Face à la hausse des défauts de paiements, Coface Maroc élargit son offre d’assurance crédit
La société a annoncé ce 3 Mai à Casablanca le lancement d'une nouvelle offre baptisée "Tradeliner". Une offre sur mesure qui permet au client de choisir à la carte les risques dont il veut se prémunir.
Plus de 7.500 défaillances d’entreprises ont été enregistrées en 2016, marquant ainsi un rebond de 25% sur une année. Cette tendance haussière est observée par Coface Maroc sur son activité d’assurance-crédit, qui prouve que les entreprises marocaines font face à une crise de liquidité "qui est sans doute sans précédent depuis de nombreuses années", affirme Frédéric Louat, Administrateur directeur général de Coface Maroc.
Cette tendance s’est même accélérée entre octobre 2016 et janvier 2017, relève l’assureur, avec une progression de 52% enregistrée au premier mois de l’année 2017. Une contre-performance en lien avec les retards de paiement des donneurs d’ordres publics, dûs au récent blocage gouvernemental.
Par ailleurs, l’on apprend que ces difficultés de paiement affectent, à présent, l’ensemble des secteurs de l’économie, et même toutes les tailles d’entreprises, des TPE aux grandes entreprises "qu’on croyait non concernées par ce phénomène", continue M. Louat.
C’est dans ce sens que la Coface a lancé, ce 3 mai à Casablanca, sa nouvelle solution de gestion du risque-client, baptisée "Tradeliner". Une nouvelle solution qui vise à mieux accompagner les entreprises dans la réponse aux problèmes d’impayés et de retards de paiement.
Tradeliner est une solution d’assurance-crédit sur mesure, qui s’adapte aux besoins spécifiques de chaque entreprise en incluant la prévention des retards de paiement, le recouvrement de créances et l’indemnisation des impayés.
La gamme de couverture proposée est étendue et permet au client de choisir à la carte les options de couverture spécifiques dont il a besoin, et donc de ne pas payer pour des options qu’il n’a pas choisies: "De nos jours, le client veut payer le juste prix. Il ne souhaite pas qu’on lui impose un fonctionnement rigide, ni qu’il ait à payer pour des couvertures dont il n’a pas besoin. Nous comprenons qu’il n’existe pas deux entreprises identiques", ajoute Mehdi Arifi, directeur commercial chargé du Maghreb à Coface Maroc.
L’assuré peut choisir ainsi entre plusieurs options: réduction du délai d’indemnisation de ses impayés, une indemnisation pour ses coûts de fabrication si son client n’est pas en mesure de prendre livraison des produits fabriqués à cause de sa situation financière… ou encore, sous certaines conditions, l’assuré peut également se couvrir contre le risque de litige commercial, aujourd’hui source importante de retards de paiement.
Disponible dès le 4 main prochain, la nouvelle solution protège contre les impayés à la fois sur les ventes au Maroc et sur les ventes à l’exportation.
"Embellie économique"
Selon les experts de la Coface, la problématique des retards de paiement demeure présente et l'on pourrait même la qualifier de structurelle, malgré "l'embellie économique" que devrait connaître le Maroc en 2017.
Coface table ainsi sur un taux de croissance estimé à 4,1% pour l’année en cours, tiré par la hausse du PIB agricole dont la valeur ajoutée a cru de 12% en glissement annuel sur le premier trimestre d’après les dernières données du HCP.
L’institution ajoute que l’augmentation des revenus en milieu rural qui devrait en découler, de même que l’inflation modérée, vont continuer à favoriser la demande des ménages, dont le dynamisme soutiendra l’activité hors agriculture. La valeur ajoutée de celle-ci a enregistré une hausse de 3% sur les trois premiers mois de l’année.
"L’activité du secteur secondaire devrait accélérer et bénéficierait du rebond des industries minières ainsi que de la croissance des secteurs électronique et aéronautique. Le secteur tertiaire est quant à lui soutenu par une reprise de l’activité touristique, avec une hausse de 10% depuis le début de l’année, et par l’amélioration des perspectives du secteur des transports", ajoute la Coface.
Coface note également que les exportations marocaines sont généralement bien orientées en ce début d’année, mais s’inquiète de la baisse des ventes à l’étranger du secteur automobile.
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