Med Paper: OPA probable, OPR possible
Aliken a décidé de lancer une Opération Publique d’Achat (OPA) sur les actions Med Paper qui circulent sur la Bourse de Casablanca. Le clan des Sefrioui détient plus de 54% du capital de cette entreprise. Si l'AMMC vise la demande d'OPA, une OPR est très probable aussi.
L’entreprise Aliken pourrait annoncer une Opération Publique d’Achat (OPA) sur les actions de l’entreprise Med Paper qui circulent sur la bourse de Casablanca, selon une source bien informée. La Bourse de Casablanca a d’ailleurs suspendu ce lundi 10 juillet la valeur Med Paper dans l’attente d’une information importante. Aliken veut lancer l'OPA, la décision finale sera celle de l'AMMC.
Le lancement d’une OPA, dépend d’une réglementation bien stricte de l’AMMC et des arrêtés ministériels qui encadrent ces opérations. "Toute personne physique ou morale détenant, seule ou de concert, directement ou indirectement, 40% des droits de vote de la société cible est obligée de déposer un projet d’offre publique d’achat", pouvons-nous lire sur l’arrêté ministériel relatif aux OPA.
À en croire un spécialiste du droit boursier, c’est l'expression "seule ou de concert" qui peut être sujette à interprétation.
Dans l’attente d’une interprétation
Dans le cas de Med Paper, le clan Sefrioui dispose depuis le franchissement de seuil de plus de 54% de droits de vote, mais répartis entre 4 personnes. Dansle tour de table de l’industriel, on peut trouver Mohsin, Fouad et Ilham Sefrioui en plus du magnat Anas. Ce dernier est le représentant légal de l’entreprise Aliken qui a annoncé le franchissement de seuil et qui détient 31,5% à elle seule.
Plusieurs possibilités se présentent alors. Soit l’ensemble des Sefrioui cèdent ou donnent leurs participations à Aliken et l’OPA devient obligatoire. Deuxième option, l’AMMC voit que la famille Sefrioui ne représente qu’un seul bloc et leur impose ou leur accorde de déposer une OPA.
"La troisième possibilité et qui n’a rien à voir avec les obligations légales, est plus stratégique et l’OPA est initiée par un simple actionnaire minoritaire. Autrement dit, l’entreprise Aliken dépose le plus simplement du monde une demande d’OPA pour les raisons qu’elle devra définir et exposer sur sa note d’information", nous explique notre interlocuteur.
Cela dit, à l’heure ou nous mettons en ligne cet article, l’AMMC n’a toujours pas publié son avis concernant cette opération. Le gendarme de la bourse doit examiner toutes les possibilités avant de communiquer.
Et pourtant elle ne fait pas rêver
En tout cas, ce qui est certain, c’est qu’une OPA se prépare sur les actions Med Paper. Une note d’information devrait être présentée à l’AMMC pour obtenir le visa, donnant ainsi le droit à Aliken d’acheter les titres sur le marché. L’initiateur de l’OPA devra aussi communiquer autour d’un prix d’achat qu’il offrira aux porteurs d’action Med Paper.
"Par la suite, l’OPA peut commencer et les porteurs des titres auront le choix, soit vendre ou pas leur participation dans ladite société", nous explique un enseignant de droit boursier.
Plusieurs observateurs se posent aussi la question sur l’utilité d’une OPA sur une entreprise qui cumule les déboires, les soucis financiers, les contrôles fiscaux et qui ne fait parler d’elle qu'en mal.
"La réponse, ne la détient que l’initiateur de l’OPA et il est vrai que ce n’est pas une société qui fait rêver. Ce qui est certain, c’est que le foncier dont elle dispose est digne d'intérêt", répond un analyste financier.
Le siège de l’entreprise bénéficie d’un emplacement stratégique dans la zone industrielle de Tanger Mghougha. Med Paper a aussi quelques représentations sur d’autres villes du pays, et qui peuvent intéresser un magnat de l’immobilier comme Anas Sefrioui, selon notre interlocuteur.
L’OPR attendue
Une OPA est envisageable dans le cas d’une reconfiguration du bloc de contrôle d’une société, comme le présent cas.
"Cette opération peut servir comme instrument qui peut permettre à l’initiateur de l’offre d’atteindre un objectif en terme de participation. S’il souhaite par exemple le retrait de la cote, s’il veut seulement atteindre un niveau de contrôle confortable ou s’il répond seulement à une exigence légale", nous explique notre source spécialisée dans le droit boursier.
Une fois cette opération terminée, l’initiateur de l’offre se retrouvera certainement avec une participation conséquente. "Si le prix est intéressant, les petits porteurs vont tous vendre. Aliken se retrouvera donc rapidement avec plus 65% du capital de Med Paper", prévoit l’analyste financier.
Dans ce cas, l’AMMC sera en droit d’imposer une offre publique de retrait (OPR), comme le prévoit un arrêté ministériel. "L’AMMC peut imposer le dépôt d’une offre publique de retrait à toute personne physique ou morale détenant, seule ou de concert, directement ou indirectement, plus de 65% des droits de vote de la société cible à la demande d’un minoritaire", selon le contenu de l’arrêté ministériel.
Dans le cas où l’initiateur de l’OPA atteint 95% du capital de Med Paper, il sera dans l’obligation de déposer auprès de l’autorité du marché AMMC un projet d’offre publique de retrait.
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