindre un club à l’étranger. Pour lui, le football c’était sur le terrain, et après une carrière de footballeur il n’y avait rien.

Quand on voit les prix que les clubs en Europe sont prêts à payer pour recruter des joueurs, je suis certain que Domy aujourd’hui ne vaudrait pas moins que 100 millions d’euros. 

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El Mehdi Berrada
Le 28 juillet 2017 à 13h34

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