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ECONOMIE

Pourquoi le lancement du Paiement Mobile au Maroc devient une urgence

Si le Maroc veut éviter que des puissants opérateurs étrangers s’attaquent au secteur du paiement Mobile, il faut qu’il accélère le rythme. Le lancement risque aussi de se confronter à quelques contraintes liées à la vulgarisation et au coût de l'utilisation.   

Pourquoi le lancement du Paiement Mobile au Maroc devient une urgence
E.M.B.
Le 10 mai 2017 à 16h47 | Modifié 11 avril 2021 à 2h41

"Le lancement immédiat d’une solution de paiement mobile au Maroc devient une urgence". C’est l’avis d'Ahmed Rahhou, président directeur général de CIH Bank, invité lors du premier forum dédié au paiement mobile organisé à Casablanca le 9 mai par "Cio Mag". En plus de cela, les intervenants ont mis en garde contre un lancement raté et ont estimé que le coût qui sera appliqué est un point essentiel dans le bon fonctionnement du modèle. 

Pour le banquier féru des nouvelles technologies, nous avons déjà des paiements effectués sur mobile à travers des plateformes étrangères et c’est une pratique qui se généralise rapidement chez les jeunes. Que ça soit sur Amazon ou encore PayPal, les Marocains ne trouvent aucun mal pour s’y inscrire et pour effectuer des transactions. 

Plusieurs géants du web ont lancé leurs propre plateforme dans ce sens et ils vont systématiquement, un jour ou l’autre, s’attaquer au marché marocain. Apple a lancé son modèle qu’il a baptisé "Apple-Pay", qui ne fonctionne certes pas au Maroc, mais qui pourrait très bien venir s’y implanter. Des entreprises chinoises se sont aussi lancées dans se secteur tel que WeChat, le WhatsApp chinois, ou encore Ali Baba qui devrait annoncer cela très prochainement. 

"Si nous ne voulons pas qu’un acteur étranger vienne offrir des services que les opérateurs marocains ne sont pas encore capables de fournir, il faut accélérer le rythme et lancer rapidement la plateforme nationale", estime Ahmed Rahhou. Qui ajoute que "l’économie marocaine pourrait le payer cher, car tous ces systèmes étrangers vont être imposés à l’étranger, même s’ils ont une activité sur le sol marocain".

Un lancement et des contraintes

Si la Banque Centrale a déjà entamé la préparation de sa plateforme de paiement mobile, en partenariat avec l’ANRT, son lancement n’est toujours pas annoncé et il sera loin d’être facile. Bank Al Maghrib avait à plusieurs reprise promis de mettre au service du public ce nouveau moyen de paiement courant l'année 2017.

"Nous avons eu par le passé deux initiatives du paiement mobile au Maroc qui n’ont pas réussi et il faut en tirer les leçons", signale Ahmed Rahhou.

Car, pour lancer un système de paiement il faut bien évidemment les investissements de la part de tous les acteurs du secteur, mais le plus important c’est de recruter les utilisateurs. C'est ce dernier point qui a toujours été handicapant pour l'essor de ce système. 

Il faudra donc, en plus des contraintes technologiques, inciter et faire accepter les commerçants et les particuliers à laisser tomber le cash au détriment de cette nouvelle plateforme. Si l’un des deux refuse d’adopter ce nouveau moyen de paiement, c’est tout le modèle qui disparaîtra.

La gratuité est importante  

Selon les intervenants du forum, si le système de paiement par carte n’est pas une grosse réussite au Maroc, c’est en partie à cause des coûts appliqués par les opérateurs. La généralisation n’a pas pu se faire parce que les petites transactions chez les commerçants ne peuvent pas supporter les frais supplémentaires liés à l’utilisation de la carte de paiement.

"Si nous voulons que le mobile remplace le cash, il faut d’abord et avant tout qu’il ne soit pas plus cher que le cash qui est gratuit. Autrement dit, il faut qu’il soit gratuit ou au moins d’apparence gratuite pour l'utilisateur", explique le banquier.

Si le cash domine actuellement les transactions c’est bien grâce à sa gratuité, sa disponibilité et la sécurité qu’il procure. "Le système bancaire et le système de transfert d’argent se sont organisés de telle façon que le cash soit gratuit. Le coût réel a été accepté et supporté par le système", explique Ahmed Rahhou.

Le coût caché et supporté par les établissements bancaires serait aux alentours de 2 milliards de DH, et sa gestion coûte 7 milliards de dirhams à l’économie marocaine. Ce sont des coûts que les utilisateurs ne voient pas car viennent en aval et concernent notamment le tri, le ramassage, le comptage et le transport en sécurité

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E.M.B.
Le 10 mai 2017 à 16h47

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