Investissement public. Quid de la part des établissements et entreprises publics?
Sur une moyenne de 190 MMDH investis annuellement par le secteur public, 110 MMDH sont réalisés par les établissements et entreprises publics, annonce Mohamed Boussaid, ministre de l’Economie et des Finances, lors d’un atelier sur l’efficacité de l’investissement public organisé, mardi 23 mai par le chef de gouvernement en partenariat avec l’OCDE.
Les montants sont importants: la part des EEP est de 110 MMDH. Mais cette donnée à elle seule ne garantit pas de leur pertinence. Sont-ils investis dans les bons secteurs? Dans les bonnes régions? Créent-ils de l’emploi? Génèrent-ils de la croissance?
"Je sais que je ne fais qu’enfoncer une porte ouverte. La répartition des investissements d’un point de vue régional laisse à désirer. Il faut nous impliquer, avoir notre retour sur les besoins réels de la région… ", commente Mohand Laenser, à la tête de l’association des présidents des régions au Maroc.
"La répartition régionale de l’investissement des EEP montre un rééquilibrage enregistré ces dernières années à travers la baisse de l’investissement des deux régions que sont Rabat- Salé - Kénitra et Tanger - Tétouan - Al Hoceima de 4 points entre 2016 et 2017 au profit d’autres régions, notamment l’Oriental », nuance Abderrahmane Semmar, directeur des Entreprises Publiques et de la Privatisation au ministère des Finances.
Quid de la dette publique?
La problématique de l’investissement public va également de pair avec celle de l’endettement des établissements publics. Lequel sert à financer justement les investissements programmés.
A fin 2016, la part de la dette extérieure des EEP dans la dette extérieure publique a été de 54% soit 168,6 MMDH dont 115,0 MMDH garantie par l’Etat.
Recommandations
Parmi les recommandations formulées lors de cet atelier:
-Adopter une analyse coût/ bénéfice pour l’octroi et le maintien des incitations. A cet effet, l’Etat doit être en mesure de connaitre l’impact des subventions et des incitations qu’il accorde et de prendre les décisions qui s’imposent lorsque les résultats escomptés ne sont pas atteints.
-Pour un pays qui ne dispose pas de beaucoup de ressources financières, l’identification des priorités d’investissement national, sectoriel et régional est d’une grande importance.
Dans ce cadre, il faut renforcer les outils d’arbitrage pour le choix des investissements.
- Trouver un juste milieu entre l’expertise de l’administration centrale et la connaissance du terrain par les collectivités territoriales.
-Améliorer la concertation et l’identification des besoins de réformes, notamment à un niveau sectoriel, voire régional et local. Sans oublierque la mise en cohérence des différentes politiques et des stratégies sectorielles permettrait une modernisation de la politique nationale d’investissement.
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