Textile. Un écosystème Maroc-Portugal-Espagne en préparation
L’idée est de réussir un ancrage à la péninsule ibérique au niveau de la fast-fashion. Le Maroc sera ainsi une arrière base industrielle, le Portugal apportera le savoir-faire technique et l’Espagne la créativité. Les textiliens marocains devront d’abord convaincre les Portugais avant de vendre le projet aux Espagnols.
"Il s’agit d’un projet sur lequel nous travaillons depuis octobre 2016. De la même manière que nous avons pu relier Tanger à l’Espagne, pour ce chantier nous souhaitons avoir comme centre de gravité la région de Fès-Meknès", nous confie Mohamed Tazi, DG de l’Amith (association marocaine des industries du textile et de l’habillement).
Février 2017, une première rencontre a eu lieu avec le président du centre technologique mode portugais (Citev) considéré comme une référence à l’échelle européenne. "Nous préparons ensemble une mission de Nnetworking prévue pour début juillet", ajoute M. Tazi.
L’idée est de sonder d’abord les Portugais. "C’est l’un des rares pays textile en Europe qui affiche des taux de croissance annuels de 15% ces cinq dernières années", explique le DG de l’Amith.
L’Espagne viendra dans une deuxième étape, après avoir convaincu le Portugal.
Dans la réalité, il s’agit plus de l’institutionnalisation et de la montée en charge d’un système qui existe déjà, "le bloc Espagne-Portugal-Maroc étant à l’origine de 60% des livraisons au groupe Inditex", comme l’a précisé Karim Tazi, président de l’Amith.
"L’écosystème opère déjà à travers des super agrégateurs portugais et espagnols qui sont présents au Maroc. L’objectif est de formaliser cet écosystème, lui donner plus de vigueur", ajoute pour sa part Mohamed Tazi.
L’installation formelle de cet écosystème permettra d’attaquer des marchés inaccessibles individuellement.
Il favorisera l’implémentation d’un modèle de fonctionnement à la turque ou à la chinoise à travers l’émergence de nouveaux acteurs dits locomotives grande vitesse amont et d’agrégateurs industriels de dimension internationale. La captation de ces acteurs facilitera au Maroc un accès plus aisé aux marchés d’Europe du Nord, des Etats-Unis et de la CEDEAO.
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