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Porteuses de fardeaux de Bab Sebta: l’indignation croît, mais la situation perdure

Au cours de ce dernier mois, au moins quatre femmes porteuses de fardeaux sont décédées à Bab Sebta selon des sources de presse. Journaux et associations des droits de l’homme en parlent, mais le Maroc, l’Espagne et l’UE ne réagissent pas à une situation d’esclavagisme et de mafias.

Porteuses de fardeaux de Bab Sebta: l’indignation croît, mais la situation perdure
Jamal Amiar
Le 17 avril 2017 à 18h04 | Modifié 11 avril 2021 à 2h39

Arte, Le Temps suisse et La Tribune de Genève, Le Monde, El Pais, la grande majorité des médias marocains et de nouveau El Mundo ce lundi 17 avril traitent de ce sujet depuis années, mais rien n'y fait.

Les scènes de violence sont accablantes. Le business de la contrebande brasse entre 200 millions et 2 milliards d’euros, fait vivre entre 500.000 et un million de personnes, la grande majorité d’entre eux côté marocain, mais pas seulement. Du côté espagnol, on qualifie pudiquement ces trafics de “commerce atypique“.

Aux journalistes Tarik Ananou et Lucas de La Cal qui ont réalisé le récent reportage pour El Mundo, des “femmes-mulets“ déclarent: “Si la police ne peut pas voir que nous sommes traitées comme des animaux, faites-le s’il vous plaît, il faut que quelqu’un montre la barbarie qui se déroule chaque jour aux portes de l’Europe“.

“Bétail“

Les "femmes-mulets", qui transportent parfois jusqu'à 70 kilos sur le dos sont "traitées comme du bétail", indiquait Karima El Ayachi de l'Association marocaine des droits de l'Homme (AMDH) à la MAP en mars dernier.

La mort par crise cardiaque après avoir été piétinée lors d’une bousculade au passage frontalier d’une jeune femme de 22 ans le 26 mars a provoqué une réponse minimale au problème de la contrebande et à l’exploitation de centaines de femmes et d’hommes marocains.

Désormais, indique-t-on du côté de Sebta, “seuls 4.000 tickets seront délivrés“ limitant ainsi le nombre de passages journaliers à la frontière. Ceux-ci atteignent 20.000 à 25.000 certains jours.

Ces femmes et ces hommes gagnent entre 10 et 20 euros par jour pour transporter des fardeaux pesant entre 40 et 80 kg. Le prix dépend du poids du fardeau mais également du type de marchandise transportée.

La marchandise arrive de Chine ou d’ailleurs au port de Sebta qui taxe les conteneurs à hauteur de 10%.  La marchandise est commandée pour des grossistes marocains situés de l’autre côté de la frontière. De là, les marchandises sont transférées à la zone commerciale d’El Principe grande de 10 hectares et où 300 entrepôts redistribuent les paquets.

En 1992, Rabat et Madrid ont convenu d’une exception au régime des visas de Schengen: les habitants de la province de Tétouan peuvent se rendre à Sebta sans visa. Du coup de nombreux jeunes Marocains en quête d’un gagne-pain migrent vers le Nord depuis des années en quête d’un certificat de résidence local et d’un passeport avec une adresse tétouanaise.

Soupape sociale

Reste à savoir, après l’instauration de la nouvelle politique du quota des 4.000 tickets de passage par jour ce qu’il va advenir des milliers d’autres femmes-mulets et hommes-mulets qui ne pourront plus gagner leur pain quotidien comme avant.

Réponse du côté espagnol: “C’est un problème qui se pose au Maroc du côté de sa frontière“. Entre les problèmes de contrebande et de sécurité à Bab Sebta reflets d’une dégradation sociale chronique et la crise à Al Hoceima et dans le Rif, la région a plus que jamais besoin de politiques novatrices et inclusives pour sortir de cette impasse.

 

Porteuses de fardeaux de Bab Sebta: l’indignation croît, mais la situation perdure

 

A Sebta, un mouvement contre l’insécurité se fait entendre (affiche ci-dessus). Il veut moins de migrants et moins de porteurs. Une marche en ce sens avec casseroles s’est tenue au centre de la ville le 2 avril dernier, dénonçant “violence, vandalisme, corruption et vols“. Outre le chaos régnant à la frontière de Bab Sebta, l’enclave espagnole est confrontée aux violences opposant parfois des groupes de migrants maghrébins et subsahariens.

Ce mouvement, Ceuta Insegura, s’il croît, mettra encore plus de pression sur Rabat et Madrid pour contrôler les flux de migrants et les flux d’hommes et de femmes-mulets à Bab Sebta, rendant par là la gestion des relations bilatérales plus délicate encore. 

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Jamal Amiar
Le 17 avril 2017 à 18h04

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