Ramadan. Baisse confirmée des ventes des produits de grande consommation
Ce qui a marqué ce mois de ramadan 2017, c’est indéniablement la forte baisse des ventes de produits de la grande consommation. Des opérateurs en expliquent les causes.
Moncef Belkhayat, président du groupe Dislog spécialisé dans la distribution de ce type de produits, est catégorique: Le mois de juin a été bouclé sur une note très négative. Le trend baissier entamé lors de la deuxième semaine du mois de ramadan, semaine la plus difficile depuis 2 à 3 ans, a été observé tout au long du mois de juin. Une baisse de 20% par rapport à l’année passée a été enregistrée.
"En règle générale, les fins de mois sont synonymes de reprise de la consommation du fait des paiements des salaires, mais fin juin 2017 a échappé à ce principe", ajoute-t-il.
>Juin et ramadan ne font-ils pas bon ménage?
"Cette année, la fin du mois de juin a coïncidé avec les préparatifs de Aid Al Fitr, les commerçants grossistes ont donc fermé pour quelques jours et ne se sont pas réapprovisionnés. Beaucoup de société de produits de grande consommation ont raté leurs objectifs à cause de ce hasard malheureux. Il y a eu un effet de ciseaux des suites d'une baisse des stocks des grossistes et une diminution de la consommation des ménages", poursuit M. Belkhayat.
Résultat: un mois de juin jugé catastrophique et un premier semestre en régression par rapport à la même période de l’année dernière, nous explique la même source.
"Il s’est passé quelque chose d’étrange courant la deuxième semaine du ramadan. La consommation s’est arrêtée net. Sur le mois, la baisse a atteint 20% par rapport à l’année dernière. La baisse cumulée au titre du premier semestre a atteint 3%".
>Eaux et sodas, seuls rescapés.
Un recul d’un niveau pareil est énorme pour des produits de grande consommation où les opérateurs annoncent des marges de 1%. "Cela se joue sur des grands volumes pour des produits où les habitudes de consommation sont en principe stables: Alimentaire, droguerie, parfumerie, hygiène… ont été frappés de plein fouet", selon le patron de Dislog.
"Cela signifie carrément une contraction de l’économie nationale et un rétrécissement de la consommation intérieure", analyse-t-il.
Selon un expert dans le domaine de la grande distribution, "mis à part quelques produits comme les eaux et les sodas dont les ventes répondent à un critère de saisonnalité, tous les autres produits ont bouclé le mois de ramadan sur un trend baissier".
Pour notre expert, la baisse globale va au-delà de 20%, et approche les 30%.
Pour Hakim Marrakchi, Pdg de Maghreb Industries, "la baisse de la consommation peut trouver son origine dans la pression exercée sur la trésorerie des grossistes qui ne se sont pas réapprovisionnés en grande quantité".
"Cela est vrai en partie dans le sens où les banques ont resserré la vis notamment pour le secteur de la distribution et les grossistes traditionnels non structurés. Mais cette explication implique une baisse de stocks, or, pour juin, il y a eu une baisse de consommation. Les distributeurs modernes qui vendent au consommateur final ont eux aussi subi une baisse de leurs volumes de ventes", nuance M. Belkhayat.
>Le consommateur final rattrapé par d’autres dépenses.
La préparation des vacances, le paiement des frais d’inscriptions des écoles, les dépenses de Aid Al Fitr… autant de postes de dépenses qui sont tombés en même temps cette année.
"Il y a eu une cannibalisation des dépenses des foyers et pour la première fois depuis des années, le secteur de la grande consommation qui est stable, solide , suivant une progression annuelle de 3% depuis 5 ans, a régressé de 3%", analyse le Pdg de Dislog.
"Pour moi, cela signifie une baisse de la demande intérieure et une crise économique qui s’est installée au Maroc. Le chômage dont les chiffres officiels ne reflètent pas la réalité explique en partie cette panne économique", poursuit-il.
Et juillet? Y a-t-il des signes de reprise de la consommation? "On croise les doigts! c’est le seul moyen pour sauver l’année", commente M.Belkhayat.
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