Le PAM et le PJD polémiquent: qui est responsable de l’impasse dans le Rif?
Ilyas Elomari, du PAM, et Nabil Andaloussi, du PJD, s’accusent mutuellement de la responsabilité de la situation à Al Hoceima et dans le Rif. Le mouvement de protestation qui entre dans son sixième mois s’étend, note le professeur Soufiane El Hattach.
Après que le leader du PAM, Ilyas Elomari, ait avancé que "le retard pris dans la formation du gouvernement a fait perdre la création de 74.000 emplois dans la région du nord", la réponse est venue du parlementaire PJD, Nabil Andaloussi, dans un entretien accordé au site web de son parti.
Nabil Andaloussi y fait le constat de l’extension du mouvement de protestation depuis six mois et déplore "l’absence d’une médiation d’élus crédibles entre la société civile et l’Etat". Sans citer le PAM, Nabil Andaloussi s’étonne que "le parti qui se présente comme central dans la vie politique et qui contrôle 23 des 36 communes de la province d’Al Hoceima ne dispose d’aucune autorité sur la rue", critiquant indirectement le déroulement des récentes élections dans la région.
Nabil Andaloussi parle d’"impasse" dans le Rif. Une situation qui ne peut être dépassée que "si l’Etat modifie son approche". Les visites successives de ministres ne changeront rien à la situation, estime-t-il, sans une nouvelle approche de la politique de proximité et un nouveau regard porté sur la région.
Visites, comités de coordination et cannabis
Dans sa réponse à l’entretien de M. Andaloussi paru ce 15 avril, Ilyas Elomari a qualifié l’élu du PJD de "débutant en politique" avant de conclure son billet sur Facebook par un "dépêchez-vous de répondre aux attentes du peuple avant que le temps ne vous dépêche vers la sortie".
Sur les raisons de la crise dans le Rif, Elomari aborde également cette semaine la thématique du trafic de drogue citant le rapport du Narcotics, bureau américain, de mars dernier qui parle d’une valeur équivalente à 23 milliards de dollars pour le Maroc, soit le quart de son produit intérieur brut. Selon ces mêmes chiffres, l’économie régionale dépend de la culture du cannabis à plus des deux tiers en moyenne avec un taux supérieur à 80% pour la province de Chefchaouen.
La crise et l’impasse dans le Rif sont abordées dans une analyse du Pr. El Hattach de l’université d’Al Hoceima et directeur du Centre d’études et de recherches sur le Rif, intitulée "l’Etat et le mouvement populaire dans le Rif, une lecture apaisée sur la nature de la crise".
S’intéressant à "un mouvement social qui continue de s’étendre notamment en dehors de sa zone géographique de départ et cela malgré les efforts que déploie l’Etat à lancer diverses initiatives", El Hattach note que les visites effectuées par le wali de région dans les douars et villages du Rif "constituent une première". El Hattach parle de revendications sociales et économiques essentiellement, même s’il peut exister des individus exprimant des vues séparatistes. El Harrach avait publié une analyse en février dernier, rappelle-t-il, dans laquelle il posait le problème d’un "processus de réconciliation non abouti".
Dans l’article publié ce dimanche 16 avril, El Hattach déplore le rendez-vous raté de 1999 avec la visite royale dans le Rif et la faible réactivité de l’Etat et de ses institutions les années suivantes. A la lumière des événements de ces dernières semaines à Al Hoceima dans la région, on découvre notamment que le musée de la mémoire du Rif est en chantier depuis 2011.
Depuis la mort de Mohcine Fikri, les mouvements de protestation touchent de nombreuses localités. Plusieurs d’entre elles disposent désormais de commissions de coordination des revendications et de communication et négociation avec les autorités.
A Taraouisf ce week-end, une manifestation spontanée a parcouru les rues du village. Les mêmes scènes ont été vécues à Imzourren, Ait Ataft, Oulad Amghar et Targuist au cours de ces derniers jours. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Al Hoceima dimanche 9 avril lors d’une "marche des linceuls pour la liberté".
Cette semaine, Beni Bouayach a réservé un accueil digne d’un leader politique à Mohamed Jelloul. L’homme avait été emprisonné en 2012 suite à des mouvements de protestation. A ses côtés se trouvait un autre nouveau nom qui émerge sur la scène politique rifaine: Nacer Zafzafi.
L’accalmie de la semaine est venue du côté des pêcheurs. Le secteur dont l’activité est quasi-paralysée depuis plusieurs mois, a vu la tenue d’une réunion en présence du wali et du ministre de tutelle. Les pêcheurs "victimes" des dauphins noirs qui déchirent leurs filets seront indemnisés.
à lire aussi
Article : Pharmacies : alerte sur l’exploitation des données par certaines plateformes numériques
Le Conseil régional des pharmaciens du Sud alerte sur l'exploitation des données officinales en dehors du cadre légal. Il appelle les pharmaciens à la vigilance.
Article : Cannabis légal : l’ANRAC intensifie son suivi de la campagne 2026 sur le terrain
Dans le cadre du suivi de la campagne 2026, l’Agence nationale de réglementation des activités liées au cannabis (ANRAC) a tenu un ensemble de réunions avec les agriculteurs autorisés à Taounate et à Al Hoceima. D'autres sont prévues à Chefchaouen.
Article : Mali : le Maroc met en garde contre une “connivence” entre séparatisme et terrorisme
À Rabat, Nasser Bourita a condamné les attaques contre des sites civils et militaires maliens, appelant à une mobilisation régionale et internationale face à la crise sahélienne.
Article : Marchés de gros de Casablanca : baisse de la tomate et de la viande ovine au 29 avril 2026
DATA. Les données de la SDL Casa Prestations au 29 avril 2026 font ressortir une évolution modérée des prix sur les marchés de gros de Casablanca. La tomate affiche une baisse notable, la viande ovine recule légèrement sur son prix minimum, tandis que les fruits demeurent stables par rapport à la semaine précédente.
Article : Jeudi 30 avril 2026 : le dirham se déprécie face au dollar
Ce jeudi 30 avril 2026, vers 8 h 30, la première cotation centrale USD/MAD de la journée, telle que publiée par Bank Al-Maghrib (BAM), fait […]
Article : BMCI-Crédit du Maroc : ce que pèserait le futur pôle bancaire de Holmarcom
Le rachat de la participation de BNP Paribas dans la BMCI, s’il est validé par les instances de régulation, ouvrirait la voie à une fusion avec Crédit du Maroc. Que pèserait alors le nouvel ensemble ? Et comment rebattrait-il les cartes du secteur bancaire ? Si toute projection précise reste délicate, une fusion ne se résumant pas à l’addition mécanique des indicateurs, nous vous proposons une première lecture indicative de la recomposition du paysage bancaire qui pourrait se dessiner.