La réforme globale des retraites sera une priorité, promet El Otmani
Saâdeddine El Otmani promet de réunir la commission nationale chargée de la réforme des régimes de retraite, afin de tracer la feuille de route de cette réforme. Une réunion annoncée dans les 100 premiers jours du gouvernement,
Dans sa première sortie télévisée, le nouveau chef de gouvernement Saâdeddine El Otmani est revenu sur la problématique de la réforme du régime des retraites. Il a affirmé que la question figure dans la feuille de route des 100 premiers jours de son gouvernement.
"Cette feuille de route sera prête le 4 mai. Nous commencerons par réunir la commission nationale chargée de la réforme des régimes de retraite", a-t-il annoncé.
L’objectif de cette commission commission est de passer de la réforme partielle du régime, axée sur celui des pensions civiles, vers une refonte plus globale. Une réforme dont les contours demeurent vagues et dénués de précisions.
"Une fois la commission réunie, nous allons, en premier lieu, déterminer les grandes orientations ainsi que la méthodologie de cette réforme", a-t-il affirmé.
Par ailleurs, le chef du gouvernement affirme que la réforme du régime des pensions civiles, lancée en septembre dernier malgré sa contestation par l’opposition parlementaire, restera sans modifications. Cette réforme apportait des dispositions telles que l’augmentation des cotisations salariales, se traduisant par des prélèvements supplémentaires sur les salaires.
"La loi sur la réforme du régime des pensions civiles a été approuvée et publiée, elle doit donc être appliquée par le nouveau gouvernement. Nous ne pouvons pas arrêter son application", ajoute M. El Otmani.
Cette première étape étant franchie, le chef de gouvernement affirme que le plus urgent à ce stade est l’accélération de la mise en place d’une feuille de route qui fournirait les grands traits de la réforme du régime des retraites.
Saâdeddine El Otmani ne livre toutefois pas de deadline quant à cette réforme: "Nous ne pourrons déterminer de date butoir qu’une fois la commission réunie", indique-t-il.
D’une autre part, le chef du gouvernement affirme que les recommandations fournies par la commission d’enquête parlementaire sur la Caisse marocaine des retraites, seront étudiées par la commission nationale chargée de la réforme des retraites afin d'évaluer leur faisabilité.
Parmi ces recommandations, formulées par la commission formée à l’instigation de plusieurs syndicats représentés au Parlement:
- L’Etat doit payer ses arriérés en tenant compte des intérêts, ainsi que des avances qui ont été faites au profit du régime des pensions militaires.
- Le montant de ces arriérés doit être déterminé dans le cadre du dialogue social.
"Une réforme insuffisante"
La réforme des régimes de retraite a suscité de nombreuses critiques, qui estiment qu’elle ne s’attaque pas vraiment à l’origine du mal.
Driss Jettou, le président de la Cour des comptes, avait affirmé, lors d'une réunion commune entre les trois commissions permanentes de la Chambre des conseillers, que la réforme des régimes de retraite n’a pas apporté de solutions radicales aux dysfonctionnements structurels du système en général, et du régime des pensions civiles en particulier.
"Les dysfonctionnements du régime des pensions civiles sont le résultat des principaux critères qui fondent ce régime, du rythme de promotion dans la fonction publique et l’augmentation incessante des salaires", avait-il indiqué.
N’ayant pas touché ces critères basiques, M. Jettou explique que cette réforme est insuffisante pour assurer la durabilité et l’équilibre du système sur le moyen et long terme. Les prévisions actuarielles confirment l’épuisement des réserves totales du régime en 2028, malgré la hausse des contributions et de l’âge de la retraite ainsi que la baisse des cotisations annuelles.
De surcroît, il regrette le retard pris dans l’adoption de la réforme, et estime que si la réforme était entrée en vigueur en 2008, "la situation aurait été différente".
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