Samir: Nouveau délai aux candidats
La vente de la Samir suspendue à la présentation d'une caution, que les candidats ont du mal à obtenir. Le syndic vient de décrocher un nouveau délai pour la continuité de l'activité de l'entreprise. L'interminable statu quo jette le doute sur la crédibilité de quelques candidats.
Une impasse? On n'en est pas loin. Mohammed El Krimi, syndic chargé de liquider la Samir, vient d'obtenir un nouveau délai (trois mois) pour la continuité de l'activité de l'entreprise. La décision a été prononcée ce lundi 17 juillet par le tribunal de commerce de Casablanca. Depuis le jugement mettant la raffinerie en liquidation (21 mars 2016), c'est la sixième fois qu'il accorde une prolongation.
Raisons de la prolongation: "l'intérêt général ou l'intérêt des créanciers". Vague. Les vrais motifs sont clairs: La Samir n'arrive toujours pas à trouver preneur. Le plus disant, autrement dit le favori du juge-commissaire, avait formulé une offre de 28 milliards de DH. Alléchant, sauf qu'il n'a pas été en mesure de produire une caution bancaire, soit 1% du montant offert (280 millions de DH).
Où réside le blocage? Le juge-commissaire exige que la garantie soit délivrée par un établissement national. Or, selon nos sources, une grande partie des candidats se plaignent "de la frilosité des banques", qui poseraient "des conditions prohibitives."
"Frilosité", des sources proches du dossier invoque plutôt "la prudence justifiée" ou "la gestion des risques". "C'est très simple. Si la banque n'a pas fourni la caution, c'est que l'assise financière du candidat n'encourage pas à le faire", nous explique cet avocat proche du dossier.
"Quand il s'agit d'un acquéreur étranger, l'usage voudrait qu'il obtienne la garantie via une banque établie dans son pays. A charge pour cette banque de coordonner avec son homologue marocaine sur un mécanisme de contre-garantie. C'est une formalité très simple, à moins que la banque étrangère elle-même ne soit pas encouragée par le profil du candidat", analyse notre source.
Si du côté du tribunal, "la crédibilité des candidats ne fait aucun doute", on se demande néanmoins comment un investisseur qui avance une offre de 26, 27 ou 28 MMDH soit dans l'impossibilité d'en déposer un infime pourcentage sous forme de caution, pendant deux mois entiers d'attente. Cette situation confirme en réalité les doutes que nous avions nous mêmes exprimés sur la crédibilité de deux candidats à la reprise, dont le fameux Anglo Energy.
Certains candidats ont fait savoir au juge-commissaire leur aptitude à présenter la garantie, et dans l'immédiat. Un consortium a proposé 25 MMDH, mais, étant loin dans la course, rechigne à déposer la caution car générant des frais. D'autres se disent prêts mais leurs offres sont très en deçà de la valeur de la Samir, arrêtée à 21,6 MMDH.
Une chose est sûre. Sans caution ou autre forme de garantie, point de cession. C'est une équation logique, et légale. Le code de commerce impose aux candidats de formuler une offre, mais aussi les garanties souscrites en vue de son exécution. Pour le juge-commissaire, accepter une offre sans garantie serait une faute professionnelle. Et brader la Samir serait préjudiciable aux créanciers, dont les chances de paiement grandiront à mesure que grandira le prix de cession. La dette de la raffinerie s'élève à 43 MMDH.
L'appel à manifestation d'intérêt pour le rachat de la Samir a été publié en février 2017. Depuis, 20 candidats se sont montrés intéressés, 10 ont formulé des offres dont seulement 4 ont été retenues. L'ordonnance ayant ouvert la voie à la cession a été rendue le 30 janvier. Six mois plus tard, cette cession demeure suspendue.
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