Plan de développement du Nord: adoption prévue le 25 avril
Les consultations pour le plan de développement régional (PDR) lancé en juin 2016 sont presque closes. Les derniers échanges sont programmés avant une dernière grande réunion “de conciliation et d’arbitrage“ mardi 18 avril. Le président de la région Ilyas Elomari a prévu l’approbation du plan pour le 25 avril prochain.
Après un cahier des prescriptions spéciales (CPS) lancé en juin 2016 et deux bureaux d’études désignés en septembre dernier, Capital Consulting et Arsen Consulting, l’élaboration du PDR de la région Tanger-Tétouan Al Hoceima touche maintenant à sa fin.
C’est d’Al Hoceima lundi dernier 10 avril, qu’Elomari a rendu publique la date d’approbation du PDR. Au sein du conseil régional, le PAM compte sur sa majorité incluant l’Istiqlal, le RNI et l’USFP pour boucler cette étape.
Le PDR doit “définir les axes prioritaires de la région“. Des fiches de projets sont prévues. Les projets choisis par les élus seront ensuite exécutés par la nouvelle APER, Agence régionale d’exécution des projets. La SNAD, Société du Nord d’Aménagement et développement, est appelée à jouer un rôle de partenaire financier et d’accompagnateur.
L’ensemble doit donner lieu à un contrat-programme entre la région et l’Etat.
Régionalisation pas encore très avancée
Dans les couloirs du siège de la région, on n’hésite pas à parler de “régionalisation pas très avancée“.
Ce qu’un interlocuteur de Médias24 décrit comme “un processus où l’Etat donne puis reprend ou contrôle“, citant le cas de services extérieurs des ministères soumis à l’autorité de la wilaya.
“La région ne peut pas obtenir un document officiel de la délégation de l’agriculture ou de l’académie sans l’accord de la wilaya. Nous en sommes parfois réduits à agir dans le dos de la tutelle“. “On jargonne sur la régionalisation avancée, mais le wali décide même du contenu de l’ordre du jour du conseil régional“.
Ces derniers jours à la lumière des événements du Rif, plusieurs annonces se sont succédées: la création de la SNAD au B.O. du 3 avril, celle de l’AREP avec la nomination d’une directrice, l’annonce d’un “plan industriel“ par des élus d’Al Hoceima du PAM et la proposition du président de la région Ilyas Elomari d’organiser des concours de recrutement “régionaux“. En parallèle, l’Intérieur indiquait une reprise en mains et une réactivation des projets contenus dans le plan “Al Hoceima, Phare de la Méditerranée“.
Les études actuelles commandées par le conseil régional du Nord (Tanger-Tétouan-Al Hoceima) doivent aussi “examiner et analyser les retombées des programmes de développement en cours notamment ceux de Tanger Métropole, de Tétouan et d’Al Hoceima“.
Ce n’est pas le moindre des paradoxes de l’exercice du PDR que le conseil régional demande aux auteurs de l’étude payés au final par la wilaya d’évaluer des programmes conduits par … la wilaya.
Diagnostics faibles en terrain connu et complexe
Issu du CPS et devant tracer des lignes fortes de développement régional pour les quatre prochaines années, le futur PDR est déjà critiqué.
Le RNI conteste “une conception régionale inéquitable avec beaucoup de ressources orientées vers Al Hoceima et peu vers Fahs-Anjra“ note Zine El Abidine El Husseini. L’élu de Tétouan relève “un mauvais diagnostic du Grand Tétouan au niveau tant de ses services que de la culture et du tourisme“. Le diagnostic fait de Larache ne semble pas non plus emporter l’adhésion des élus El Husseini du RNI ou de l’istiqlalien Mohamed Saoud (Larache).
Dès janvier 2017, ce dernier avait écrit un courrier de cinq pages avec une proposition d’incubateur et une autre de jumelage avec Bruxelles. Un troisième point du courrier traitait du tourisme, de l’échec de la station Lixus et de la nécessité de valoriser la corniche de Ras Rmel.
Au niveau des services, Saoud propose une plateforme technologique et financière de 50 hectares près du site de Lixus, “une Silicon Valley marocaine“.
Sur l’agriculture et la pêche, El Husseini et Saoud se rejoignent pour critiquer le diagnostic fait du potentiel agricole et halieutique de Larache.
Au niveau du désenclavement enfin, Saoud rappelle la nécessité de meilleures liaisons routières entre Ouezzane et Ksar El Kébir, le besoin d’une sortie d’autoroute pour Ksar El Kébir et d’une autre pour Larache Nord.
Le rôle des bureaux d’études selon le CPS est également de mettre à jour les données sur une région maritime, agricole et montagneuse, peuplée de 3,6 millions d’habitants et s’étalant de Tanger à l’ouest à Al Hoceima à l’est.
“Il y a 20 ans au démarrage de l’Agence du Nord (1996, NDLR), Rabat et les Espagnols d’Inypsa ont réalisé une étude de terrain qui constitue une référence en la matière“, rappelle Mohamed Serifi conseiller du président du conseil régional. Ces données sont annuellement mises à jour par l’Agence du Nord. Une manière de dire que le souci n’est pas la collecte de l’information, mais ce que l’on veut en faire.
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